Étudiants et enseignants manifestent à Alger ce mardi 21 mai contre l’élection présidentielle prévue le 4 juillet, afin de nommer un successeur à Abdelaziz Bouteflika. L’armée cherche de son côté à empêcher les rassemblements dans le centre de la capitale et appelle au respect du calendrier de la présidentielle.

Quelque 2 000 étudiants et enseignants manifestent ce mardi à Alger pour réaffirmer leur rejet de la présidentielle prévue le 4 juillet, au lendemain des veto opposés à la contestation par l’armée, désormais au centre du jeu politique.

Face à un fort déploiement policier les empêchant de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l’Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège, les étudiants se sont rendus devant le Palais du gouvernement, siège des services du Premier ministre et du ministère de l’Intérieur.

Devant le bâtiment, bouclé par les forces de l’ordre, de brèves échauffourées ont éclaté avec les policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène pour repousser les étudiants. Ceux-ci ont fini par faire demi-tour et continuent en début d’après-midi à marcher dans les rues du centre d’Alger, selon le journaliste de l’AFP.

« Un État civil, pas un État militaire »

« Pas d’élections, bande de mafieux », « un État civil, pas un État militaire », scandent-ils notamment. Plusieurs slogans visent directement le chef d’état major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, tels que « Gaïd Salah dégage ! » et « Peuple et armée sont frères, mais Gaïd Salah avec les traîtres ».

Devenu de facto l’homme fort du pays depuis la démission le 2 avril, après 20 ans à la tête de l’Etat, du président Abdelaziz Bouteflika, sous les pressions de la rue et de l’armée, le général Gaïd Salah a à nouveau opposé lundi, dans un discours, une fin de non-recevoir aux deux principales revendications du mouvement dont l’Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Il a ainsi demandé le maintien de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika et estimé « irraisonnable » et « dangereux » la revendication d’un départ préalable des personnalités du « système » au pouvoir.

Des étudiants manifestent également dans plusieurs villes universitaires, à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou, Bouira  – dans la région de Kabylie (nord) – ou encore Sétif (nord-est), Sidi Bel Abbès, Mostaganem et Tlemcen (nord-ouest).

Source : AFP 

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