Avec plusieurs mois de retard, le nouveau terminal de l’aéroport d’Alger, qui avait officiellement démarré le 30 octobre 2014 a fini par être livré.

Confié au groupe public chinois de BTP China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) pour un budget dépassant les 380 Millions de Dollars, la SGSIA a dû recourir à l’argent public en plus de ses fonds propres, à travers un prêt à taux bonifié accordé par le Fonds national d’investissement (FNI).

L’entreprise SITA, la compagnie RESA et la société Ultra Electronics, spécialiste britannique et N°1 mondial des logiciels de gestion aéroportuaires, avaient tous fait une offre à la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires (SGSIA) dans le cadre de l’extension de l’aéroport d’Alger

C’est Ultra Electronics, leader mondial avec plus de 70% de parts de marchés, qui a été choisi par l’entreprise chinoise CSCEC gérée par son DG Mr Luo FUCHAO.

Tahar ALLACHE, le premier responsable de la SGSIA depuis l’année 2006, avait alors approuvé le budget alloué pour le logiciel aéroportuaire payé par l’Algérie à CSCEC pour l’équivalent de 7,1 Millions d’Euros.

Dès ce moment, un ‘’émissaire’’ du nom de Fodhil KERKACHE, algérien résidant à Alicante en Espagne, rentre en contact avec la société anglaise en expliquant qu’il peut faciliter les relations avec la SGSIA. Il demande alors de signer un contrat d’agent avec la société Ultra Electronics.

Fodhil, qui serait un très proche ami de Tahar ALLACHE, le PDG de la SGSIA, a pris soin d’attribuer cette exigence au PDG de la SGSIA, qu’il prend soin de nommer par ses initiales T.A. dans un mail dont nous détenons une copie.

La SGSIA va dans un premier temps notifier le choix de la compagnie britannique dans un courrier référencé 1020/DPAO/2016, de manière officielle.

Ayant mis en confiance la société anglaise, Fodhil KERKACHE a alors demandé une somme astronomique en cash à la première responsable de la société anglaise Jenny Lawton. Une autre exigence que Kerkache attribue au PDG de la SGSIA…

Après avoir essuyé un refus catégorique, et décidé de ne pas se soumettre à une tentative de corruption manifeste, les responsables de l’entreprise ultra Electronics décident de limiter leurs relations avec KERKACHE.

Quand KERKACHE révèle la décision de la société d’outre-manche à son ami ALLACHE, en moins d’une semaine, le projet Ultra est bloqué ! sans même passer par la commission des marchés…

La Présidence de la République, le Ministre des transports Mr ZAALANE, sont alors saisis, mais en vain. Un aveu d’impuissance qui établit aux yeux des britanniques et de l’opinion publique algérienne, toute l’impunité dont jouissaient jusque-là les protégés du pouvoir en place.

La CSCEC et le SGSIA ont sélectionnés une deuxième fois, pour le même marché, la société SITA pour un montant de 2,5 millions d’Euros.

Voilà comment quelques fonctionnaires de l’Etat, sûrs du soutien de ceux qui les avaient placés, décident de se partager une commission de plus de 500.000 Euros sur un marché public et s’assurer une rente équivalente à 1,45Millions d’Euros par an pour la maintenance des équipements !

Nous avions également mis à jour d’étranges décisions dans la gestion de l’extension de l’aéroport d’Alger. En effet quelle a été notre surprise de constater que des bureaux avaient été détournés de leur vocation par Mr Amine KHEIDER, le responsable du projet d’extension de l’aéroport d’Alger. Ce dernier a décidé d’aménager cet espace, en le transformant en un confortable appartement avec chambre à coucher et jacuzzi, destiné à sa hiérarchie !

Sans parler du népotisme outrancier qui a permis à Mme Ahlam Bouzidi, cadre à la SGSIA de faire la pluie et le beau temps au niveau de la Direction de l’Aéroport d’Alger, allant jusqu’à intimider tout le personnel, parce que proche de Tahar Allache.

Elle aurait même exigé de ne pas installer de chaises pour les passagers ou leurs accompagnateurs avant les formalités de Police. Allez comprendre pourquoi… 

Alors que la plainte à la justice algérienne est restée sans suite, et que le Ministre des Transports à l’époque des faits : Mr ZAALANE, n’avait pris aucune décision dans cette surprenante affaire, ce sont les autorités anglaises qui se sont décidé à agir dans cette rocambolesque affaire de pot de vin sur un marché public algérien.

C’est le Serious Fraud Office (SFO), une agence du Gouvernement du Royaume-Uni, responsable d’enquêtes et de poursuites de cas de fraude et de corruption qui impliquent plusieurs juridictions nationales, qui a pris les choses en main et a bouclé son enquête pour corruption, impliquant plusieurs personnes dans le cadre du projet de l’extension de l’aéroport d’Alger, avant de transmettre son rapport aux services de sécurité algériens.

Selon nos sources, les services de sécurité algériens ont accéléré ces derniers jours les convocations et auditions du personnel et sous-traitants du très controversé projet de l’extension de l’aéroport d’Alger, et il est vraisemblablement probable que des inculpations en cascade soient ordonnées dans les prochains jours.

Au moment où nous avions publié nos enquêtes, la SGSIA, que gère Mr ALLACHE Tahar, a préféré déposer plainte contre nous, tout en nous demandant, par des personnes interposées, de publier un article d’excuse et supprimer nos articles pour voir la plainte retirée… Des menaces inacceptables. 

Aujourd’hui, les services de sécurité ainsi que la justice ont tout loisir d’élargir l’enquête sur les autres agissements des responsables du projet de l’Aéroport d’Alger. A leur tête Tahar Allache qui avait jusqu’à un passé récent hautainement déclaré qu’il était intouchable et qu’il ne craignait personne.

Faut-il lui rappeler que tant d’autres responsables et hauts cadres de l’Etat avaient tenus de tels propos avant lui, avant de faire la une de l’actualité…

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