Sans polémique, et en toute sérénité, c’est un aveu qu’il faut faire. Le chef de l’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire. L’homme âgé de 80 ans a démontré aux Algériens et à tous les observateurs internationaux qui suivent de près ce qui se déroule en ce moment en Algérie, qu’il a tenu ses promesses ! 

Le vieux général, véritable détenteur du pouvoir à la suite de la chute brutale des Bouteflika, a fait le bon choix. Il n’a pas usé de ce pouvoir pour réprimer dans le sang les manifestants algériens. Il n’a pas usé de ce pouvoir pour détourner la décision politique au profit de ses propres intérêts personnels. Il a préféré écouté les Algériens, y compris leurs critiques les plus sévères, leurs diatribes les plus dures. Oui, il a écouté les Algériens et il a lancé une guerre ouverte contre la corruption. Personne ne l’avait jamais imaginé dans les meilleurs des rêves possibles : Said Bouteflika en prison, le général Toufik en prison, Ouyahia en prison, Sellal en prison, les oligarques les plus influents de l’ère Bouteflika en prison, et des dossiers de dilapidation des deniers publics et de corruption qui ne finissent pas d’atterrir sur les bureaux des juges de la Cour d’Alger et le tribunal Abane Ramdane.

Cette situation est inédite dans toute l’histoire de l’Algérie contemporaine. Le mérite revient naturellement au Peuple Algérien qui a su renverser la vapeur en se révoltant contre un régime corrompu jusqu’à l’os. Le peuple algérien entrera dans l’histoire comme étant l’un des rares peuples pacifiques ayant réussi une révolution politique profonde contre un régime dictatorial inadapté à la modernité.

Mais, l’honnêteté intellectuelle nous dicte le devoir des saluer également le rôle salutaire d’Ahmed Gaïd Salah en tant que chef des armées. L’homme a choisi son camp au bon moment. Il a refusé de se heurter contre la volonté populaire. Oui, des malentendus et des incompréhensions ont semé le trouble au départ du mouvement du 22 février dernier. Dieu merci, Ahmed Gaïd Salah s’est rattrapé pour corriger rapidement son attitude afin de se mettre au diapason de la volonté populaire.

Ces détracteurs ont le droit de lui refuser le statut de héros. Oui, ils ont raison. Mais ils ne peuvent pas contester son patriotisme et ses services rendus à l’Algérie. Reste maintenant à poursuivre le travail de transition pour bâtir une véritable deuxième République. Et là encore, Ahmed Gaïd Salah doit continuer à dire oui aux manifestants algériens. C’est son devoir, c’est sa mission. Et l’histoire s’en souviendra.

LAISSER UN COMMENTAIRE