La raffinerie d’Alger, voici un projet qui a été saboté et ralenti en raison de la guerre des clans qui minaient en profondeur le régime Bouteflika. Située à Sidi R’cine à l’est d’Alger, cette raffinerie n’est toujours pas opérationnelle alors que des centaines de millions de dollars ont été dépensées par la Sonatrach pour la rénover. 

La rénovation de la raffinerie d’Alger est en réalité un immense marché juteux qui a suscité toutes les convoitises. Tout a commencé en 2010 lorsque la société française Technip a été désignée comme attributaire du contrat EPC pour la réhabilitation de la raffinerie d’Alger.
Technip était en concurrence avec le sociétés sud-coréennes Hyundai Engineering-Hyundai E&C, Samsung Engineering et GS Engineering & Construction. Le montant du contrat était de 67,8 milliards de dinars, soit 682 millions d’euros. Le projet a connu très rapidement d’énormes ralentissements et de grosses difficultés en raison d’un conflit qui a éclaté ouvertement entre Sonatrach et Technip.

En juin 2015 le projet est en suspens car la société française Technip s’était retirée du projet, après avoir vu sa demande de rallonge de 300 millions de dollars, indispensable pour achever les travaux. Sonatrach a refusé catégoriquement cette demande et les deux parties ont fini par divorcer. Profitant de cette confusion générale, Ali Haddad et les frères Kouninef exercent leur lobbying pour imposer aux autorités algériennes une autre société étrangère afin de terminer les travaux de la raffinerie d’Alger.

Les Haddad et Kouninef ont utilisé à l’époque le directeur de cabinet de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, Mustapha Karim Rahiel, pour influencer le gouvernement et l’orienter vers « leurs amis » chinois, à savoir  le groupe China Petroleum Engineering and Construction (CPECC) qui avait conclu en novembre un contrat de 45 milliards de dinars (soit plus de 370 millions d’euros) portant sur la rénovation de la raffinerie de Sidi Rezine, au sud d’Alger. Il s’agissait de l’un des gros contrats gagnés par la Chine en Algérie et les oligarques algériens avaient joué un rôle déterminant pour avantager les chinois.

Les chinois exécutent leurs travaux et empochent leur argent. Le 21 février 2019, l’ex-PDG de Sonatrach inaugure la raffinerie d’Alger croyant savoir que l’Algérie va enfin profiter de ses installations rénovées dans le but de réduire les exportations du carburant depuis l’étranger.

Malheureusement, la surprise des Algériens fut énorme lorsqu’ils découvriront qu’ils ne peuvent pas faire fonctionner cette raffinerie en raison de plusieurs problèmes et défaillances techniques. Ces problèmes ont été provoqués essentiellement par incompatibilité des technologies chinoises et françaises qui ont été déployées par Technip avant d’abandonner le projet.  Jusqu’à aujourd’hui, ces problèmes techniques n’ont pas encore résolus et la raffinerie est à l’arrêt ! Les conséquences sont désastreuses sur le marché des carburants en Algérie sont catastrophiques car cette raffinerie devait ainsi voir sa capacité de production en gasoil passer de 737.000 tonnes/an à 1,18 million de tonnes/an, sa capacité de production d’essence passer de 400.000 t/an actuellement à 1,3 Mt et celle du GPL de 88.700 t/an à 270.000 t/an. Les capacités de stockage de carburants devaient  à leur tour augmenter de 73%. Au final, ce projet se termine par un flop !

 

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