A Jijel, de nouvelles voix s’élèvent pour réclamer le départ Bachir Far, le wali qui est cité dans plusieurs dossiers de corruption et de malversations financières. Des dossiers étrangement ignorés par la justice algérienne. 

Et pourtant, les documents obtenus par nos soins au cours de nos investigations confirment de véritables pratiques scandaleuses. Tout a commencé, en effet, lorsque l’ex-Wali de Jijel a demandé entre 2011 et 2013 la destruction de plusieurs bâtisses érigées sur des terrains publics dont la wilaya avait besoin de les récupérer afin d’y ériger une nouvelle gare routière au profit des habitants de la commune d’El Milia qui en ont cruellement besoin. Ces terrains sont situés dans une zone appelée El-Mridja.

Malheureusement, le maire d’El Milia, Omar Bouledjouidja, a refusé d’appliquer ces directives car les lots de terrains réclamés par la wilaya ont été détournés par des entreprises privées qui ont soudoyé les responsables de la mairie. L’affaire va rester en suspens et en juillet 2017, Bachir Far a été nommé à la tête de la wilaya de Jijel. Ce dernier est rapidement confronté à la nécessité d’ouvrir une enquête approfondie sur le projet de la gare routière qui a été bloqué pendant ces dernières années.

Plusieurs associations locales ont saisi officiellement le nouveau Wali pour lui réclamer de réactiver ce projet d’utilité publique. Le wali ne va jamais prendre en considération les doléances des citoyens. Pis encore, l’actuel Wali va couvrir les agissements de la mairie d’El-Milia et la population locale restera livrée à elle-même. Avec l’enclenchement du mouvement populaire du 22 février, de nombreuses associations originaires d’El-Milia ont réclamé aux services de sécurité d’enclencher une véritable enquête approfondie sur ces affaires passées sous silence par le wali Bachir Far.

Ce dernier est également très proche de plusieurs oligarques algériens poursuivis en ce moment pour des faits de corruption. Et pour cause, ce haut fonctionnaire de l’Etat a distribué plusieurs lots de terrains au niveau de la zone industrielle de Bellara, l’une des plus grandes zones industrielles en Algérie. Des lots de terrains gracieusement accordés à des oligarques algériens comme les frères Kouninef, mais sans qu’aucun projet sérieux et productif ne voit le jour.

Et pourtant, le site industriel de Bellara a nécessité une enveloppe de 300 milliards de centimes pour son aménagement. Ce montant a été dégagé par le gouvernement pour la prise en charge des travaux d’assainissement, d’AEP, d’électricité et de gaz de cette importante zone. Le même Wali a donné des lots de terrains dans des conditions troublantes à des businessmans dans la très prisée zone touristique de Ziama Mansouriah. Ces pratiques rappellent l’attribution controversée des centaines d’hectares d’assiettes foncières au milieu des années 1990 à des pseudo-investisseurs dans le cadre du Calpi pour la réalisation des projets qui n’ont jamais vu le jour. Qu’attendent les services de sécurité pour diligenter des enquêtes judiciaires dignes de ce nom ? 

LAISSER UN COMMENTAIRE