Incroyable et choquant ! Louiza Hanoune, la présidente du parti des Travailleurs (PT), a été incarcérée à la prison militaire de Blida à la suite sa convocation dans le cadre de la poursuite de l’enquête ouverte contre Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Said Bouteflika.

Cette nouvelle a suscité l’étonnement général en Algérie alors que des sources proches du ministère de la Défense nationale ont affirmé ce jeudi que Louisa Hanoune est bel et bien citée « Dans le cadre de la l’enquête ouverte contre Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Said Bouteflika, poursuivis pour atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat ». Partant de ce principe, le juge d’instruction militaire près le Tribunal militaire de Blida a convoqué  Louisa Hanoune pour être entendue concernant les faits ». D’après plusieurs sources concordantes, Louisa Hanoune était convoquée ce jeudi en tant que « témoin ».

Il est clair que la Justice militaire a totalement le droit de convoquer n’importe politicien ou politicienne en Algérie. Nul n’est au-dessus des lois. Les juges du tribunal militaire de Blida ont le droit de réclamer des explications et auditionner Louisa Hanoune dans le cadre de cette troublante affaire de « complot contre l’Etat ».

Mais comment en une seule journée Louisa Hanoune est passée du statut de « témoin » à celui de « présumée coupable » ? En quoi Louisa Hanoune aurait pu contribuer dans « un complot contre l’Etat » ? Il est de notoriété publique que Louisa Hanoune connaissait le Général Toufik, l’ex-patron du DRS, le principal suspect dans cette affaire politique qui est traitée en ce moment par le tribunal militaire de Blida.

Mais connaître ou entretenir des liens d’amitié avec le général Toufik est-il un « crime en soi » ? En toute logique, les amis et connaissances du général Toufik ne peuvent pas tenus comme responsables des agissements ou comportements suspects de l’ex-patron du DRS.

Plusieurs sources concordantes ont fait savoir à Algérie Part que Louisa Hanoune a participé à des rencontres officieuses organisées par Saïd Bouteflika pour étudier des issues raisonnables à la crise provoquée par les énormes manifestations des Algériens contre le régime de Bouteflika. Ces pourparlers politiques ne peuvent en aucun cas relever de la « trahison » ni d’une quelconque participation à un « complot contre l’Etat ».

A moins que la justice militaire ne détienne des informations compromettantes contre la personne de Louisa Hanoune. Dans ce cas-là, elle est tenue de communiquer rapidement aux algériens les charges qui pèsent contre une militante politique et présidente d’un parti fidèle aux valeurs du patriotisme. L’institution militaire est invitée à revoir rapidement ses calculs. Cette « brutalité » envers des personnalités politiques risque de menacer dangereusement la stabilité politique de notre pays. Et demain vendredi, les Algériens ne vont certainement pas se taire face à ces comportements incompréhensibles.

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