Ce sont pas moins de  60 milliards de dollars qui auraient été détournés pendant quinze ans en Algérie. C’est du moins ce que croit savoir Djilali Hadjadj porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC).

Ce chiffre ne reflète certainement pas toute l’ampleur de la corruption en Algérie car il n’englobe pas l’évasion fiscale et autre blanchiment d’argent. La lutte contre la corruption est donc une énorme nécessité. Mais l’Etat algérien n’est pas encore outillé pour en finir avec ce fléau.

Et pour cause, Halim Feddal, secrétaire général de l’Association nationale de lutte contre la corruption (ANLC), a expliqué dans une déclaration au Point Afrique, l’édition africaine du magazine français Le Point, qu’on « ne peut pas lutter contre la corruption avec un dispositif réglementaire permissif qui encourage la corruption ».

Le même interlocuteur a évoqué la loi 06-01 relative à la prévention et la lutte contre la corruption et en citant le raccourcissement des délais d’instruction, des délais de prescription raccourcis de dix à trois ans (ce qui a engendré le classement de 6 000 à 10 000 affaires depuis 2010), la légèreté des peines ou encore les conditions de transfert de capitaux favorisant la fuite des capitaux.

« Cette offensive judiciaire du pouvoir réel, celui de l’état-major de l’armée, contre les hommes d’affaires et politiciens corrompus est une politique de diversion pour désorienter la contestation populaire qui se résume à un changement radical du pouvoir avec ses symboles, ses institutions et ses dispositions réglementaires », dénonce-t-il sur le site internet du Point Afrique. « L’état-major n’a pas le droit d’instrumentaliser la justice pour régler des problèmes politiques, l’exécutif n’a pas le droit d’intervenir dans le processus judiciaire en donnant des directives et des instructions aux juges conformément aux principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire», conclut enfin Halim Feddal.

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