L’emprisonnement de Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), est un tournant majeur en Algérie. Cet événement peut basculer l’Algérie dans une nouvelle configuration politique encore plus dangereuse que celle qui prévalait à l’époque du régime de Boutelika. 

Le parti des Travailleurs a totalement raison de dénoncer dans un communiqué « un acte de criminalisation de l’action politique indépendante » et « une mesure contre le peuple algérien et sa mobilisation révolutionnaire entamée depuis le 22 février ».

Plusieurs acteurs de la société civile se sont inquiétés de l’arrestation de Louisa Hanoune, estimant qu’il s’agissait d’une preuve de la volonté du système politique de se maintenir. La ligue de défense des droits de l’Homme a appelé également à « maintenir la mobilisation ».

Même les citoyens ordinaires désapprouvent la brutalité de l’emprisonnement de Louisa Hanoune.   « Toutes ces arrestations, j’estime que ce sont des règlements de compte, déclare Safia, jeune fonctionnaire. Nous souhaitons un vrai changement. Ce que je crains, c’est que le régime se régénère, sous une autre forme. Il faut continuer à se mobiliser, mais c’est certain : les gens sont fatigués », explique cette citoyenne dans un témoignage recueillie par la correspondante algérienne de la télévision belge la RTBF.

« On va certainement assister à une volonté de faire tomber des têtes pour montrer qu’il y a une volonté de renouvellement, de changement, et à une éviction progressive de tous ces personnages qui ont assisté, accompagné Bouteflika ces vingt dernières années », prédisait le 26 mars dernier, dans un entretien à Mediapart, le spécialiste du Maghreb Luis Martinez alors que l’armée et son chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, pur produit du régime, venaient de lâcher le désormais ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika (qui sera contraint à la démission quelques jours plus tard le 2 avril).

Tout indique donc que cette purge risque de se poursuivre dans les jours à venir. Et de nouvelles personnalités seront, sans doute, auditionnées par le tribunal militaire de Blida. Les Algériens devraient rester vigilants face à cette purge programmée d’en haut. Le changement, le vrai, est une bataille qui n’a pas été encore remportée.

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