Les images sont hallucinantes. En Algérie, comme à l’étranger, personne n’aurait pu prédire une fin aussi tragique pour Saïd Bouteflika, le frère de l’ex-Président Abdelaziz Bouteflika, et puissant décideur de l’ombre au Palais Présidentiel d’El-Mouradia durant ces 7 dernières années. 

Et pourtant, ces images ont confirmé l’information qui a été rapportée par Algérie Part samedi en fin de journée. Beaucoup d’Algériens ont cru à une blague, voire une mise en scène ou pire une Fake News pour manipuler l’opinion publique et détourner l’attention du mouvement populaire. Mais, en vérité, l’information de l’arrestation de Saïd Bouteflika, Bachir Tartag, ex-coordinateur de la D.S.S, ainsi que le général Toufik, l’ex-patron du DRS, était bel et bien un fait fondé et concret. Ce dimanche 05 mai, l’institution militaire a permis à l’ENTV de diffuser des images exclusives qui retracent la présentation de ces trois puissants dirigeants, de véritables piliers du régime algérien pendant près de 30 ans, devant le tribunal militaire de Blida.

L’événement a estomaqué les Algériens. Mais pas que les Algériens. A l’étranger, ces images ont fait le tour du monde. En France, de France 24 jusqu’à l’Express en passant par presque tous les médias lourds, cette information a été diffusée et massivement commentée. Pour Libération, un prestigieux quotidien, la de l’arrestation de Saïd Bouteflika « pressentie ». Saïd Bouteflika « est même soupçonné d’avoir pris des décisions en lieu et place de son frère, raison pour laquelle son nom est régulièrement cité lors des manifestations », explique le même quotidien français.

En revanche, pour le Figaro, autre grand quotidien français au rayonnement international, l’arrestation de Saïd Bouteflika est un véritable « Coup de théâtre à Alger ». « C’est un véritable séisme politique qui intervient comme une concrétisation des menaces du chef de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui avait dénoncé dans un de ses discours la «bande» qui aurait usurpé le pouvoir présidentiel », a analysé à ce propos le Figaro.

Les autres médias internationaux n’ont manqué de mettre en relief de ce bouleversement politique que vient de vivre l’Algérie. Euronwes, la grande chaîne d’information européenne, a rendu public un décryptage détaillé de cet événement très complexe. En Russie, l’agence Sputniknews a largement diffusé les images de l’arrestation et l’incarcération de Saïd Bouteflika ainsi que les généraux-majors de Toufik et Tartag.

En Liban, le grand quotidien L’Orient le Jour a rappelé que Saïd Bouteflika était « le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l’accident vasculaire cérébral dont a été victime son frère Abdelaziz en avril 2013 ». En Tunisie, la presse tunisienne ne s’est pas retenue pour commenter ce qui vient de se produire en Algérie. Ainsi, pour la presse tunisienne, ces arrestations sont « une véritable purge menée au sein du clan présidentiel ».

Au Canada, le quotidien francophone le Devoir a mis en exergue enfin le nouveau rôle que le chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, est devenu « l’Homme fort de facto du pays depuis qu’il a lâché l’ex-président, dont il avait été un fervent soutien dans le passé, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, entretient des relations houleuses avec le général « Toufik ». »

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