Depuis le 22 février, on ne cesse d’entendre dans toutes nos manifestations la clameur «  Djeïch chaâb khawa khawa » ; dix semaines durant,  le peuple appelle son armée au secours. Aucune solution exhortée par le régime, ni celle proposée par une opposition longtemps allaitée par le système,  ne viendra tarir la soif des algériens pour enfin regagner leur foyer. Le soutien inconditionnel au peuple,  prôné par le chef d’état major doit se concrétiser au plus vite par des actes avant la surchauffe des esprits des uns et des autres.

Il est certain que passer des paroles louangeuses aux actions crédibles ne sera pas aisée pour le généralissime, dans un pays où le clanisme a su étoffer des nids confortables tapissés d’argent sale et de népotisme, mais il est y va de la sécurité et la stabilité du pays. La confiance que vouent les algériens à l’armée du peuple, colonne vertébrale de la nation, digne héritière de notre armée de libération nationale, reste solide malgré le défaitisme de certains, mais tout à des limites, même la patience. Et il serait inopportun de croire que les jours à venir l’on désertera nos rues remisant nos banderoles et nos drapeaux satisfaits, rien n’étant encore conclu ; et prétendre en conclusion  à des élections présidentielles pour le 4 juillet relève plus de l’utopisme que du réalisme.

Les flops d’une conférence d’un chef d’état illégitime et d’un gouvernement cadenassé, tout aussi malaimé, ne prédisent rien de bons les jours à venir. Le peuple veut en découdre avec tous les mafiosi qui ont grandi dans l’impunité du sérail bouteflikien. Il n’acceptera aucun compromis avec le système. Même le gommage symbolique des 2 B et des quelques walis richissimes et arrogants, le laissera de marbre sachant que les renouvèlements se feront de la même écurie.

Ainsi les gesticulations d’une justice encore balbutiante et les quelques arrestations civiles et militaires, n’y changeront rien : Un spectacle de cirque tout au plus pour les plus avertis, applaudi par des badauds souvent incultes politiquement, ne comprenant rien aux dessins qui se trament dans les coulisses claniques.

Sans appeler à un coup de force militaire comme ce fut le cas au Soudan, les algériens veulent dans leur majorité une intervention rapide et globale de l’armée, seule institution encore debout sur une scène nationale affaissée. L’opinion internationale observatrice assidue du Hirak, témoin de cet appel grandissant du peuple, ne pourra qu’approuver et admettre, bon gré mal gré, l’intervention  pacifique de l’ANP dans le but de remettre le pays surs les rails de la stabilité, tout en persévérant l’économie sommeillant ces derniers mois.

La solution acceptable, sans recourir une fois de plus aux anciennes figures vieillissantes, ni aux nouvelles figures adeptes des ONG internationales,  sermonnées par les foules par le slogan « Dégage ! » à chacune de leur sortie ; sera de faire participer la majorité de la population contestataire à la grande table de sortie de crise.

Repoussant les élections présidentielles de quelques mois, vers la mi-novembre tout au plus, trois à quatre semaines suffiraient pour arriver à entamer une période de transition paisible sans recourir à une quelconque situation exceptionnelle (état de siège, d’exception ou d’urgence) :

  1. Première étape:
  • 1) Laisser le pouvoir actuel vaquer à ses occupations et ne pas s’en soucier pour le moment.
  • 2) Renforcer toutes les polices aux frontières par des sections de gendarmerie afin d’éviter les fuites de capitaux et des personnes durant quelques mois.
  • 3) Créations de tribunaux spéciaux mixtes « Militaires et civiles » afin d’enquêter et de juger toute la caste qui a dilapidé la nation et leur complices. Recourir aux rapports de l’IGF, de la cours des comptes, des services des impôts, des douanes et surtout de l’association des banques et établissements financiers ABEF.
  • 4) Création de commissions rogatoires afin d’enquêter à l’international sur les avoirs financiers, mobiliers et immobiliers des algériens à l’étranger soit en exécution d’une convention internationale, soit en vertu d’un traité de coopération judiciaire, et enfin en utilisant la voie diplomatique. L’Algérie dispose de nombreux traités dans ce cadre, c’est le moment de les utiliser à bon escient.
  • 5) Le principal objectif de ces enquêtes et de ces procès devra prévaloir le recouvrement des avoirs financiers du peuple sur  l’emprisonnement des personnes, tout se négocie !
  • 6) Protéger la population lors des marches pacifiques et permettre aux citoyens du pays de rejoindre la capitale sans la pression permanente des barrages tous les jeudis.
  1. Seconde étape :

