La Belle Révolution du 22 février 2019 nous met tous autant que nous sommes
devant nos responsabilités. L’exigence de la situation nous réclame une prudence
extrême. Les aspirations Humanistes des Algériens ne doivent pas s’arrêter sur des
apparences. Elles doivent chercher dans nos comportements de tous les jours de la
droiture et de l’exemplarité. Cette Belle Révolution, cet élan Humaniste sont encore
jeunes, trop jeunes pour pouvoir refaçonner le paysage de l’Algérie. Mais le temps qui
doit leur être donné ne doit pas l’être au détriment des présentes conjonctures
internationales. Nos frontières ne sont pas aussi étanches qu’on pourrait bien vouloir le
croire. Des manœuvres sont à nos portes et il ne faut pas se leurrer. Les ignorer et se
dire que le principe de non ingérence que l’Algérie s’efforce de suivre est protecteur
sera néfaste pour elle.

Pour qu’un Etat de droit puisse être, il faut d’abord lui donner la possibilité de
ce concevoir. L’Etat de droit est une vision. C’est une volonté. Pour le commun, un
Etat de droit est cette faculté et cette capacité qui permet aux membres d’une société
donnée, qu’ils soient gouvernants ou gouvernés, de faire l’objet des mêmes traitements
socioéconomiques, des mêmes démarches administratives et, certainement, passer par
le même appareil de jugement. Dans un Etat de droit les relations entre les éléments
qui font la société sont de nature horizontale. La direction et l’administration des
affaires de l’Etat de droit ne sont nullement prétextes à la supériorité.
L’Etat de droit est une réalité idéale. Les civilisations qui ont compris que le
respect de la Condition Humaine, de l’Homme, était l’unique ambition à atteindre en
sont les plus proches et sont ainsi les plus résistantes au Temps et à ses
rebondissements. Cet Etat de droit qui distingue entre la Légalité et la Justice trouve
ses fondements dans un appareil de lois qui n’a que la dignité humaine comme ultime
réclamation. La Légalité, étant cette situation d’être en conformité avec les lois, ne doit
pas se confondre avec la Justice qui est, elle, cette quête de la correction morale dans
les jugements des hommes.

Un Etat de droit c’est d’abord une séparation claire et sans aucune ambigüité
entre les pouvoirs. Car sans cette séparation, les influences et les conflits d’intérêt
entre les pouvoirs, et donc entre les institutions, de l’Etat sont une conséquence
mécanique.

L’Humanisme Algérien que le Hirak a dévoilé ne doit pas se satisfaire des
procédures cathartiques que la situation actuelle peut obliger. Des promesses ont
certainement été tenues jusqu’à maintenant, mais le plus dur reste à construire.
Personne en Algérie n’aurait pu prédire ce qui se passe. Mais une chose est claire, il y
a là un début vers un changement pour le Bien de l’Algérie. Reste à lui trouver les
bons mécanismes de réalisation.

Par B. A., Universitaire.

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