C’est la question que tous les juristes, journalistes et activistes algériens se posent depuis au moins 48 heures : pourquoi personne n’a réclamé la présence de Bedoui lors des auditions effectuées par la justice algérienne dans le cadre de ses enquêtes sur le dossier Tahkout. 

Et pourtant, l’ex-ministre de l’Intérieur, et l’actuel Premier-ministre, a beaucoup fait pour accorder des avantages et privilèges onéreux ayant permis l’enrichissement du milliardaire Mahieddine Tahkout. Tous les Algériens se souviennent du scandale qui avait éclaté en octobre 2018 où Bedoui avait adressé une directive aux 48 walis pour instruire les P/APC de passer commande chez Cima Motors, l’une des entreprises de la famille Tahkout.

Il s’agit bel et bien d’une passation de marchés douteux. Et pour cause, un contrat-cadre a été conclu, en novembre 2018, entre le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire et le concessionnaire automobile Cima Motors propriété de Mahieddine Tahkout (propriétaire de l’usine Tahkout Manufacturing Company de Tiaret), pour l’acquisition de 1 541 Creta GL de la marque coréenne Hyundai pour le compte des services d’hygiène et de la santé de toutes les Assemblées populaires communales (APC) en recourant au Fonds de garantie et de solidarité des collectivités locales (FGSCL).

Ce marché avait rapporté plus de 500 milliards de centimes à Tahkout. Un cadeau en or offert par son ami Nourredine Bedoui qui n’a jamais justifié le bien-fondé de ce marché car en quoi les services d’hygiène d’une APC ont besoin d’un véhicule comme Creta ? Et pourquoi accorder tout le marché uniquement à Tahkout ? Bedoui n’a jamais été inquiété pour répondre à ces questions. Et pourtant, nous sommes face à des pratiques de malversations financières et des soupçons de corruption.

Bedoui mérite donc toute sa place sur le banc des accusés de nos tribunaux. La Cour Suprême devrait se charger de son cas et l’inculper officiellement au regard de la gravité des faits avancés et démontrés dans ce marché. Maintenir Bedoui dans ses fonctions de Premier-ministre est une violation flagrante de l’intégrité morale de la justice algérienne. Le Hirak algérien ne pardonnera jamais cette incartade.

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