L’homme a disparu des radars. Et pourtant, il y a à peine quelques mois, cet homme narguait les Algériens et soumettait tous les juges de notre pays à l’arbitraire le plus scélérat. Cet homme s’appelle Tayeb Louh, l’ogre qui a ruiné la justice algérienne de toute sa substance existentielle et morale. Entre le 11 septembre 2013 au 31 mars 2019, période de son règne sur ce secteur clé de notre pays, Tayeb Louh a offert une véritable immunité aux plus grands corrompus du régime. 

Tayeb Louh est le véritable gardien du temple. Les dossiers de corruption abandonnés dans les tiroirs de nos tribunaux, c’est lui. Les grosses affaires de malversations financières étouffées et passées sous silence, c’est lui. L’impunité cruelle des corrompus et pilleurs de nos richesses nationales, c’est lui. L’emprisonnement arbitraire des opposants, journalistes indépendants et simples Facebookers assoiffés de liberté, c’est lui. Les verdicts arrangés qui chérissent les plus forts au détriment des plus faibles, c’est lui.

Oui, Tayeb Louh est certainement l’un des pires symboles de ce régime algérien que combattent des millions de manifestants dans la rue. Et pourtant, personne ne cherche après lui. Aucune autorité ne l’a encore inquiété, ni convoqué pour le traduire devant la Justice. Celle-là même qu’il avait souillé de ses fioritures. Ses crimes sont, pourtant, très nombreux.

A l’époque de Tayeb Louh, certains magistrats siégeant au Conseil Supérieur de la Magistrature usaient de leur pouvoir pour faire muter leurs proches sans qu’ils y aient le moindre droit. Tayeb Louh avait effectué un mouvement au sein du corps des magistrats le 30 décembre 2018 alors que la moitié des membres du conseil supérieur de la magistrature n’étaient pas aptes à y siéger puisque on a mis fin à leurs fonctions par décret présidentiel le 13 décembre 2018. 
A l’époque de Tayeb Louh, des magistrats de la Cours Suprême qui dérangeaient le ministre de la Justice et sa bonde ont été radiés et certains n’avaient plus le droit d’exercer leurs fonctions et ils étaient contraints d’attendre leur mise à la retraite pendant des années.
A l’époque de Tayeb Louh, la justice algérienne fut quasiment « privatisée ». Preuve en est, Yacine Benhachem, le fils de l’ex-inspecteur général du ministère de la Justice Tayeb Benhachem, multipliait les interventions pour nommer des juges à des postes influents comme président de tribunal, procureur de la République ou juges d’instruction !
Ces faits, et tant d’autres encore, démontrent toute la dimension maléfique du sinistre Tayeb Louh, l’un des piliers du régime de Bouteflika. Cet homme qui court toujours en liberté ne mérite-t-il pas de se retrouver sur le banc des accusés ? Certainement oui. Et les Algériens ne vont pas l’oublier. Tayeb Louh ne réussira pas à échapper à la colère populaire.

 

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