La situation n’est pas du tout reluisante. La classe politique algérienne n’a pas encore pris conscience de la dangerosité de la situation, mais les chiffres économiques indiquent clairement que l’Algérie fonce tout droit sur… un iceberg et ce dernier peut la faire couler. 

D’abord, un constat qui fait peur : la baisse des quantités d’hydrocarbures exportées, exprimées en tonnes équivalent pétrole (TEP), entamée au premier semestre de 2017, s’est poursuivie au cours des deux semestres suivants, passant de 54,96 millions de TEP au premier semestre de 2017 à 53,27 millions de TEP au second semestre de la même année et à 52,15 millions de TEP au premier semestre de 2018. Au second semestre de 2018, la baisse s’est accélérée pour atteindre 47,7 millions de TEP, soit une diminution de 8,5 % par rapport au premier semestre de 2018, détaille la dernière note de la Banque d’Algérie.

Ces chiffres démontrent que le pétrole algérien se réduit dangereusement et risque de ne pas ramener beaucoup d’argent à notre pays. Les exportations de nos hydrocarbures flirent difficilement depuis 2017 avec le seuil des 40 milliards de dollars. Ce qui demeure largement insuffisant pour financer les besoins quotidiens des Algériens. Sinistre nouvelle lorsqu’on sait que les réserves de change sont en baisse brutale. Pis encore, ces réserves ne rapportent pas beaucoup à l’Algérie puisque la Banque Centrale a reconnu en toute franchise dans son dernier rapport un déficit du poste « revenus des facteurs » qui s’est nettement creusé en 2018 à 4,382 mds USD, en raison principalement de la diminution des flux entrants de revenus des facteurs (liés au placement des réserves de change) de 949 millions USD et de l’augmentation des revenus transférés par les filiales de droit algérien des entreprises étrangères vers le reste du monde (+ 839 millions USD).

De l’argent qui sort, mais très peu qui rentre. Voila dans quelle situation se trouve en ce moment notre pays gravement ralenti par l’actuelle crise politique. Sans président, pas d’institutions sérieuses, aucun processus de transition clair et précis, l’Algérie de l’intérieur est impuissante pour affronter les défis de l’extérieur, à savoir les contraintes économiques mondiales.

Cette réalité économique impacte directement le quotidien des Algériens à travers la cherté de la vie qui détruit le pouvoir d’achat des Algériens. Preuve en est, l’inflation a touché de plein fouet les biens manufacturés dont le rythme annuel moyen d’augmentation des prix est passé d’un pic historique de 10,14 % en janvier 2017 à 7,23 % en décembre 2017 puis à 5,06 % en décembre 2018 en raison de la forte baisse des prix du groupe « habillement et chaussures », a noté à ce sujet la Banque d’Algérie.  Bien que plus modérée, le rythme de croissance des prix des produits alimentaires est passé de 5,01 % en décembre 2017 à 3,38 % en décembre 2018, tiré par les décélérations de la progression moyenne des prix des produits agricoles frais et des produits alimentaires industriels : respectivement, de 6,58 % en décembre 2017 à 4,11 % en décembre 2018 et de 3,49 % à 2,64 %, a souligné la même source.

Ces réalités économiques ne sont, malheureusement, pas prises en compte par les autorités actuelles qui tardent à lancer un sérieux processus de transition politique. Cette inconscience maladive risque de compromettre l’avenir de l’Algérie. Il est urgent de se réveiller avant que ça ne soit trop tard…

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