Peu d’Algériens, très peu d’Algériens, connaissent La Société de l’investissement hôtelier (SIH). Et pourtant, cette société publique placée directement sous l’égide du Premier-ministère possède des actifs qui représentent l’équivalent de 2 milliard de dollars. La S.I.H est une entreprise publique qui gère un porte-feuille d’une douzaine d’hôtels de luxe en Algérie. Elle emploie pas moins de 7500 travailleurs. 

Du Sheraton d’Alger en passant par celui d’Oran jusqu’au Sheraton d’Annaba, la SIH possède le parc hôtelier le plus prestigieux de toute l’Algérie. Mieux encore, c’est elle qui s’occupe de la gestion de certaines infrastructures stratégiques en Algérie à l’image du Centre International des Conférences (CIC) d’Alger qui est situé au coeur de la résidence d’Etat de Club-des-Pins.

Justement, depuis 1997, date de sa création, cette société est gérée par Hamid Melzi, le mythique patron de la résidence de Club-des-Pins. Ce dernier a été relevé de ses fonctions la semaine passée. Il n’occupe plus également le poste du directeur de Club-des-Pins.

L’homme suscite, certes, une énorme controverse et alimente une vive polémique depuis des années en raison de sa proximité avec le pouvoir politique. Mais force est de constater qu’il a laissé derrière-lui une entreprise publique stratégique, à savoir la S.I.H, en très bonne santé financière.

Preuve en est, le Sheraton d’Alger est le plus rentable de tous les hôtels du pays. Il est même considéré comme l’un des Sheraton les plus rentables de toute la région de l’Afrique du nord et du Moyen-Orient. Chaque année, les bénéfices du Sheraton d’Alger avoisinent les 200 milliards de centimes. Cet argent est versé au Trésor Public. Pour construire ce grand hôtel, la SIH a contracté un prêt bancaire de plus de 100 millions de dollars. Un prêt remboursable sur une période de 14 ans. Au final, la SIH a procédé à son remboursement au bout de… 7 ans seulement. Rares sont les entreprises publiques qui peuvent se targuer de cette performance.

A Oran, l’hôtel Four Points est également la propriété de la SIH. Chaque année, cet hôtel rapporte 90 milliards de centimes. La Résidence les Falaises d’Oran a été réalisée par la S.I.H après 36 mois de travaux. Aujourd’hui, elle rapporte 900 millions de Da. A Tlemcen, l’hôtel Renaissance, lui-aussi la propriété de la S.I.H, fait 30 milliards de centimes de rentabilité. A Constantine, la S.I.H a réalisé l’hôtel Marriott qui fait 60 milliards de centimes de recettes par an.

Le CIC de Club-des-Pins est deux fois plus grand que la Grande Mosquée d’Alger. Or, grâce  à la bonne gestion de la SIH, il a coûté 3 fois moins cher que la Grande Mosquée avec un budget consommé de 450 millions de dollars. Aujourd’hui, le CIC de Club-des-Pins réalise près de 10 millions de dollars de recettes par an. Un début encourageant qui pourrait permettre d’ici quelques années à l’Algérie de renforcer sa rentabilité.

La SIH s’occupe enfin de l’École Supérieure d’hôtellerie et de Restauration d’Alger, située à Ain Benian, qui rapporte 40 milliards de centimes de bénéfices par an. Le Hayatt Regency d’Alger, situé à côté de l’aéroport d’Alger, a été également réalisé et géré par la SIH. Ses travaux ont démarré 19 mois après le lancement des travaux de la nouvelle aérogare de l’aéroport international d’Alger.  Sa réception était prête 4 mois avant la fin des travaux de la nouvelle aérogare.

Nous avons constaté au cours de nos investigations que la SIH a financé tous ses projets avec des crédits bancaires contractés auprès des banques publiques. Le Trésor Public n’a jamais utilisé de l’argent public pour la financer. Et les prêts bancaires ont toujours été remboursés.

Globalement, le chiffre d’affaires de la SIH a atteint les 1200 milliards de centimes, avec plus de 400 milliards de centimes de bénéfices. Ces chiffres démontrent que le bilan de Hamid Melzi est finalement très favorable. Peu importe ce que l’on peut penser du personnage sur le plan politique, mais sur le plan managériel, les chiffres plaident en faveur de Hamid Melzi.

Or, son limogeage ne semble pas obéir à des considérations économiques ou managériales. Et son remplacement a été décidé dans la précipitation sans tenir compte de la réalité économique. Le départ de Melzi cache certainement des visées politiques. Exiger le changement est, certes, légitime. Mais faut-il prendre le risque de mettre en péril des entreprises publiques qui fonctionnent bien avec des bilans financiers très réjouissants pour satisfaire des revendications politiques ?

Ce danger peut provoquer une déstabilisation inquiétante de notre pays notamment en cette période cruciale de son histoire. Soyons vigilants !

 

 

 

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