Il faut bien l’admettre, l’Algérie vit dans la manipulation et dans le mensonge. A des moments, certaines annonces drolatiques nous infligerent, carrément, un étourdissement collectif.Mais dans tout cela, la plus atypique reste, et sans conteste, cette histoire de prix de la paix discerné par une fondation américaine au Président Bouteflika, le 27 septembre 2018.

Cette fondation qui tritura nos méninges, tout le long de la saison, cache bien des arcanes. Nous avons donc pris la décision d’aller chercher le dit-club qui s’appelle Brave Foundation, dont le nom n’a jamais figuré sous pareille forme. En revanche, sa présentation est toujours faite sous l’appellation Brave Project. Pour commencer cette recherche, une petite vérification sur internet nous renvoie à un top-level domain (TLD) pas trop utilisé : celui de Global dans un site domicilié à l’adresse www.bebrave.global.

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Marlboro Building New York

Selon les indications, le local de cette corporation se trouve ,en principe ,dans le Marlboro Building au 1359 Broadway, suite 1102, New York au coin de la 36th Avenue. Nous sommes donc allés à cette adresse en remontant jusqu’au 11e étage … pour fureter. Normalement , c’est ici que la cérémonie de remise du Prix de la Paix aurait du  avoir lieu … ou a « eu lieu en présence » due l’ex-président de la république algérienne ou de son ex premier ministre Ahmed Ouyahia.Or, le local visité au 1e étage d’une superficie de 460 mètres carrés est divisé uniquement en bureaux meublés pour la location. Il y avait, à cet effet, deux affiches mentionnant justement des avis de location (offices for rent).Dans ce coin, point de fondation BRAVE et personne ne la connait. Cet endroit n’est pas compartimenté pour le besoin d’une association caritative. Il s’avère qu’un cabinet-conseils occupa deux des bureaux existants, dans la suite 1102. Il s’appelait BLJ Worldwide.

Nous avons bien voulu poser la question aux responsables de BLJ, sur cette mystérieuse fondation BRAVE. Malheureusement, nous n’avons rien trouvé car c’était presque vide. Ont-ils déménagé ou n’avons pas bien fouillé ? Bien que c’est légitime de s’interroger, mais nous avons tout de suite compris ‘ que  cette affaire prêtait réellement à équivoque. Nous  avons aussi essaye’ d’avoir une réponse de Mme Valérie collectrice au niveau de l’association dites Brave mais à chaque fois elle ne veut pas répondre à nos emails, surtout pas répondre sur l’origine de la dépêche et sur la véracité’ d’une telle attribution. Toutefois, un petit détail que nous ne pouvons révéler pour le moment, nous envoya sur deux pistes fort intéressantes.

La première est qu’un Algérien ayant une relation avec un couple syro-libanais, et en contrepartie d’une donation ( corruption), lui filèrent ce mauvais coton de prix de la paix. Le monsieur voulait faire une surprise à Bouteflika et à son frère pour combler toute l’Algérie d’émerveillement, faute de ne pouvoir avoir le Nobel. On fabrique alors  un communiqué apocryphe ne se trouvant nulle part, même pas sur le site propre de la fondation, sauf que cette information a été brodée puis livrée aux journaux algériens, paraphrasée dans le format d’une certaine onomasiologie chère aux MAE.Cependant, il faut bien souligner que cette fondation qui verse, soi-disant, des aides à des enfants syriens déplacés au Liban, à partir d’activités photographiques, n’a rien avoir avec un prix de paix et un président de tout un Etat. Il s’agit d’une association de deux personnes qui vendent, lors des rencontres pour des levées de fonds, des images d’enfance réfugiée. Sa page Facebook le mentionne parfaitement … mais malheureusement n’a que 85 followers et 85 fans (celle de Prix Nobel 4.2 millions), et son compte n’a connu aucune activité depuis 25 janvier 2018.

A-t-elle eu la sympathie de certains acteurs américains ou chefs d’entreprises sensibles aux drames d’enfants pour pouvoir les mettre comme façade ? Possible. A-t-elle exploité des noms pour accomplir son forfait ? Possible. En somme, quel est le montant donné par le ou les Algériens pour décrocher ce titre de Prix de la paix ?

