Rebrab est en prison. Louisa Hanoune est en prison. Le général Hocine Benhadid est placé en détention. Plusieurs autres personnalités et décideurs influents ont été interpellés et emprisonnés comme Saïd Bouteflika, le frère d’Abdelaziz Bouteflika. Mais, Ahmed Ouyahia survit toujours. L’homme semble même capable de s’en sortir en dépit de tous les dossiers qui traînent contre lui. 

La planche à billets, les projets de privatisation des grosses entreprises de l’Etat au profit des oligarques, les complots politiques contre les opposants, la répression des militants de la démocratie, les transferts de devises et crédits bancaires douteux, etc., nous retrouvons le nom d’Ahmed Ouyahia dans tous ces dossiers et d’autres encore. L’ex-Premier ministre, poids lourd du régime algérien pendant plus de 30 ans, est impliqué jusqu’au cou dans plusieurs affaires scabreuses qui ont ralenti, pour ne pas dire, saboté le développement du pays.

Et pourtant, Ouyahia a réussi à se faire oublier. Excepté une seule convocation devant les juges du tribunal d’Abane Ramdane à la fin du mois d’avril dernier, Ahmed Ouyahia n’a pas été traqué ni pourchassé. Les manifestants algériens réclament, tout de même, sa tête depuis de nombreuses semaines. Le pouvoir actuel ne répond toujours pas à cette aspiration. Ahmed Ouyahia va-t-il survivre à cette purge menée au sein du sérail algérien ?

De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour exprimer leur crainte. Le renard Ouyahia tente le tout pour le tout afin de sauver sa peau. Il s’échine à conserver sa position au sein du RND. Il fait semblant de soutenir l’institution militaire tout en diabolisant ses anciens maîtres les Bouteflika. Aux Algériens, il essaie de se présenter comme un patriote qui se remet en cause. A force d’empiler les bobards, les Algériens ont fini par perdre leur incrédulité. Ouyahia est le symbole par excellence du régime algérien. Il en résume sa quintessence.

Ne pas le poursuivre, l’incriminer ou le clouer au pilori démontre que le régime algérien ne s’est pas encore effondré. Et s’il est encore en « vie », cela signifie que des personnes bien placées tentent de le protéger. C’est une manœuvre très dangereuse  car l’Algérie de demain ne peut pas se construire avec les résidus de l’Algérie d’hier. Et cette Algérie dictatoriale et corrompue, Ahmed Ouyahia en est l’ambassadeur le plus chevronné.

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