Comme il a été rapporté en exclusivité par Algérie Part, Total a obtenu un accord positif avec les autorités algériennes pour exploiter les actifs pétroliers de la compagnie américaine Anadarko. Mais cet accord est-il finalement un échec cuisant pour l’Algérie qui renonce à sa souveraineté ? Non, loin s’en faut ! 

Bien au contraire, cet accord arrange largement les intérêts de l’Etat algérien. Et pour cause, il s’agit d’un accord qui permet à notre pays de ne pas débourser une modique somme… dépassant les 3 milliards de dollars. Cette somme représente effectivement la valeur du portefeuille algérien d’Anadarko. Si l’Etat algérien voulait passer en force et imposer son droit de préemption empêchant ainsi l’acquisition des actifs d’Anadarko par Total, il aurait fallu dédommager le géant français en lui signant un chèque… de 3, voire 3,5 milliards de dollars.

Ce qui représente un énorme investissement financier totalement préjudiciable pour le Trésor Public algérien alors que notre pays traverse une situation politique très compliquée et une crise inédite. Cet investissement très lourd est, en plus, inapproprié car les droits d’exploitation des gisements pétroliers d’Andarko en Algérie expire en… 2022. A quoi ça sert de dépenser donc plus de 3 milliards de dollars alors que l’Etat algérien peut récupérer naturellement les gisements d’Anardarko d’ici… 4 ans.

Notons enfin que l’application de droit de préemption par l’Etat algérien aurait été très complexe dans le cas du dossier de Total-Anadarko. Ce dossier engage des enjeux énergétiques mondiaux qui impliquent de nombreux autres acteurs. Et l’Algérie aurait eu besoin d’une association avec d’autres géants mondiaux de l’énergie pour reprendre les actifs d’Anadarko sans perturber la production des hydrocarbures dans notre pays. Cette démarche collective est, pour l’heure, difficile à mettre en oeuvre notamment en raison de l’instabilité interne caractérisant le fonctionnement de l’Etat algérien dont dépend cruellement la Sonatrach.

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