Alors que de nombreux anciens ministres, oligarques et anciens hauts responsables du régime de Bouteflika sont inquiétés par les enquêtes des services de sécurité ou de la justice, Tayeb Louh, ex-ministre de la justice, jouit d’une étrange tranquillité. Et pourtant, ce dirigeant a été l’un des piliers du régime vermoulu combattu par les Algériens pendant près de 30 ans. 

En vérité, Tayeb Louh jouit, surtout, du soutien et de la protection d’un homme qui s’accroche encore au pouvoir. Il s’agit du général Ghali Belkecir, le commandant de la gendarmerie nationale. Ce général qui vit aux crochets de l’institution militaire alors qu’il est vilipendé par des pans entiers des millions de manifestants algériens sortis chaque vendredi dans les rues du pays, exerce un très fort lobbying auprès de l’Etat-Major de l’ANP pour ne pas incriminer Tayeb Louh dans des affaires de corruption traitées en ce moment par les services de sécurité.

Ghali Belkecir et Tayeb Louh entretiennent une longue amitié qui date depuis une dizaine d’années. L‘épouse du commandant de la Gendarmerie Nationale, la présidente de la Cour de Tipaza, est une vieille amie du général Belkecir. Les deux hommes ont pactisé ensemble pour tisser une alliance stratégique qui devait leur permettre de gravir les échelons au sein du régime algérien. Le premier espérait atteindre les sommets de l’institution militaire, le deuxième nourrissait des ambitions présidentielles et pensait un jour pouvoir succéder à Abdelaziz Bouteflika. Fort heureusement, le « Hirak » a bousculé ce plan diabolique qui aurait pu mettre l’Algérie dans une très mauvaise posture.

Au mois d’octobre 2018, le général Ghali Belkecir et Tayeb Louh avaient mis en place une stratégie de terreur pour se positionner dans la course aux élections présidentielles du 18 avril 2019. Des journalistes, humoristes et sportifs ont été emprisonnés injustement dans le cadre d’une affaire montée de toutes pièces dans la seule optique de détourner l’attention de l’opinion publique sur des manoeuvres politiques scélérates au sein du sérail.

A cette époque-là, Tayeb Louh voulait s’emparer du FLN pour préparer sa candidature aux élections présidentielles. Et Ghali Belkecir espérait succéder à Ahmed Gaïd Salah à la tête de l’Etat-Major de l’ANP. Le duo va échouer magistralement et l’histoire en marche risque de les rattraper bientôt pour leur réclamer des comptes.

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