Avant d’être Ministre de la Justice entre 2013 et 2019, Tayeb Louh a été à la tête du Ministère algérien du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale pendant 11 Années. Ce protégé du régime algérien est né en Juillet 2017 à Msirda Fouaga, située au nord-ouest de la wilaya de Tlemcen.

C’est à l’ex-Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, voulant s’entourer principalement de personnes issues comme lui de l’ouest algérien, que Tayeb Louh doit sa désignation en qualité de membre de la commission nationale de la réforme de la justice créée en 1999.

Une justice qu’il a très tôt voulu façonner de manière bien singulière, pour se forger un immense patrimoine, et en espérant que son passage au Ministère de la Justice lui ouvrirait, grâce aux alliances contre nature qu’il aura contracté, lui ouvriraient les portes de la plus haute fonction de l’Etat.

Entre 2002 et 2012, Louh a été élu député à l’Assemblée Populaire Nationale (APN) à Tlemcen sous les couleurs du FLN, transformé en parti du régime algérien et dont le Président d’honneur n’était autre qu’Abdelaziz Bouteflika.

Ahmed Ouraghi, en plus d’avoir été désigné quelques jours avant le changement de la constitution en 2016, en tant que sénateur par l’ex-Président dans le tiers présidentiel du Conseil de la Nation est également le beau-frère de Tayeb Louh.

Ahmed Ouraghi - Sénateur

Durant ses mandats à la chambre haute du Parlement, Ouraghi a toujours présidé la Commission des affaires économiques et financières du Conseil de la Nation. C’est à lui que revenait le soin d’adopter l’ensemble des projets de lois des finances proposés par l’administration de Bouteflika.

Louh et Ouraghi liés par des liens familiaux ont également prospérés dans les affaires comme nous l’avions déjà publié ici.

L’impunité et l’absence de principes moraux qui ont caractérisé l’ère Bouteflika a déconnecté beaucoup de politiciens véreux de la réalité. Au point où plus personne ne se cachait plus pour dilapider les milliards de dollars de recettes engendrées par la hausse des prix du pétrole.

Nous avons découvert durant notre enquête que des proches de la famille Ouraghi et Louh avaient ouvert une affaire en dehors d’Algérie. C’est à Béthune, dans le Nord de la France qu’on retrouve les petits cousins de ces deux familles.

Farid Louh et Samir Ouraghi, de nationalité française, y ont lancé en 2009 un petit restaurant au 92 Avenue de Rome, près de la place de la Communication.

Leur  »snack » établi à Arras sous le N° de registre du commerce : 509 596 656 porte la dénomination de : Louh !

Ce n’est qu’en Novembre 2012 que la Sarl Louh, réunissant les familles Louh et Ouraghi, a cessé d’exploiter le nom de Louh pour son restaurant.

Pour cela, un nouveau registre du commerce a été créé en 2012 sous le N° : B 788 745 107 et une nouvelle dénomination a été portée au restaurant : Msirda… le lieu de naissance de Tayeb Louh.

Interrogé par nos soins, un Béthunois nous a affirmé  »Ne pensez pas que les Ouraghi et les Louh aient mis en place un grand restaurant ou aux standards des grands palaces où ont l’habitude de se rendre les caciques du système. Non il s’agit d’un simple salon de thé, ou on y sert frites et Kebab… pas plus.’’

Entre temps, la gestion de cet établissement de restauration rapide a été cédé à une autre personne de la famille Louh à Béthune, qui déclare même l’avoir acquis pour 20.000 euros.

Mme Nouria Louh née Ouazzani, c’est d’elle qu’il s’agit, a depuis liquidé le Msirda à la fin de l’année 2017 après 5 années d’exploitation.

Ayant été contactés par la famille Louh et leurs cousins Ouazzani de Béthune par mail, ces derniers se défendent d’avoir été aidés par leur grand cousin Tayeb Louh ou par le sénateur Ahmed Ouraghi.

Abdelmalik Louh nous a écrit le 16 de ce mois:  »Je suis l’ancien propriétaire du kebab Msirda à Béthune »…  »Je n’ai rien a voir ni de près ni de loin avec Tayab LOUh. Je suis né en France et j’ai ouvert ce petit snack avec mes propre denier, je vois pas ce que le cousin de mon père vient faire là dedans. »

Ouazzani Abdennour même déclaré, dans un autre mail daté du 15 de ce mois, en parlant de Tayeb Louh, qui serait selon lui le cousin de son père :  » Continuez à dénoncer  je suis d’accord  mais il faut que l’information soit vrai,  je sais qu’il a fait des trucs à quelques personnes… »

Si Abdelmalik a demandé le retrait de notre article qui serait pour lui de la diffamation, nous répondons que nous avons dans notre article rapporté des faits vérifiables, et des documents publics sur l’existence de l’affaire commerciale Louh et Msirda.

Il est surprenant que les deux familles proches de caciques du régime algérien, se réunissent en France pour créer une affaire. Et même si ce n’est vraisemblablement pas surprenant, et au vu de leurs déclarations, les algériens étaient en droit de savoir. Et même de se poser la question : Tayeb Louh et Ahmed Ouraghi sont-ils propriétaires d’affaires l’étranger pendant que des pans entiers de la jeunesse algérienne sont livrés au chômage à l’oisiveté et à la harga ?

Les Algériens et Algériennes appellent, chaque Vendredi, chaque Mardi, de toutes leurs forces à la fin de cette caste qui a mis à genoux notre pays, notre nation.

À l’image de Tayeb Louh et d’Ahmed Ouraghi, les privilégiés de la maison Bouteflika ne pourront désormais plus exercer de pressions sur les journalistes ou les services de justice pour cacher la fortune et les biens qu’ils ont acquis durant leurs mandats.

Ni aucun autre apparatchik d’ailleurs. Nous y veillerons !

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