A la fin du mois d’octobre 2018, plusieurs journalistes, artistes, blogueurs et même un joueur de football, ancienne gloire de l’équipe nationale, ont été arrêtés, malmenés et puis emprisonnés arbitrairement dans le sillage de ce qu’on avait appelé à l’époque l’affaire du « réseau d’Amir Dz ». Ces personnalités ont été accusées à tort d’avoir exercé du chantage à l’égard de plusieurs hommes d’affaires ou dirigeants politiques en instrumentalisant la notoriété de la Page Facebook d’Amir Dz. 

Quelques semaines plus tard, les Algériens ont découvert que cette affaire a été montée de toutes pièces pour condamner à la prison des personnalités qui dérangeaient des cercles et lobbys influents. Aujourd’hui, Algérie Part va vous raconter les véritables dessous de ce scandale qui avait pris une dimension nationale en raison de l’implication de plusieurs figures journalistes ou artistiques célèbres dans notre pays. Nos investigations vont dévoiler à travers cette affaire le véritable visage sinistre de certains lobbys malveillants qui ont détourné à leur profit la décision politique.

Tout a commencé au début du mois d’octobre 2018. Lors d’une soirée organisée sur un yacht, au charmant Port de la Madrague, un luxueux yacht appartenant à un milliardaire surnommé à Alger « Said Mhirka », plusieurs richissimes hommes d’affaires algériens se sont rencontrés pour se « divertir » et aborder un sujet épineux : l’étalage scandaleux de certaines pages Facebook et de certains médias électroniques qui dérangent au plus haut point les richissimes oligarques.

Lors de cette soirée arrosée, il y avait du beau monde sur le yacht prestigieux stationné au port de la Madrague. On comptait Ali Haddad, Mohamed Bairi, et d’autres businessmans aussi riches les uns que les autres. Parmi ces oligarques, on remarquait un autre invité : le colonel Mourad Zaghdoudi, le patron de la brigade de recherches de Bab Jedid. Cet officier supérieur de la gendarmerie algérienne est très proche de ces hommes d’affaires et influents oligarques. A ce titre, pendant cette soirée, Ali Haddad a demandé au colonel Zaghoudi de convoquer les amis et proches du cyber-activiste Amir Dz pour se venger contre ce facebooker lequel venait de publier des photos compromettantes sur le fils du patron de l’ETRHB. Le colonel Zaghdoui rétorque clairement qu’il ne peut pas toucher à « des artistes ou journalistes » sans l’aval de son supérieur hiérarchique, à savoir le général Ghali Belkecir, le commandant de la Gendarmerie Nationale.

Ali Haddad décide à la fin de cette soirée d’appeler Saïd Bouteflika. Le milliardaire qui croupit en ce moment à la prison d’El-Harrach a déployé toute sa ruse pour manipuler le conseiller et frère de l’ex Président Bouteflika. Ali Haddad est allé jusqu’à raconter que la page Facebook d’Amir Dz n’est qu’un instrument d’influence utilisé par le milliardaire Mahieddine Tahkout, ennemi juré d’Ali Haddad, pour nuire à ses adversaires. Le patron de l’ETRHB a persuadé Saïd Bouteflika que Tahkout envisage de financer Amir Dz et plusieurs autres journalistes ou blogueurs influents pour torpiller les projets du clan présidentiel en prévision des élections du 18 avril 2019, le scrutin électoral annulé à la suite des manifestations grandioses du mouvement algérien.

Pendant ce temps-là, informé des manœuvres d’Ali Haddad, Anis Rahmani, patron d’Ennahar TV, prend attache lui-aussi avec Saïd Bouteflika et lui répète le même discours : Le milliardaire Tahkout est à la tête d’un lobby de journalistes et blogueurs influents qui pourraient menacer le clan présidentiel. A cette époque-là, Anis Rahmani et Mahieddine Tahkout se livraient à une guerre froide ouverte à cause du dossier de la Trust Bank, la banque que le patron d’Ennahar TV voulait protéger en raison de ses liens très étroits et privilégiés avec ses dirigeants.

Inquiet et influencé par ce qu’on lui faisait parvenir, Saïd Bouteflika appelle le général Belkecir et Tayeb Louh, l’ex-ministre de la Justice, pour leur réclamer d’ouvrir une enquête. Le général Ghali Belkecir ordonne, par la suite, au colonel Mourad Zaghdoui d’entamer les démarches nécessaires pour neutraliser le « réseau d’Amir Dz ». Les premières arrestations et convocations ont ciblé Bilal Tahkout, le fils de Mahieddine Tahkout, et le rappeur Réda City 16. Les comédiens Kamel Bouakaz, Mister AB et les journalistes Adlène Mellah, Abdou Semmar et Merouane Boudiab feront les frais de cette campagne d’arrestation inscrite dans un jeu de pouvoir entre oligarques et dirigeants algériens. Anis Rahmani avec sa chaîne de télévision Ennahar TV s’est chargé de mener un inédite campagne de dénigrement et de lynchage médiatique pour tenter d’imposer à l’opinion publique la culpabilité définitive de ces personnalités.

Sans respecter la moindre procédure légale, Ghali Belkecir et Tayeb Louh vont inculper toutes les personnes interpellées pour les emprisonner arbitrairement croyant rendre service à Saïd Bouteflka et au clan Présidentiel. Or, ce dernier découvre l’ampleur de la catastrophe une semaine après lorsque les réseaux sociaux s’enflamment autour de l’affaire dite du réseau « d’Amir Dz ». Un rapport présenté par Bachir Tartag, à l’époque le coordinateur des services secrets, a dévoilé à Saïd Bouteflika toutes les manipulations outrancières du général Belkecir et de Tayeb Louh.

Le frère et conseiller d’Abdelaziz Bouteflika intervient rapidement pour sauver les meubles et corriger une injustice catastrophique provoquée par l’inconscience de l’ex-ministre de la Justice et du commandant de la Gendarmerie Nationale. L’opinion publique algérienne fut choquée par cette vague d’arrestations sans précédent et la colère populaire n’avait pas cessé de gronder dans les rues.

Tous les journalistes, artistes ou sportifs ont été libérés un mois après leur incarcération. Mais le dossier est toujours resté en suspens au niveau de la justice qui ne sait plus quoi faire pour le clôturer. Après le départ de Tayeb Louh, son remplaçant essaie maintenant de couvrir son prédécesseur et de protéger Ghali Belkecir qui est à l’origine de plusieurs graves violations des droits civiques de citoyens algériens pour fomenter une affaire insensée et irrationnelle. La justice, tôt ou tard, devra juger les vrais coupables et réhabiliter les vraies victimes…

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