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Photo de Couverture facebook de Brave Project uniquement 85 fans

 

Si nous posons ces questions, c’est que nos arguments sont très solides, puisque et depuis l’annonce, point de prix, point de cérémonie, point de président et point de personnalités pour la remise officielle. La deuxième chose est que l’adresse de cette fondation est en vérité l’adresse du bureau de consultants BLJ WordWide que nous avons cité précédemment. Ce bureau occupant le lieu ou ayant occupé les lieux, était en difficulté financière. On nous a informé que BLJ voulait à un moment, se départir d’une partie de sa location qui lui coûte 21.000 dollars/mois.

Mais pourquoi une adresse d’une fondation caritative dans un bureau de consultants ? Ensuite, où est ce couple syro-libnais qui dirige la fondation ? Ici , Faut-t-il rappeler qu’aux Etats-Unis, on peut créer une association de deux ou de 3 personnes. Les communautés moyen-orientales sont championnes dans ces montages. Parfois vous pouvez trouver un monsieur comme président, sa femme comme trésorière et son frère comme SG.

Le navrant est que le site de BRAVE nous ne donne ni le nom du président ni celui du trésorier, mais juste les noms de 4 membres d’honneur servant de facette ?Autre détail important. Le président de cette entreprise BLJ (d’origine anglaise), est en même temps membre du directoire de cette fondation controversée….. Bizarre ! Est-t-il au courant ou a t-il participé à l’attribution du prix ? Et comme la chronologie coïncide avec septembre 2018 mois de la visite des commerçants algériens de l’Ex FCE  aux USA  , cela prouve que ce monde n’est pas étranger à cette historiette de prix, une historiette nauséeuse… farcies de cancans médisants.

Notons enfin que ce qui a été rapporté dans ce paragraphe trouvé sur le net, est complètement faux: “La fondation US, composée entre autres d’anciens membres du Congrès américain, George Hochbrueckner (D-NY) et Christopher Shays (R-CT)” a décidé de récompenser le président de la République Algerienne en reconnaissance pour “le rôle de l’Algérie dans la négociation d’un accord de paix entre l’Ethiopie et l’Erythrée, qui a mis fin à la guerre de vingt ans ″”.

 

Cette phraseologie Messaheliste a fait en sorte que  nous nous sommes biens assurés, à partir d’informations sûres, que Monsieur Christopher Shays, ex-membre de la chambre de représentants (Connecticut), n’a discerné aucun prix et n’a participé à aucune cérémonie et ne connait pas Bouteflika et n’a jamais voyagé en Algérie.
Quant à George Hochbrueckner, ex-membre de la chambre des représentants (New York), il se trouve qu’il est l’ami du directeur du Bureau des consultants BLJ, lui-même membre de cette mystérieuse fondation, puisque son nom s’y trouve toujours.
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Broadway New York notre Photo

 

Enfin, autre pièce de notre trouvaille se rapporte à un formulaire adressé en juillet 2018 au Clerk of the House of Représentatives, émanant de Hochbrueckner.

 

Conformément à la loi, l’ex-congress-man informait son commissaire à l’éthique de la fin du contrat avec la firme BLJ consulting du 1359 Broadway New York. Autrement dit, l’ex-membre de la chambre des représentants avait une firme de lobbyisme.
…Et nous pouvons parfois se passer de commentaires car même les commentaires ne suffisent pas. C’est dire que dans cette marmelade, ce sont bien les amis de Bouteflika qui lui ont fait “ces honneurs”, plutôt ces humiliations. Toute une attribution imaginaire de prix de la paix comparable à Nobel. Les racontars la prennent déjà en charge … 25.000 dollars déboursés puis les auteurs volatilisés et leur trace juste une vulgaire page Facebook congelée depuis Janvier 2018.
En somme, qui a inventé cette affaire et où se trouve ce prix de la paix discerné à Bouteflika le 27 septembre 2018 ?
Par Larbi zouimia Analyste universitaire et Blogueur 

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