Nous sommes, à ce jour, hantés par les images des gendarmes qui
chassaient nos frères kabyles jusqu’à l’enceinte de leurs villages,
de leurs habitations, mettant le feu et tirer avec de balles réelles,
un climat de guerre ethnique, la politique de la terre brûlée
d’antan, pratiquée par le colonisateur Français.

Une centaine d’âmes assassinées (129 morts) et des centaines de
blessées, parmi eux se trouvent toujours handicapés, tout cela, à
cause d’une politique séparatiste, hégémoniste, criminelle d’un
régime, heureusement que sa fin est arrivée, qui n’admet pas de
voir le peuple Algérien se libérer.

Nous voila, et Dieu merci, en 2019, une révolution pacifique,
joyeuse, qui représente d’une façon merveilleuse, l’émancipation
de tout un peuple avec une conscience et une maturité politique qui
caractérisent son caractère, son histoire millénaire d’un peuple qui
n’admet pas la soumission : un peuple Amazigh, un peuple libre.
Accumulation de combats démocratiques et d’un processus de
conscientisation qui a duré des décades, pour qu’aujourd’hui, le
peuple Algérien se trouve uni pour une même revendication :
Edifier un Etat de droit.

Esprits revendicatif et festif qui caractérisent les manifestations
et la sortie de tout un peuple, hommes et femmes, vieux et vielles,
des familles entières avec toute la beauté du peuple Algérien, sorte
de verdict et de référendum populaire, que chaque vendredi,
brandissent des slogans, et que chaque après-vendredi, il y a eu
des réactions des tenants du pouvoir réel en Algérie, des étapes
importantes franchies, la machine du changement radicale est en
marche.

Cependant, les marches de 2001 ont été violemment réprimées, Etat
de guerre imposé avec l’impunité et l’irresponsabilité de l’ancien
chef d’Etat, Mr Bouteflika, Mr Benflis l’ancien chef de
gouvernement, et Mr Zerhouni l’ancien ministre de l’intérieur qui, à
ce jour, restent des intouchables. Et malheureusement, pendant
cette période où ils tuaient la chaire de leur chaire comme dit feu
Ait Ahmed «  ne touchez pas à la chaire de votre chaire », ils
tenaient des discours, Dieu sait combien hypocrites, de défendre
les palestiniens pour qui, le peuple Algérien profond apporte son
soutien sans détours.

L’Algérie, terre des combats démocratiques, ne cessera jamais
d’enfanter de braves hommes et femmes pour qui, combattre les
forces du mal, est le sens de la vie qu’ils se sont donné. La
révolution du 22 Février 2019 est la preuve que le peuple Algérien
en est capable de jalonner sa destinée et il avait décidé de se
libérer.

L’histoire retient que la Kabylie était à l’avant-garde des combats
démocratiques : Guerre de libération nationale 1954, premier front
d’opposition du FFS 1963, printemps berbères 1980, printemps
noir 2001 et que le régime Algérien, depuis 1962, a toujours
essayé de cantonner, d’isoler : aucun développement, aucune
industrie, faire avorter toute bonne initiative et diviser les rangs
pour y régner.

Certes, pendant la révolution du 22 Février, des dépassements à
bannir de la part de la DGSN : arrestations arbitraires des
manifestants, des bombes lacrymogènes, mais on se félicite, tout
de même, du professionnalisme des corps de sécurités de veiller à
ce qu’il y ait pas des dérapages violents qui nous mèneraient vers
l’impasse et l’irréparable qu’ils assumeront, totalement, si la
révolution sera déviée de son sens pacifique, historique.
Qui aurait cru, un jour, voir tous ceux qui ont méprisé le peuple
Algérien : Mr Ouyahia, Mr Sellal, Mr Zoukh….ect comparaitre
devant les juges pour des affaires d’abus d’autorité, corruption,
dilapidation des biens publiques ? Qui aurait cru de voir, un jour,
celui qui s’est autoproclamé Dieu de l’Algérie et qui
malheureusement, conspirait, si l’affaire est confirmée, avec les
services secrets étrangers pour créer la chaos dans son pays,
devant le tribunal militaire ? Du vrai changement, que nous avons
le droit d’en douter la véracité des événements, tellement
accélérés, mais que l’espoir nous est permis aussi, de voir tous

ceux qui ont détruit l’Algérie mis hors d’état de nuire et construire,
tous ensemble, une nouvelle république, une nouvelle nation, un
vrai Etat de droit.

Le vend du changement radical souffle très fort, des enquêtes, si
elles seront sérieuses, elles feront tomber beaucoup de masques,
beaucoup de têtes corrompus, Ministres, Walis, Chef de Daira, des
députés, des responsables locaux, et tous ceux qui ont contribué à
l’effondrement de l’économie Algérienne et qui ont fait de la
corruption le moyen de leur enrichissement, leur culture qu’ils ont
normalisée, des années durant.

L’histoire est en marche, la révolution pacifique est en marche, et
le changement radical du régime et du system Algérien est une
fatalité historique. Le peuple Algérien est souverain et il a décidé
de refonder et édifier un Etat de droit, et que l’issue pour la crise
politique, la mère de toutes les crises en Algérie, existe, comme
dit feu Ait Ahmed «  il n’y a pas de fatalité historique et les issues
existent ».

Chaque Algérienne ou Algérien aimerait vivre, dignement, dans un
Etat de droit, voir son pays au diapason des nations développées,
voir son armée capable de répondre à tous les conflits régionaux et
avoir la capacité d’imposer ses choix de paix au niveau mondial,
puisque nous en avons toues les caractéristiques de l’être.
Cependant, ce que nous voulons c’est un Etat civil et pas un Etat
militaire, un Etat où l’impunité n’aura aucun sens et que personne
ne sera au dessus de la loi, et une République, typiquement,
Algérienne, ni occidentale, ni orientale.

Gloire à nos martyrs, vive l’Algérie, seule la lutte politique paie.

 

Par Slimane KHERMOUS, Militant politique, maire de Souk El Tenine, Tizi -Ouzou 

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