En Algérie, avant le 22 février 2019, date à laquelle le peuple algérien s’est réveillé pour renverser le régime archaïque et corrompu de Bouteflika, les dirigeants les plus véreux recouraient aux procédés les plus diaboliques pour obtenir des privilèges illégaux ou détourner des deniers publics. Et l’histoire que nous allons vous dévoiler aujourd’hui dans cette publication en est la parfaite illustration. 

Cette histoire relate les manœuvres inédites du général Ghali Belkecir, commandant de la Gendarmerie Nationale, et de son épouse Fatiha Boukhers, présidente de la Cour de Tipaza, et l’une des magistrates les plus influentes du système judiciaire mis en place par l’ex-ministre, Tayeb Louh, symbole incontournable du régime Bouteflika combattu par des millions de manifestants algériens dans les rues chaque vendredi depuis le 22 février dernier.

Cette histoire révèle l’affaire de l’ex-Directeur du Logement et des Equipements Publics (DLEP)  de la wilaya de Tipaza, un certain M. Bachir. Ce dernier a été condamné en 2017 à deux années de prison ferme pour « adultère ». Il avait été arrêté à l’entrée de Club-des-Pins par des éléments d’une brigade de la gendarmerie nationale. Or, cette histoire rocambolesque avait suscité à l’époque des faits une énorme polémique car l’ex-DLEP de Tipaza a été uniquement surpris avec une femme dans sa voiture. Il n’y avait aucune posture indélicate qui pouvait indiquer que l’ex-cadre de la wilaya de Tipaza s’adonnait à un quelconque « attentat à la pudeur ».

Mais, curieusement, au tribunal de Chéraga, les magistrats ont inculpé M. Bachir « d’adultère » et la femme qui était en sa compagnie a été « forcée » par les enquêteurs de la gendarmerie dépêchés par le général Belkecir pour faire des aveux compromettants. En vérité, le tribunal de Chéraga, relevant de l’autorité de la Présidente de la Cour de Tipaza, à savoir l’épouse du général Belkecir, a condamné dans un procès expéditif l’ex-DLEP de Tipaza sans diligenter la moindre enquête sérieuse. Le magistrat en charge de cette affaire s’est contenté de s’appuyer sur les P.V des gendarmes comme il lui a été dicté par les instructions parvenues de sa supérieure hiérarchique, Fatiha Boukers.

M. Bachir fera de la prison, mais sa peine sera réduite et il sortira de ses geôles avant la fin 2018. La femme qui était en sa compagnie a également séjourné en prison alors que les enquêteurs du général Belkecir lui ont fait croire qu’elle sera acquittée en contrepartie de son témoignage accablant à l’encontre de l’ex-DLEP de la wilaya de Tipaza.

Toute cette drôle d’affaires cache en vérité un autre scandale beaucoup plus sérieux. Oui, le vrai scandale concerne effectivement un projet immobilier de 55 milliards de centimes qui avait a été accordé par la direction du logement et des équipements publics de la wilaya de Tipaza à un promoteur immobilier appelé Kébir. Le marché a été attribué en toute transparence selon les dispositions et règles fixées par le code des marchés publics en Algérie.

Or, cette attribution réglementaire n’a pas fait le bonheur des Belkecir qui voulaient privilégier leur ami et allié, le promoteur immobilier Djebri, originaire de la wilaya de Mascara. Les Belkecir vont donc orchestrer toute une cabale judiciaire à l’encontre de l’ex-DLEP de la wilaya de Tipaza qui avait refusé de se plier à leur diktat en accordant le juteux marché de 55 milliards de centimes à leur « copain ». M. Bachir éjecté, ce marché fut annulé et une nouvelle procédure a été initiée par un nouveau DLEP, nommé en toute urgence pour remplacer l’infortuné M. Bachir. Et comme par hasard, le nouveau DLEP de la wilaya de Tipaza est le frère d’Abdelkader Bouazgui, le ministre de l’Agriculture, un ami très proche du général Belkecir.

C’est dans ce contexte que le fameux marché a été attribué au final au promoteur choyé par les Belkecir. Ces derniers ont brisé un cadre d’Etat, ont souillé sa réputation à vie tout en sabotant l’intérêt général de toute une wilaya pour offrir sur un plateau d’argent… 55 milliards de centimes à l’un de leurs « copains »…

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