L’Algérie pays des miracles où les projets sont budgétisés pour dépenser des sommes colossales sans le moindre contrôle financier transparent et digne de ce nom. Alors que la réalisation du plus grand Data-Center en Europe, une infrastructure futuriste située au Portugal,  n’a pas dépassé les 90 millions d’euros, les autorités algériennes ont voulu accorder plus de 162 millions de dollars pour construire un simple Data-Center à Lakhdaria dans la wilaya de Bouira. L’enveloppe budgétaire décidée au début de l’année 2018 pour ce projet a été énormément « gonflée » pour donner lieu à des malversations financières troublantes. 

Des malversations que la première responsable du secteur, à savoir Houda Imane Feraoun, la ministre de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication ne pouvait ignorer. Et pour cause, nous avons obtenu au cours de nos investigations des documents exclusifs démontrant que le gouvernement algérien et son premier-ministre ont été alertés au sujet du surcoût douteux de ce projet considéré comme stratégique pour le développement numérique de notre pays.

Ces documents proviennent de la Société d’Investissement Hôtelière (SIH), une entreprise publique placée directement sous l’égide du Premier-ministre. Dirigée depuis sa création durant les années 90 par Hamid Melzi, le haut commis de l’Etat qui est emprisonné en ce moment à la prison d’El-Harrach, la SIH a confectionné tout un rapport général sur les anomalies de ce marché de réalisation d’un data-center à Lakhdaria, un marché attribué de manière troublante et sulfureuse au groupe PCCW Global, une entrepris basée à Hong Kong. Le rapport en notre possession démontre que la SIH avait prévenu le gouvernement que le groupe PCCW Global a été avantagé par Houda Imane Feraoun et ses conseillers alors que son offre était supérieure d’au moins 40 % aux prix du marché mondial !

Nos documents indiquent enfin que l’offre du groupe PCCW Global a été retenue alors que des phases importantes dans la réalisation du data-center ont été exclues du devis présentée par l’entreprise basée à Hong Kong aux autorités algériennes. C’est ce qui explique certainement le coût anormalement élevé de ce marché. Oui, anormalement élevé car pour beaucoup moins cher que ça, d’autres Data-Centers beaucoup plus modernes et sophistiqués ont été réalisés et réceptionnés ailleurs dans le monde comme le data-center BHS, l’un des plus puissants dans le monde entier, réalisé dans la banlieue de Montréal pour à peine 127 millions de dollars. En réalité, ce projet aurait pu coûter à peine 63 millions de dollars comme il a été démontré par nos investigations dans une précédente enquête publiée sur notre site. L’Etat algérien aurait donc économisé des devises précieuses dans ces temps de crise.

Mais s’agit-il uniquement d’un scandale de mauvaise gestion et de gaspillage ? Non, loin s’en faut. Des relations troublantes lient l’entourage de la plus jeune ministre du gouvernement à ce groupe international établi à Hong Kong. Des soupçons de corruption sont évoqués et nous poursuivons toujours nos investigations pour les confirmer par des documents et des preuves matérielles.

 

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