Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations un document exclusif qui en dit long sur l’ampleur incroyable des privilèges obtenus de manière troublante par les oligarques algériens. Ce document est un courriel interne à la Banque Nationale d’Algérie (BNA), l’une des plus importantes et grosses banques étatiques algériennes, qui dévoile les montants astronomiques des crédits bancaires octroyés aux entreprises des milliardaires Ali Haddad et Mourad Oulmi, les deux oligarques qui croupissent en ce moment à la prison d’El-Harrach. 

Notre document a été accompagné par un tableau Excel qui dévoile une comparaison entre les crédits bancaires obtenus par ces deux milliardaires sulfureux, proches de Saîd Bouteflika, auprès de la BNA avec les crédits bancaires obtenus au niveau des autres banques algériennes.

Ainsi, jusqu’au 31-12-2018, Ali Haddad a bénéficié de plusieurs lignes de crédits dont certains montants dépassent les 22 milliards de Da ! Soit l’équivalent de près de 200 millions de dollars. Non, vous ne rêvez pas, c’est bel et bien le montant d’un crédit bancaire que le groupe ETRHB d’Ali Haddad a obtenu pour financer la réalisation d’une aciérie à Annaba. Le roi des milliardaires algériens a obtenu également au niveau de l’agence de BNA à Hydra, l’agence numéro 603, un autre crédit bancaire d’un montant dépassant les 15 milliards de DA, soit l’équivalent de près de 150 millions de dollars. L’ex-patron de l’ETRHB a bénéficié de plusieurs autres « petits crédits » dont les montants varient entre 4 milliards de Da et 12 milliards de DA, soit l’équivalent de 40 jusqu’à 100 millions de dollars ! Notre document démontre que le groupe d’Ali Haddad a bénéficié de plusieurs types de crédits bancaires, à savoir crédits à long terme, des crédits à moyen terme et à court terme. Mais aussi des crédits par signature qui concernent certainement des projets réalisés par l’ETRHB dans le secteur du BTP au profit de l’Etat algérien.

Le plus étrange que ces crédits bancaires se sont accumulés au niveau de la BNA alors que le groupe d’Ali Haddad avait collectionné d’autres crédits bancaires au niveau des autres institutions bancaires algériennes. Et là aussi, ces crédits présentent des montants affolants qui varient entre 300 millions de dollars jusqu’à 10 millions de dollars.

Cette situation inédite et extravagante a suscité l’inquiétude du département crédit de la BNA lequel avait demandé officiellement dans ce document exclusif obtenu par Algérie Part de saisir officiellement Ali Haddad pour l’alerter et lui réclamer des explications sur « la double domiciliation de leurs affaires ». En clair, vers la fin de l’année 2018, la BNA a commencé à s’inquiéter sérieusement sur « le risque client » du groupe ETRHB qui risquait de ne pas pouvoir rembourser tous ses crédits bancaires contractés auprès de toutes les banques algériennes. Ali Haddad est apparu officiellement sur le fichier de la Banque d’Algérie comme détenteur d’engagements dans d’autres banques algériennes outre que la BNA.

Cela démontre clairement que l’oligarque Ali Haddad était si choyé par les banques publiques algériennes qu’il se contrefichait de sa capacité à rembourser ses crédits bancaires contractés à gauche et à droite au niveau de plusieurs banques algériennes. Une conduite dangereuse, très dangereuse qui mettait en péril les deniers publics de nos banques étatiques.

C’est le même traitement de faveur qui a été accordé également à SOVAC de Mourad Oulmi. Le tableau Excel de la BNA dévoile des montants de crédits bancaires défiant l’imaginaire. Des crédits bancaires contractés au niveau de toutes les banques algériennes. Des crédits avoisinant tantôt les 10 milliards de DA, tantôt les 7 milliards de Da et quelques fois les 4 milliards de Da. On comprend mieux dans cette situation comment ces simples entrepreneurs privés se sont transformés en milliardaires en devises. Des fortunes puisées dans des affaires renflouées par des milliards de DA de crédits publics de nos banques étatiques.

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