Désormais rien ne peut justifier la prostration de l’armée algérienne face à la situation que traverse le pays.

La légitimité populaire c’est nettement cristallisé aujourd’hui le 19 avril. Encore une fois, en effet, de nouveau, la rue s’est exprimée pacifiquement et de façon massive, le Harak s’appesanti sur les décideurs une fois de plus.

Le raccommodage par des initiatives surannées  et les solutions incomplètement « constitutionnelles » ne suffisent  plus à éteindre le feu de cette grogne persistante, un mécontentement qui gagne de plus en plus du terrain pour ne laisser, désormais, aucun espace pour une quelconque deuxième voix. En vérité, le peuple à l’unisson veut voir tout le monde dans la sphère dirigeante partir illico presto.

Comme je l’écrivais il y a quelques jours, l’armée algérienne ne peut, aujourd’hui, persister  à vouloir rester dans la légalité constitutionnelle,  une constitution qui est d’ailleurs  caduc depuis l’annulation des élections par Bouteflika.  La persévérance de l’armée à rester dans une légalité « superficielle » est compréhensible, en effet, les officiers aux commandes de l’ANP ne veulent pas avoir à rendre des comptes devant une quelconque instance nationale ou internationale. Ceci dit nous ne sommes pas dans le même état de figure de  « la décennie noire », l’ANP jouie aujourd’hui d’un plébiscite de la majeure partie du peuple, une « Tezkia » unique dans son genre qui incarne l’essence même de la démocratie.

 

L’hésitation de l’armée à prendre son destin en main fait sombrer le pays entier dans un blocus politique et économique. L’impossibilité  de solutionner les problèmes inhérents à la situation actuelle  s’installe crescendo dans le pays alors qu’une décision, certes radicale, de mise au placard de tous ceux qui sont honnis par la foule en mouvement  aurait  aisément « fait l’affaire ». Le peuple veut voir les responsables « narquois » payer leur désinvolture, ils veulent plus que tout vivre dans la modernité et l’opulence exclusive à  une caste  composée essentiellement d’arrivistes.

Dans la soudaine prise de  conscience populaire la notion de revenir sur ses pas est complétement exclue, le peuple dans sa globalité le sait pertinemment, il sait  qu’il  ne peut plus faire machine arrière après des mois de marche. Les algériens savent clairement ce qu’ils ne veulent plus, en revanche, ils demeurent irrésolus  sur ce qu’ils veulent.

La cohérence de ce raisonnement est fondée sur le fait que rétrograder la protestation populaire sous le poids du désespoir reviendrait à se retrouver  dans le même système politique d’avant le 22 février mais dans une orthodoxie bien plus « précautionneuse » quant à la colère populaire, en vérité, le système renaitra encore plus puissant qu’il ne l’était.

Les déclarations martiales en faveur du Harak   et les  mutations opérées ici et là n’en pas convaincus le peuple pour la simple raison qu’elles sont infinitésimales  dans le contexte politique actuel.

La nomination de Kamel Feniche à la tête du conseil constitutionnel n’est  plus suffisante, Gaid Salah aurait dû faire  cela il y a une semaine avec un choix plus perspicace des personnes, peut-être , que cela aurait marqué un retour partiel au calme dans une perspective de démission de Ben Salah à la tête du pays  mais , maintenant , cela n’est plus d’actualité hélas.

L’ambiance qu’ont suscitée les marches précédentes avec leurs lots d’humour et de slogans hilarants s’estompe petit à petit pour laisser place à un grand doute parmi les manifestants,  un fort désir d’en découdre avec les apparatchiks du régime s’implémente dans l’esprit collectif.

Le Général Gaid Salah n’arrive toujours pas à faire usage du pouvoir « hautement » constitutionnel que le peuple lui a mis entre  les mains, jamais, dans l’histoire contemporaine des nations, un chef militaire n’eut les coudés aussi franches que le Chef d’état-major algérien, une liberté qu’il peut amplement justifier par un désidérata populaire ouvertement proclamé.

La tergiversation de Gaid Salah de mettre en œuvre une  opération « mains propres » que le peuple attend risque, forcément, de se retourner contre l’ANP qui perdra son image d’entité  « salvatrice » aux yeux des algériens.

En écartant Bouteflika l’armée algérienne, incarnée en la personne du Chef d’état-major, à endossée ouvertement son rôle discrétionnaire sans aucune opposition, un choix accepté par le peuple qui ne comprend plus la léthargie dans les prises de  décisions pour le « changement » tant espéré. L’inaction de l’ANP risque probablement ne mener le pays vers un avenir incertain .

La plus grande erreur pour un militaire serait de perdre l’initiative, être dans la réaction ne laisse plus de grandes marges de manœuvres pour un tacticien. Dans ce cas précis nous entamerons une traversés d’un  désert politique  comme celle des années 90 en espérant que quelqu’un viendra nous tirer de la, cela me rappelle une citation du boute-en-train Philipe Bouvard : « En politique la durée de la traversée du désert est laissée à l’initiative des chameaux ».

Par Maiza Nazim

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