Julia, 31 ans, fera face mercredi après-midi à un homme soupçonné de l’avoir agressée le 31 mars dernier alors qu’elle cherchait à rentrer dans le métro à Paris, en marge d’un rassemblement contre le gouvernement algérien.

Son agression avait provoqué une vague d’indignation et fait réagir jusqu’au gouvernement. En mars dernier, Julia avait été violemment prise à partie en marge d’un rassemblement anti-Bouteflika alors qu’elle voulait simplement prendre le métro à Paris. Un mois et demi plus tard, l’affaire se retrouve devant la justice. Un homme de 23 ans doit comparaître ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Poursuivi pour «violences aggravées par la circonstance qu’elles ont été commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre», il risque jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Les faits s’étaient produits vers 20 heures le 31 mars, à proximité du rassemblement contre le gouvernement algérien. Partie pour prendre le métro place de la République, Julia était tombée nez à nez avec trois hommes qui lui bloquaient le passage. Le premier lui avait attrapé le bras en lui faisant remarquer qu’elle était un homme, le second lui avait touché la poitrine tandis que le troisième avait exhibé son sexe, en lui tenant des propos obscènes et l’avait giflée, avait-elle raconté. Pendant ce temps, la foule chantait un refrain humiliant.

À ce moment-là, Julia ne le sait pas mais la scène est en partie filmée et la vidéo envoyée à l’association Stop homophobie, qui relaie les images sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, de nombreux Internautes dénoncent une agression transphobe et une enquête est rapidement ouverte par le parquet de Paris. Quelques élus, dont la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, condamnent l’agression «avec la plus grande fermeté». Julia, elle, multiplie les interviews dans les médias et raconte son calvaire: «On est en 2019 à Paris, c’est choquant qu’une situation comme cela se produise. L’humiliation est très dure à gérer», confie-t-elle à RTL, avant de porter plainte.

Si la jeune femme de 31 ans a dénoncé le comportement de plusieurs hommes, un seul a été interpellé et renvoyé devant le tribunal. «La justice a réussi à en identifier un. Par souci de rapidité, elle n’est pas allée plus loin, estimant sûrement que cela suffisait pour avoir un procès symbolique», pense l’avocat des parties civiles, Me Étienne Deshoulières. Regrette-t-il l’absence d’autres suspects? «Non, car le plus important, c’est que ce message passe: dès qu’il y aura une agression homophobe ou transphobe, il y aura un procès», répond-il. Selon le rapport annuel 2018 de l’association SOS Homophobie, 186 personnes transgenres ont signalé en France en 2017 une agression en raison de leur identité de genre.

Du prévenu, on sait peu de choses, si ce n’est qu’il s’agit d’un Algérien sans-papiers, présent en France depuis 18 mois. Sur la vidéo, il a été identifié en train de toucher les cheveux de la victime puis lui porter des coups. En garde à vue, il a reconnu les faits. «C’est un pauvre jeune qui a agi par rapport à sa culture d’origine», pense une source judiciaire. «En Algérie, l’homosexualité est pénalement répréhensible. Lorsqu’il a été arrêté, il était perdu, il n’a rien compris de ce qu’on lui reprochait». Selon nos informations, le mis en cause, actuellement en détention provisoire, était déjà connu des services de police pour avoir commis des délits. «Il regrette profondément ce qu’il s’est passé», assure son avocate Me Mariame Touré. «Il était en pleine manifestation, comme d’autres personnes présentes, il a été surpris de voir la victime. Les moqueries ont fusé et il y a eu un effet d’entraînement», plaide-t-elle, demandant une peine pédagogique.

Sur ce point, les parties civiles seront d’accord avec la défense. La victime et les associations ne souhaitent pas une peine d’enfermement. «L’objectif de Stop Homophobie est de sensibiliser la société, pas d’envoyer les gens en prison», fait savoir Me Deshoulières, qui compte demander une peine de travaux d’intérêt général. «L’objectif est que la personne qui a commis une infraction homophobe ou transphobe comprenne les souffrances vécues par les victimes en assistant à des stages au sein d’associations LGBT», précise l’avocat.

À la veille de l’audience, Julia se dit «stressée» car «c’est la première fois» qu’elle va se rendre à un procès. «J’ai de la colère mais pas de haine», confie-t-elle au Figaro. Depuis l’agression, elle dit avoir perdu confiance en elle et continue d’essuyer des insultes, notamment dans la rue ou dans le cadre de son travail. «Je sens que je dérange, que mon apparence pose problème et ce n’est pas forcément facile à gérer», rapporte Julia. Pour autant, ce malheureux épisode lui a donné envie de s’engager contre les discriminations envers les personnes LGBT. Elle nous annonce qu’elle va être chargée d’une commission au sein de Stop homophobie pour accompagner psychologiquement et juridiquement des victimes de transphobie. «Je vais continuer le combat, on n’a pas fini d’entendre ma voix», prévient-elle dans un sourire.

À ce moment-là, Julia ne le sait pas mais la scène est en partie filmée et la vidéo envoyée à l’association Stop homophobie, qui relaie les images sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, de nombreux Internautes dénoncent une agression transphobe et une enquête est rapidement ouverte par le parquet de Paris. Quelques élus, dont la secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, condamnent l’agression «avec la plus grande fermeté». Julia, elle, multiplie les interviews dans les médias et raconte son calvaire: «On est en 2019 à Paris, c’est choquant qu’une situation comme cela se produise. L’humiliation est très dure à gérer», confie-t-elle à RTL, avant de porter plainte.

Si la jeune femme de 31 ans a dénoncé le comportement de plusieurs hommes, un seul a été interpellé et renvoyé devant le tribunal. «La justice a réussi à en identifier un. Par souci de rapidité, elle n’est pas allée plus loin, estimant sûrement que cela suffisait pour avoir un procès symbolique», pense l’avocat des parties civiles, Me Étienne Deshoulières. Regrette-t-il l’absence d’autres suspects? «Non, car le plus important, c’est que ce message passe: dès qu’il y aura une agression homophobe ou transphobe, il y aura un procès», répond-il. Selon le rapport annuel 2018 de l’association SOS Homophobie, 186 personnes transgenres ont signalé en France en 2017 une agression en raison de leur identité de genre.

Du prévenu, on sait peu de choses, si ce n’est qu’il s’agit d’un Algérien sans-papiers, présent en France depuis 18 mois. Sur la vidéo, il a été identifié en train de toucher les cheveux de la victime puis lui porter des coups. En garde à vue, il a reconnu les faits. «C’est un pauvre jeune qui a agi par rapport à sa culture d’origine», pense une source judiciaire. «En Algérie, l’homosexualité est pénalement répréhensible. Lorsqu’il a été arrêté, il était perdu, il n’a rien compris de ce qu’on lui reprochait». Selon nos informations, le mis en cause, actuellement en détention provisoire, était déjà connu des services de police pour avoir commis des délits. «Il regrette profondément ce qu’il s’est passé», assure son avocate Me Mariame Touré. «Il était en pleine manifestation, comme d’autres personnes présentes, il a été surpris de voir la victime. Les moqueries ont fusé et il y a eu un effet d’entraînement», plaide-t-elle, demandant une peine pédagogique.

Source : Le  Figaro 

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