Les manifestants refusent toujours que l’appareil hérité du président déchu gère la transition et organise la présidentielle devant élire son successeur.

Pas question de lâcher maintenant. De très nombreux Algériens ont à nouveau manifesté à travers l’Algérie pour un 11e vendredi consécutif. Il s’agissait du dernier rassemblement avant le début du mois de jeûne musulman de ramadan durant lequel ils entendent continuer de protester pour démentir les craintes d’essoufflement du mouvement.

Difficile à évaluer précisément faute de chiffres officiels disponibles, la mobilisation reste très forte. Des journalistes de l’AFP ont noté une légère baisse à Alger, où il a plu en matinée.

De nombreux manifestants ont également défilé dans d’autres villes du pays, notamment Oran, Constantine et Annaba, 2e, 3e et 4e villes du pays, selon des journalistes locaux ou des habitants. Dans la région de Kabylie, à l’est d’Alger, des manifestations ont également eu lieu à Tizi-Ouzou ou Bouira, selon un journaliste local et des habitants, mais aussi à Bejaïa, selon les réseaux sociaux. Des manifestations se sont déroulées dans au moins quinze autres régions du pays. À Alger et ailleurs, les manifestants se sont dispersés autour de 17 heures, sans incident signalé.

« Gaïd Salah, dégage ! »

Homme fort de facto du pays depuis qu’il a lâché le président Abdelaziz Bouteflika, dont il était un indéfectible soutien depuis 15 ans, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, était particulièrement visé vendredi par les slogans à Alger et ailleurs.

« Gaïd Salah, dégage ! », ont scandé notamment les manifestants. « Non au pouvoir militaire », pouvait-on lire sur certaines pancartes à Alger. Perçu par la contestation comme un allié quand il a obtenu la démission du chef de l’Etat, son appui désormais réitéré semaine après semaine au processus de transition conformément à la Constitution, dont l’organisation d’une présidentielle le 4 juillet, lui vaut désormais l’inimité de nombreux manifestants.

Les manifestants refusent toujours que l’appareil hérité du président déchu, suspecté d’avoir truqué les scrutins depuis deux décennies, gère la transition et organise la présidentielle devant élire son successeur.

Source : AFP 

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