C’est la question qui revient sur toutes les lèvres. Que doit-on faire de ce scrutin présidentiel qui est prévu le 04 juillet prochain ? Les uns jugent ce scrutin « impossible », d’autres estiment qu’il est encore « nécessaire » en dépit des manifestations organisées par des millions d’Algériens chaque vendredi. 

Partant de ce constant, ce scrutin présidentiel devient « utopique  » dans la mesure où  » plus personne »  n’y croit, a déclaré vendredi soir, Sofiane Chioukh, membre de l’Instance présidentielle du Front des Forces socialistes (FFS), réitérant le soutien du parti aux revendications populaires.

« Le rendez-vous du 4 juillet est utopique, plus personne n’y croit. L’idée est de prendre le temps, sans s’éterniser pour autant, afin de trouver des solutions pérennes, à savoir l’installation d’institutions solides et représentatives des Algériens et d’aller à des élections crédibles et transparentes » , a déclaré le Pr Chioukh , à la presse, en marge d’une rencontre nationale avec les élus locaux du parti, consacrée à l’examen de la crise politique actuelle.

Le Pr Chioukh a, à ce propos, tenu à relever que « les solutions politiques proposées par le FFS depuis 1963, et face auxquelles le pouvoir a toujours été autiste, sont actuellement à l’ordre du jour », à travers les revendications de la rue, rappelant notamment celles liées à l’ouverture d’une Conférence nationale de consensus devant aboutir à « un projet national qui réponde aux aspirations de tous les Algériens « . De même que la mise en place d’une II éme République ainsi qu’une Constituante représentative des différents courants politiques et souverainement élue par le peuple.

D’autres formations politiques ne partagent pas la vision du FFS. A titre d’exemple, le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli a appelé récemment le peuple à participer massivement aux prochaines élections présidentielles du 18 avril prochain. Sahli va jusqu’à appeler à « barrer la route aux prêcheurs du boycott et perturbateurs ». La prochaine élection est une opportunité pour « unir davantage les 40 millions algériens face aux défis qui interpellent la société et montrer aux sceptiques par leur participation forte au scrutin qu’ils détiennent la souveraineté », estime le même politicien.
Cependant, force est de constater que l’analyse de Belkacem Sahli est encore très marginale au sein de la scène politique algérienne. Preuve en est, Ali Benflis a adopté une position très sévère vis-à-vis du scrutin présidentiel, prévu le 4 juillet prochain. « Rien n’a changé ni dans l’arsenal juridique ni dans le régime électoral, en plus de l’absence d’une instance indépendante pour superviser l’opération électorale », avait-il affirmé récemment lors d’une tonitruante sortie médiatique. « Notre position est celle du peuple algérien qui rejette cette élection », a-t-il ajouté.
C’est dire enfin que ces élections présidentielles sont, malheureusement, compromises. Et leur crédibilité n’est guère un acquis dont peut se prévaloir les autorités algériennes.

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