Parallèlement à cette première étape d’enquêtes judiciaires, l’ANP devra faire appel à un collège d’experts en informatique, afin de mettre en place avec la participation active du Cerist, ( le Centre de Recherche sur l’information scientifique et technique ) ainsi qu’Algérie télécom, d’une plateforme internet sécurisée représentative de cette alliance « Hirak/ ANP ».

La création d’une telle plateforme avec tous ses aléas : Nom du domaine, infographie, Rubriques et Sécurisation,  ne saurait dépasser la semaine.

Il est à rappeler que des plateformes similaires pour les différents examens de nos enfants (5ème,  Brevet et Bac) regroupant des millions d’inscris ont été mises en place sans aucun incident. D’autres plateformes pour les inscriptions à nos universités ont prouvé leur efficacité. Alors pourquoi, ne devrions nous pas utiliser de telles plateformes pour sortir notre pays d’une crise politique sans précédent avec une grande célérité et à moindre coût.

L’ANP, par un communiqué officiel,  fera appel à la population afin de s’inscrire sur la plateforme. L’âge minimum requis étant 18 ans. Nos plus jeunes rompus à l’usage de  l’internet auront pour devoir de soutenir nos ainés. L’ANP prendra en charge, quant à elle, l’installation de Cyber-Bus, dans les régions reculés du pays et les zones sans connexions haut débit, l’appel à tous, aussi bien les providers privés jusqu’aux  plus petits cyber cafés sera de mise, pour une cause nationale.

Tous les citoyens algériens aussi bien locaux qu’expatriés ont le devoir de s’inscrire sur la plateforme avec leurs justificatifs d’identités, et de résidences. Ils auront, ainsi,  accès à une carte d’électeur électronique avec nom d’utilisateur et mot de passe.

Une rubrique «  Candidature pour la conférence nationale », ou chaque citoyen pourra se présenter, exposant les qualifications nécessaires aux prétendants à la participation à la conférence nationale, avec une lettre de motivation et un curriculum vitae.

Au premier tour le suffrage fera ressortir un seul élu au prorata de nos communes,  soit 1541 en plus de 185 pour notre diaspora, soit 1726 élus, à la majorité absolue des votants. Au second tour, une semaine après, le scrutin devra sortir 01 unique représentant pour une frange de 100.000 citoyens, soit 425 sièges pour 42,5 millions d’Algériens et 30  sièges pour notre diaspora, qui  devra participer à la conférence nationale. Ce qui nous ramène à 455 places de représentants de la nation. L’élection des membres de la conférence nationale pourrait se dérouler au plus tard la première semaine du Ramadan, apaisant les esprits. À partir de là, on installera, avec l‘accompagnement du MDN, d’une assemblée constituante, d’un présidium d’état, d’un gouvernement provisoire et ainsi, prédisposer d’une période d’alternance acceptable par tous. Ce n’est que là que l’institution militaire gagnera vraiment le cœur du peuple avec une véritable application des articles 7 et 8.  Chacun vaquera, alors,  à ses occupations, laissant, surtout, nos enfants rejoindre leur banc de classe et d’examens, dans la sérénité avec l’espérance d’une nouvelle république naissante.

 

Nous restons, nous citoyens, en attente des appels de notre armée, à proposer, aider et mener à bien cette mission. À bons entendeurs, bon hirak !

Par Karim HABTOUN

 

LAISSER UN COMMENTAIRE