Des comptes anonymes mènent une contre-révolution numérique en Algérie sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. 

Des « mouches électroniques », traduction littérale de doubab en arabe, sont très actives sur les réseaux sociaux. Leur objectif : casser la dynamique du Hirak, ce mouvement révolutionnaire à l’origine de la démission (forcée) de l’ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika. Leurs cibles : les opposants, les activistes, les personnalités…et aussi la France responsable, selon eux, de tous les maux en Algérie. Leurs méthodes : diffusion d’infox, commentaires virulents, attaques personnelles et/ou basés sur l’ethnie.

« En plus des milliers de profils créés sur Facebook (un peu moins sur Twitter, moins utilisé par les Algériens), des centaines de pages, dont beaucoup se revendiquent du « hirak » ont été créées pour polluer les débats. Les « mouches » sont surtout présentes sur Facebook, car c’est de là que partent les initiatives et convergent les projets et idées de la société et, surtout, c’est de là que sont partis les milliers d’appels anonymes à manifester partout en Algérie le vendredi 22 février contre le cinquième mandat de Bouteflika »,explique TSA.

Selon la presse algérienne, ces « mouches«  investissent les réseaux sociaux pour obtenir la tenue (compromise) de la présidentielle le 4 juillet prochain et pour soutenir le chef de l’état-major, homme fort de l’Algérie, le général Gaïd Salah.

« Ce sont ces facebookers, qui sont identifiés comme étant des « mouches électroniques », des « agents » recrutés par des cercles « occultes » afin d’investir les réseaux sociaux pour tenter de provoquer des divisions au sein du hirak en s’appuyant sur les sensibilités et divergences qui existent dans la société. Et cette « contre-révolution » ne date pas d’hier », analyse El Watan.

Des internautes ont contrattaqué les « mouches » avec un manuel « insecticide ». Comment reconnaître une « mouche électronique » ? Nouveau compte, peu ou pas d’amis, mêmes commentaires violents partagés sur de nombreux comptes pro-hirak, etc.

L’opposition accuse l’Etat algérien d’être à l’origine de la création de ces « mouches ». « La constitution, par le pouvoir, d’armées d’internautes dénommées « mouches électroniques »’ par les citoyens, chargées de semer les haines, de polluer le débat, d’invectiver ou de menacer toute personne hostile à la normalisation entreprise sous la houlette de l’état-major de l’armée n’ont pas eu d’effet sur la détermination des populations à reprendre en main leur destin », s’indigne le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Source : Franceinfo Afrique 

 

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