C’était un projet qui a fait rêver les Algériens. Un projet qui devait enfin offrir à la capitale Alger un véritable parc d’attractions digne de ce nom et conformes aux normes les plus modernes. Malheureusement, le projet de la transformation et rénovation du Parc de loisirs de Ben Aknoun a été saboté et risque de ne plus jamais voir le jour. 

En vérité, ce projet est tombé à l’eau bien avant le limogeage de Hamid Melzi, l’ex-directeur de la Société  d’investissement en hôtellerie (SIH), l’opérateur public chargé de conduire le projet. Algérie Part a obtenu au cours de ces investigations plusieurs documents exclusifs qui dévoilent un véritable scandale d’Etat. Et pour cause, des manœuvres ont été entreprises pour saboter ce méga-projet pour lequel l’Etat devait allouer un budget de 59 milliards de dinars, à savoir les 500 millions de dollars.

Selon nos investigations, les travaux de rénovation et transformation de ce parc de loisirs ont été stoppés depuis plusieurs semaines en raison de plusieurs obstacles administratifs et financiers. Et pourtant, la SIH a dépensé plus de 55 milliards de centimes pour lancer les premiers travaux de transformation et de rénovation. Une enveloppe de 200 milliards de centimes devait être consacrée aux travaux préliminaires que nécessite la rénovation de ce parc laissé à l’abandon depuis de nombreuses années.

Le document obtenu par Algérie Part démontre qu’un véritable processus de sabotage a commencé à l’encontre de ce projet depuis fin janvier 2019. En effet, à cette date-là, Hamid Melzi, le patron de la SIH a adressé une correspondance officielle au Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, pour lui faire part de toutes les entraves qui empêchent la réalisation de ce méga-projet consistant à offrir sans doute le plus moderne des parcs d’attraction à l’Algérie dans toute l’Afrique.

Ce document en notre possession répertorie tous les obstacles fomentés pour saboter ce projet : insécurité persistante, démobilisation des travailleurs, incursions incessantes dans les bureaux de l’administration, problème de l’indemnisation de l’entreprise chinoise chargée de la réalisation de la nouvelle clôture du parc et refus du ministère de l’Agriculture de concéder des terrains à la SIH alors que le ministère des Finances traînait également pour assurer le recouvrement des sommes qui devaient revenir dans les caisses du Parc des loisirs de Ben Aknoun.

Ces obstacles ont fini par retarder dangereusement ce projet au point de provoquer aujourd’hui son abandon pur et simple. Et pourtant, le décret exécutif publié au Journal officiel numéro 3 du 23 janvier 2018 avait confirmé le transfert du Parc à la Société d’investissement en hôtellerie (SIH) que dirigeait  Abdelhamid Melzi. Le terrain du parc s’étale sur trois communes de la wilaya d’Alger, à savoir Ben Aknoun, Birmandreis et El Achour. Le parc devait être doté de deux hôtels 4 étoiles car il s’agissait de rénover les hôtels situés à l’intérieur du parc, le Mancada et Mouflon d’or. Ce projet est confié à l’hôtel Sofitel. Les autres projets concernant les aspects zoologique et attraction devaient être confiés à Disney Land avec laquelle négociait la SIH pour créer le Disney Land Algiers ! Le 27.12.2018, l’ex-patron de la SIH s’est déplacé jusqu’à Orlando aux Etats-Unis pour négocier ce contrat très sensible. Le futur parc d’attractions et de loisirs de Ben Aknou devait être réceptionné en 2021. Malheureusement, il ne verra pas le jour.

LAISSER UN COMMENTAIRE