Le Hirak a permis une Renaissance Algérienne presque définitivement enterrée. Heureusement, le peuple Algérien est façonné dans une terre qui ne connait pas l’effritement total.

Même si sa constitution a subi à maintes reprises des tentatives multiformes et multifactorielles de dilution des efforts et des consciences à travers des pratiques administratives, politiques, économiques, éducatives, etc., l’élément fondamental de la substance dont est fait le peuple Algérien, est heureusement, immunisé et incorruptible.

C’est justement ce même élément fondamental qui doit se repositionner dans cette période historique pour savoir que le Hirak ne doit pas être l’aboutissement des efforts, mais le point de départ vers une nouvelle façon de concevoir le nouveau Contrat Social (mais aussi politique, économique, éducatif, etc.) entre les algériens et les institutions dont ils se dotent. Un nouvel équilibre est vital pour l’Algérie et pour son fonctionnement. Tel un funambule qui ne peut pas adopter la même posture et le même rythme pour toucher l’autre extrémité de la corde, l’Algérie doit continuellement chercher l’équilibre adéquat qui lui permet de perdurer en tant qu’institutions et en tant qu’Etat.

La classe politique est en déficit depuis des années. Souffrante de sclérose chronique et d’hypo-représentativité sévère, elle a été trop longtemps gelée, d’un côté dans des schémas qui n’arrivent plus à se débarrasser des visions atemporelles et à se hisser aux aspirations des algériens, et aspirées, d’un autre côté, par des pratiques trop encombrantes des systèmes de gouvernance.

Ce constat n’est pas un secret. Il reste à lui trouver une issue positive. L’heure des grandes concessions est venue. Le Hirak doit être en mesure d’ouvrir les portes du dialogue et de proposer des issus aux Systèmes sortants. Les concessions doivent permettre le passage en douceur de l’Algérie d’une vision de gouvernance vers une autre vision de gouvernance. L’appel au dialogue qui a été lancé par le pouvoir réel en Algérie est très significatif des nouveaux points d’équilibre qui doivent être mis en place. Cet appel n’est pas éternel. Le saisir est une très sage option.

L’Algérie a besoin, plus que jamais, des bonnes volontés qui existent. Malheureusement, elle n’a pas tout son temps pour choisir. Les concessions doivent avoir comme point de départ incontournable le maintien de l’Algérie et de sa voix dans la sphère internationale et ses relations autant complexes que dangereuses.

Les frontières instables, les relations internationales prédatrices, fondées essentiellement sur l’intérêt, les convoitises d’un néocolonialisme divisionniste, les trahisons des uns et des autres pour la concrétisation d’un projet qui outrepasse les frontières géographiques directes et qui se veut « la solution du siècle », sont autant de menaces qui font du temps une alchimie extrêmement sensible pour l’Algérie et ce qu’elle peut avoir comme priorités.

Dans ce contexte, il semblerait ainsi que le dialogue qui doit être établi très prochainement après les concessions qui vont être faites des deux côtés réelles de ce dialogue, est la première étape vers le dénouement de cette crise multidimensionnelle.

Ce dialogue devra permettre à une figure consensuelle de confiance de préparer le
terrain pour de nouvelles élections présidentielles. Cette figure consensuelle qui
connait les rouages des systèmes sortants, devra faire passer l’intérêt de l’Algérie
avant d’autres choses.

L’Etat de droit tant espéré est aux portes de l’Algérie. Il adviendra. Mais encore, patience ! Le rôle de cette génération est d’ouvrir les portes et de maintenir l’Algérie debout et souveraine. Les autres générations poursuivront le projet.

Les autres civilisations nous ont donné des exemples à exploiter. Leurs erreurs
ne doivent pas être les nôtres. Des raccourcis dans le Temps existent ; tâchons de ne
pas les ignorer !

 

Par B. A., Universitaire.

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