Le dernier discours d’Abdelkader Bensalah révèle deux blocages politiques majeures. C’est du moins ce que laisse entendre Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’Institut d’Études Politiques de Lyon et chercheur à Triangle, laboratoire du CNRS. 

Dans analyse publiée sur sa page Facebook, cet observateur averti de l’actualité politique en Algérie a expliqué que « le discours de Bensalah clarifie le différend entre le peuple et l’Etat-Major ». « L’Etat-Major veut un président Taiwan avec une légitimité électorale issue d’un scrutin truqué par les walis, les chefs de daira, la gendarmerie et la DGSN. Ce nouveau président Taiwan servira de couverture légale à la répression de la contestation », indique-t-il.

D’après Lahouari Addi, « le différend est que l’EM veut un président qui lui donne la légitimité pour réprimer. Ce sera évidemment le président des généraux. Le peuple veut un président de la nation ».

« Le peule n’est pas contre l’élection d’un président; au contraire, il veut un président élu de façon régulière et sans trucage », explique encore le même professeur selon lequel « nous sommes face à deux blocages ». Lesquels ? « L’EM bloque l’élection présidentielle de la nation, et le peuple bloque l’élection présidentielle de l’armée », décrypte l’expert algérien auteur qui a beaucoup travaillé sur le nationalisme et l’armée dans le monde arabe.

 

« Pour l’instant, c’est le peuple qui gagne, puisqu’il n’y aura pas d’élection du président des généraux. Je ne sais pas d’où est venue cette maturité du peuple algérien. Il finira par avoir le dernier mot parce qu’il a raison et sa revendication s’insère dans la construction de l’Etat. Pour construire un Etat de droit, il faut des dizaines et des dizaines de vendredis. Et parfois il faut ajouter des mardis et des jeudis », conclut enfin Lahouari Addi.

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