L’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et l’actuel ministre des Finances, Mohamed Loukal, et ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, seront officiellement convoqués à partir de demain dimanche par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour s’expliquer sur les dessous de la « Planche à billets », à savoir le financement non-conventionnel décidé fin 2017 par le gouvernement lorsque monsieur Ahmed Ouyahia était aux commandes, a-t-on appris de sources sûres. 

Mohamed Loukal, gouverneur de la banque d’Algérie à l’époque des faits, a mis en application ce plan de financement décidé par Ahmed Ouyahia.  Le gouvernement annonçait que le Trésor allait pallier l’assèchement du fonds de stabilisation par un financement direct de la banque centrale pour couvrir un budget en hausse de 25%. Le
montant ainsi mis à disposition par la banque centrale sur le compte du Trésor a été massif. Il atteignait 4005 milliards de dinars (DZD) en septembre 2018. Jusqu’au 31 mars 2018, la Banque d’Algérie a procédé à l’émission de billets. Elle avait confirmé dans son rapport mensuel, cité par le Journal officiel, qu’elle avait émis avant la fin du mois de mars 2018 un total de 3.585 milliards de dinars, soit près de 26 milliards d’euros. Une immense masse monétaire fabriquée en toute urgence pour pouvoir payer les salaires des fonctionnaires algériens et financer les projets publics à court de financement.
Le parquet du tribunal de Sidi M’hamed veut connaître les véritables dessous de cette stratégique financière qui avait suscité énormément de polémique car elle avait placé l’Algérie dans une situation économique très compliquée. Selon des sources proches de ce dossier, les billets émis par la Banque d’Algérie ont servi à payer également des entreprises privées appartenant à des oligarques influents qui ont obtenu des marchés publics très onéreux. Algérie Part poursuit ses investigations sur ce dossier.

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