Les Algériens découvrent ébahis l’ampleur astronomique des privilèges obtenus illégalement et immoralement par un groupe restreint de milliardaires richissimes et bien introduites au sein du clan présidentiel des Bouteflika. Ces privilèges se traduisent, surtout, par des immenses crédits bancaires octroyés à des oligarques algériens qui ne sont nullement réputés pour leur savoir-faire industriel ou capacité entrepreneuriale. Et ces milliards de Da de crédits bancaires ont menacé tout simplement l’équilibre de nos banques étatiques. 
Dans une précédente publication, Algérie part avait révélé les montants inédits et extravagants de certains crédits bancaires contractés par Ali Haddad et Mourad Oulmi. Ces pratiques auraient pu provoquer la faillite totale de nos banques publiques dépendantes largement des financements du Trésor Public. Prenons un cas concret pour comprendre cette situation gravissime.
Parmi toutes les affaires, celle qui est la plus irrégulière est le financement de l’achat des parts sociales de FERTIAL par le groupe ETRHB d’Ali Haddad. Les raisons sont multiplex.
– D’abord parce que les Banques Publiques ne sont pas outillées et n’ont pas de produits (Types adaptés) pour consentir aux financements d’une telle opération d’acquisition.
– Ensuite, il y a une barrière réglementaire qu’il fallait s’astreindre au respect: Le principe en droit Algérien et que les Banques Publiques ne peuvent pas financer le Capital (Comptablement la classe une du bilan)  contrairement aux autres classes : Investissements,  Stocks et Créances,
– En fait, le principe admis chez le législateur est qu’un repreneur (l’acquisition de parts sociales suite à une ouverture du capital peut être assimilée à une reprise partielle)  DOIT DISPOSER DES MOYENS FINANCIERS A SA REPRISE. Ce qui n’est guère le cas pour l’ETRHB d’Ali Haddad et des autres groupes privés dirigés par les oligarques algériens.
– Ensuite, il y a une limitation dans les statuts des Banques Publiques qui est censée les empêcher de le faire pour la simple raison qu’elles ne sont pas des Banques d’affaires. Il y a eu ces dernières années comme une tentative maladroite de contourner une contrainte légale.
– Au plan financier, cette limitation est censée protéger les Banques à aller au delà de leurs limites de transformation, vu la structure de leurs dépôts.  En fait, vu les montants colossaux des financements accordés et qui ne sont pas censés se faire sans assoir un mécanisme de refinancement. En clair, à terme, ces crédits devaient inéluctablement aboutir sur une crise systémique, du moins une tension inflationniste sur les marchés interbancaire, car rien ne garantit que l’état interviendrait comme prêteur en dernier ressort.
La trésorerie des banques est déjà très érodée. A titre d’exemple à la BNA, les financements accordés à SONELGAZ vont au delà des limites prudentielles disposant qu’un seul client ne peut en aucun cas disposer de plus de 25% du volume global des engagements à la clientèle, mais SONELGAZ est un cas à part car forcément il y a l’Etat derrière comme garant.
Mais pour le groupe Haddad à la BNA, c’est une autre paire de manches. Ces financement devaient à terme forcer l’intervention de l’Etat pour mettre en pratique la ressource budgétaire, ce qui est en soi un fait assez grave.
Ceci nous amène enfin à nous interroger sur la complicité du gouvernement qui a recapitalise les Banques juste au début du processus du financement des entreprises des oligarques algériens.
D’où une reconfiguration illicite du rôle des financements bancaires traditionnels en optant pour des financements longs, dépassant les capacités de mobilisation de l’épargne des Banques publiques et leurs capacités de transformation, ce qui fait courir un risque systémique grave aux Banques et aux petits épargnants ! Faut il rappeler que l’assurance dépôt en Algérie couvre un max de 600.000 Da par épargnant !
Dès lors, il est clair que ces financements cumulés devaient se faire par le marché et non par le système bancaire, ou du moins par la recherche d’alliances ou de mécanismes spécifiques de couverture des risques,
D’où l’on vient à une autre défaillance, celle de la commission bancaire et de l’inspection de la Banque d’Algérie qui se complaisent dans un rôle de spectateurs, car leur premier réflexe en ces circonstances aurait dû être de multiplier les brigades et missions d’inspection pour sonder les indicateurs d’alerte et vérifier – au moins – que la réglementation encadrant l’octroi des crédits aux groupes d’affaires ( Règlements et instructions sur les groupes)  est bien respectée. Et ce dernier point à lui seul peut dévoiler l’ampleur de la gabegie !

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