Depuis quelques mois, le « Harak » bat son plein chaque vendredi, personne ne pouvait prédire ni d’ailleurs, expliquer les raisons d’un tel phénomène sociétal.

Aujourd’hui, les algériens se retrouvent dans une situation inédite dans l’histoire de l’humanité, en effet, le « géantissime » mouvement de protestation n’est ni une révolution, ni une guerre ni même une insurrection, en vérité, c’est une « convulsion » populaire contre une politique insultante d’un pouvoir qui prône l’inégalité des chances en Algérie, cet élan spontané dure depuis le 22 février.

Les raisons de ce mouvement, communément nommé « Harak », sont énigmatiques dans une Algérie marquée par des injustices flagrantes, le misérabilisme incarné dans la politique menée par un gouvernement « loufoque » dirigé par un président fantôme ont créés, au fil du temps, une frange de rebêles assoiffés de vengeance qui , disons-le , n’ont plus rien à perdre tant les perspectives futures sont infimes, selon eux ,  risquer sa vie en haute mer offre plus de chances que de rester sur la terre ferme à vieillir dans l’attente d’un « miracle  républicain » .

Il est indéniable que l’épisode tragique de feu AYACH est l’un l’élément déclencheur prédominant dans le déclanchement de l’ire populaire, rappelez-vous, une nation qui était impuissante devant l’agonie d’un jeune dans un puit tellurique donnât à réfléchir et marquât l’esprit collectif des algériens, il est vrai que toute la population algérienne était rivée devant les écrans de télévisions, tous priaient de tous leurs âmes pour le salut du jeune de Msila.

Par la suite, l’annonce du cinquième mandat agrémenté par du « cachir » dans la grande salle de la coupole du 5 juillet fit débordée le vase de l’inébranlable système.

Aujourd’hui il serait inauthentique d’avancer que le Harak du 22 février et le fruit d’un complot ourdi par un cercle occulte au sein du système, le « démesuré » clan Toufik est placé en pole position des probables instigateurs du mouvement hostile au pouvoir de Bouteflika avec le blanc-seing de certaines capitales européennes, à vrai dire, c’est une thèse qui fait son chemin dans l’esprits des chevronnés de la politique.

Même si beaucoup d’initiés aux intrigues de palais pensent que le sulfureux général Toufik et son cercle de manœuvriers étaient derrière le « Harak », il n’en est pas moins, qu’aujourd’hui, ils sont dépassés par le « spectre homogène » d’incidence sur le territoire national avec, en sus , une énergie contestataire quasi intacte des algérien dans leurs sorties.

Présentement, personne n’a de prise sur cette intifada populaire. Celui ou celle qui prétendra être le représentant du Hirak aura du fil a retorde et il ou elle sera indiscutablement expulsé en « live » des marches hebdomadaires.

Le résultat « tangible » après des mois de contestations massives se schématise dans le fait que le pays est dirigé « ostensiblement » par l’ANP, la seule institution qui demeure bon mal an, debout contre vents et marées humaines des nombreux vendredis, néanmoins, le groupe restreint au sein de l’état-major peine à solutionner l’équation du désidérata populaire.

Cette difficulté à trouver le chemin de la conciliation avec le peuple réside dans de vieux réflexes dans la « gestion de crise », cette fois ci, les « olympiens » hauts gradés de l’ANP sont hautement précautionneux. En effet, ils savent pertinemment, qu’il ne faudrait pas faire dans la « bavure » comme ce fut le cas en 1988, l’exemple de Gbagbo, Kadhafi , Saddam et les déboires momentanées du Général Nezzar en suisse  auront suffis à freiner les ardeurs totalitaristes de certains militaires au sein de l’ANP.

De plus les soupçons, fondés ou pas, d’enrichissement illicites qui pèsent sur le Général de Corps d’Armée Gaid Salah et certains membres de l’état-major sont un boulet considérable au dénouement de la crise actuelle. GAid Salah avait une occasion en or, il aurait pu gagner la sympathie de tout un peuple, hélas, son entêtement « constitutionnel » mène le pays vers un avenir incertain.

Les mises sous mandat de dépôt de certains affairistes algériens dont Issad Rabrab, bientôt suivis par des politiciens ont l’impact inverse de ce que l’institution militaire voulait faire pour réconforter les algériens et entamer un mois de Ramadan en toute sérénité.

Les marcheurs du vendredi constatent que leur mouvement commence apporter ses fruits, concrètement les choses dans le pays. Arrêter le protestât maintenant reviendrait à n’avoir rien fait, tout le dynamisme exprimé dans les manifestations pacifiques n’aurait servi a rien, et comme le dit l’adage local, « Ryma revient à ses vieilles habitudes ».

La cérémonie d’inhumation de Abassi Madani rajoute une complexité au problème algérien, le nombre de présents lors de l’enterrement du numéro un du FIS redonne plus de prétextes à certains politiciens en treillis vert de fermer le jeu démocratique …. Une fois de plus.

Une chose demeure certaine dans la détresse politique que vit l’Algérie aujourd’hui, la nation ne peut plus de concéder le pouvoir tout entier et le mettre entre les mains d’une seule personne.

Nous constatons, à nos dépens, que la mégalomanie d’un homme risque de faire sombrer le pays dans un chaos tel, que l’ère de Bouteflika nous paraitra être l’Eden tout comme tout comme l’ère Boumediene parait exceptionnelle aux yeux de certains algériens.

C’est exactement ce que les nantis du régime actuel et du parti unique hier voudraient nous faire croire aujourd’hui plus que demain.

Par Nazim Maiza

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