Hacène Larbaoui, le jeune patron du Global Group qui compte une usine pour le montage des véhicules Kia (Gloviz), opérationnelle depuis 2017, mais officiellement inaugurée depuis septembre 2018, ainsi qu’une unité d’assemblage de Bus et camions Hyunday (GMI) installée au cœur de la ville de Batna, a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’El-Harrach à la suite de son audition tardive par le tribunal Abane Ramdane de Sidi M’hamed. 

Le patron de KIA Algérie rejoint ainsi Mourad Oulmi, les membres de la famille Tahkout, Ali Haddad, Rebrab et plusieurs autres personnalités politiques comme les anciens premiers-ministres Ouyahia ou Sellal. C’est du jamais vu dans l’histoire de l’Algérie : tous les patrons des principales entreprises privées sont en prison !

Ceci dit, l’emprisonnement de Hacène Larbaoui  a suscité un énorme malaise car ce jeune chef d’entreprise de 38 ans ne paraît pas « aussi mouillé » dans les affaires  de corruption comme les autres oligarques algériens. « Inconnu au bataillon », Hacène Larbaoui ne s’est jamais distingué par des frasques controversées. Au contraire, cet homme était apprécié par de nombreux autres acteurs économiques et son groupe compte pas moins de 2500 employés qui y activent actuellement, et des exportations ont déjà été effectuées vers des pays d’Afrique de l’Ouest, dont la Mauritanie. En 2018, plus de 10 000 camions et Bus Hyundai sont sortis l’an dernier des lignes d’assemblage de GMI, alors que l’usine Gloviz carbure à 5000 véhicules/mois.

Contrairement à ses deux frères, Youcef et Lyes, qui ont été placés sous contrôle judiciaire, Hacène Larbaoui est donc emprisonné. En vérité, la justice ne juge pas seulement les hommes, mais tout le dossier de l’activité industrielle du montage des véhicules en Algérie qui comporte de nombreuses irrégularités et des pratiques flagrantes de malversations financières.

Cependant, la justice algérienne ne pourra jamais traiter équitablement ce dossier avec son lots de scandales de crédits bancaires et de privilèges illégaux octroyés dans des conditions troublantes à des oligarques algériens sans inculper officiellement Abdesslam Bouchouareb, l’ex-ministre de l’Industrie de 2014 jusqu’à 2017, lequel demeure toujours en fuite à l’étranger.

Oui, des hommes d’affaires sont en prison, mais Bouchouareb court toujours. Selon les proches de cet ex-puissant ministre du régime Bouteflika, il aurait envoyé tout un dossier médical à la Cour Suprême pour justifier son incapacité à répondre aux convocations judiciaires qui lui sont adressées. Pour l’heure, il demeure difficile de confirmer ces informations. D’autres sources avancent que Bouchouareb a quitté la France pour s’installer au Liban. Or, ces informations s’avèrent infondées car plusieurs sources ont assuré à Algérie Part que l’homme est toujours établi à Paris en France. Une chose est, enfin, sûre : sans Bouchouareb, tous ces procès contre les propriétaires des usines de montage des véhicules n’auront aucun résultat positif car le cerveau de toutes les opérations garde toujours ses secrets.

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