Air Algérie est plus que jamais en danger. La compagnie aérienne nationale est minée depuis plusieurs jours par les conflits internes et les luttes claniques qui provoquent de dangereux dysfonctionnements. Des hauts responsables d’Air Algérie instrumentalisent des syndicats et leurs collègues dans une guerre larvée pour prendre le pouvoir et ses… privilèges. Explications. 

Tout a commencé par une lettre anonyme envoyée à plusieurs médias algériens au nom  du Syndicat National du Personnel Navigant Commercial (SNPNC). Cette lettre rapporte de nombreuses pratiques scandaleuses impliquant des proches du PDG d’Air Algérie. Or, il semble que ce document émane de membres dissidents du SNPNC. Et l’instance dirigeante de ce syndicat a rendu public un communiqué où elle décline toute responsabilité par rapport au contenu de cette lettre parvenue à certains médias algériens. Une plainte a même été déposée pour faux et usage de faux comme l’indique ce communiqué.

Ceci dit, les déboires d’Air Algérie ne se réduisent pas à cette guéguerre entre syndicats. Nous avons découvert au cours de nos investigations de nombreux scandales qui font froid dans le dos. En effet, à l’époque de Boukhari Nacer Eddine, l’ex-Directeur des Opérations Aériennes d’Air Algérie de 2014 jusqu’à mai 2017, le favoritisme a gangrené profondément le recrutement du personnel de la compagnie battant pavillon national.

En effet, la commission de recrutement du personnel naviguant et commercial (PNC) a été tout bonnement supprimée par Boukhari Nacer Eddine, a-t-on appris au cours de nos investigations. Par conséquent, plus de 480 hôtesses et stewards ont été recrutés entre 2015 et 2016 par « téléphone » et suivant des critères qui obéissent à des considérations purement mercantiles ou personnelles.

Par ailleurs, à l’époque de Boukhari Nacer Eddine, de nombreux fils de hauts responsables politiques ont été recrutés en tant que pilotes avec des facilités déconcertantes. Il en est ainsi du fils du général-major Mohamed Bouzit alias « Youcef ». Après avoir bénéficié d’un traitement de faveur qui avait choqué les travailleurs d’Air Algérie, le général Youcef, l’un des plus anciens hauts responsables des services secrets, est intervenu rapidement pour retirer son fils de ce traquenard. Nous avons découvert également que le fils de Nourredine Bedoui, l’actuel Premier-ministre, l’un des symboles de l’ancien régime des Bouteflika, a été recruté à l’époque de Boukhari Nacer Eddine.

Ces recrutements complaisants ont été gérés par Kouribech Djamel, l’homme qui était responsable de la formation au sein de la direction des opérations aériennes d’Air Algérie. Ce dirigeant était le responsable des accords et relations nouées entre Air Algérie et la prestigieuse académie de formation des pilotes d’Oxford. Récemment mis à la retraite, Kouribech Djamel est un ami intime à Boukhari Nacer Eddine.

L’épouse de ce dernier travaille aussi au sein d’Air Algérie en qualité de hôtesse de l’air. Et en tant qu’épouse d’un haut responsable d’Air Algérie, madame Boukhari a longtemps bénéficié d’un programme taillé sur mesure pour lui permettre de travailler à bord des « vols préférentiels », à savoir ces vols qui relient Alger aux villes les plus prestigieux du monde comme Londres ou Montréal. Elle avait même un chauffeur personnel lorsque son mari était encore directeur des opérations aériennes d’Air Algérie.

Ces privilèges indécents ne sont qu’une preuve qu’Air Algérie a été gangrenée depuis de longues années par un cancer dangereux qui l’empêche de s’imposer comme une compagnie aérienne rentable et crédible. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur ce sujet avec de nombreuses révélations dans ses prochaines investigations.

Droit de réponses : 

A la suite de la publication de notre article intitulé « Manipulation, favoritisme et privilèges indécents : le cancer qui gangrène Air Algérie », nous avons reçu un droit de réponse émanant de Boukhari Nacer Eddine. Par souci de déontologie, nous le publions tel quel sans lui apporter le moindre rectificatif afin que les propos de cet ex-haut responsable d’Air Algérie ne soient pas altérés par nos corrections :

« Suite à votre article où vous m’avez mis en cause, que vous dites suite à des investigations,alors que je suis le premier concerné vous ne m’avez  jamais sollicité pour vérifier la véracité de vos informations. Pourquoi cet article maintenant qui veut justement salir ma réputation en ce moment même  je vous laisse juger et faire votre analyse.

Maintenant sur les faits qui mettent ma gestion en cause :

Concernant le recrutement PNC, il a été fait selon la Loi après parution sur la presse nationale de l’avis de recrutement, une commission paritaire de sélection a été installée par le PDG de l’époque MR BOULTIF, dieu merci toutes les personnes qui ont pris part sont vivantes et peuvent confirmer qu’aucun algérien ou algérienne n’a été exclu quelque soit la position de ses parents et sans exagération n’importe quel employé d’air Algérie pourrait le confirmer, par contre les personnes qui ont falsifié leurs documents ont été licenciées.

Concernant les pilotes stagiaires envoyés à Oxford, sachez que la DOA dont j’étais le directeur  prend en charge le dossier des pilotes une fois retenus par Oxford académie pour le suivi pédagogique et MR koribeche a été nommé pour le suivi permanent des stagiaires pilotes, ces derniers sont actuellement en majorité pilotes confirmés et ils peuvent témoigner du sérieux et du degré professionnel de ce dernier.

Concernant maintenant le fils de MR Bédoui, il a été traité de la même manière que tous les autres stagiaires au niveau d’Oxford et mis fin à sa formation après deux échecs successifs au même titre que neuf autres stagiaires,quand au fils de MR Bouzit il n’a jamais figuré sur les listes des pilotes stagiaires à Oxford et j’ai pas le souvenir d’un quelconque scandale concernant cette personne mais peut-être votre source pourrait nous éclairer.

Concernant mon épouse, sachez Monsieur qu’elle n’a jamais bénéficié d’un programme préférentiel les évidences sont vérifiables et en plus dans la majeure partie de cette période elle était en mise en disponibilité après un congé de maternité. 

Sachez enfin qu’a Air Algérie si les faits cités dans votre article étaient vrais les syndicats des travailleurs n’auraient pas attendu quatre ans et changement de deux PDG pour réagir 

Ceci est mon droit de réponse que j’espère sera publié et la vérité rétablit

N.B : je me réserve le droit de porter l’affaire devant la justice 

Nacer Eddine BOKHARI »

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