Le pouvoir ne veut pas d’un dialogue sérieux, responsable et sans préalable,
mais il veut réellement imposer un dialogue à sens unique, c’est-à-dire, un
monologue inclusif. Le pouvoir qui se trouve entre les mains du chef d’état-major
de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, pilier du régime depuis vingt ans,
refuse de lâcher prise et s’acharne à organiser rapidement une élection
présidentielle fermée, chorégraphiée et soigneusement quadrillée afin que la voix
du peuple ne pèse pas, pour assurer sa pérennité.

Le pouvoir et ses relais sont en panique, car ils n’ont pas de plan de sortie de crise après avoir misé à tort sur l’essoufflement et les manipulations qui n’ont pas abouti du mouvement.

Le général Ahmed Gaïd Salah et ses relais sont plus préoccupés par la volonté de
se maintenir au pouvoir que par toute autre considération. Tout ce que ce
pouvoir sait faire et depuis 1962 c’est le verrouillage du champ politique,
bâillonnement des médias et répression, la corruption, la manipulation… «On ne
résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré» et il n’y a
pas d’indice ou de signe d’ouverture qu’un tel pouvoir puisse avoir une volonté
de solutionner la crise politique en cours ou faire partie de la solution, en allant
vers un vrai changement. Le consensus des clans au pouvoir qui regardent
l’Algérie à travers des cartes souterraines est bien établit  pour garder le privilège
de partage de la rente et maintenir leur suprématie, en instaurant la loi de la
jungle  qui a généré des absences insoutenables et dévastatrices, absence d’un
État de droit, de vie politique, de Constitution digne de ce nom, d’institutions
légitimes capables de protéger le peuple autant que le pays des abus et
d’assurer son droit à vivre dans la liberté et la dignité.

Seule la poursuite de cette fabuleuse mobilisation de toutes les forces autonomes autour d’un contrat pour l’alternative démocratique et sociale, est capable de rendre espoir au peuple pour que l’impasse du régime ne soit plus une impasse pour le pays.

Ce Hirak marque la naissance de l’Algérie de l’espoir, qui nous offre réellement
l’espoir de faire de l’Algérie un bastion de la démocratie, de liberté intellectuelle
et économique afin d’ouvrir les vannes de l’énergie, de l’originalité et de la
créativité.

En claire, entre le statut quo suicidaire et intenable actuel ou le changement
salvateur et ravivant l’espoir d’une Algérie du peuple, le choix n’est pas politique,
mais c’est une question d’existence et d’essence. L’avenir de l’Algérie n’est pas
ce qui va arriver, mais ce que nous entreprenons ici et maintenant.

Par Kamel Bourenane

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