Mohammed Tahar Benhamadi, décédé le 03 Novembre 2018, a réussi à hisser une petite affaire familiale en un groupement de sociétés prospère et à la pointe de la technologie, en s’appuyant sur ses  garçons qui ont eu des parcours, certes différents, mais toujours en relation étroite avec les tenants du pouvoir en Algérie.

Alors que Omar est le directeur général du groupe familial, Moussa a été Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information après avoir été à la tête d’Algérie Télécom.

Hocine, quant à lui, est le responsable local du Forum des Chefs d’Entreprises (FCE), pendant que Smail siège au parlement au sein du RND, parti d’Ouyahia et de Bensalah.

Enfin, Abderrahmane est le patron de Condor, fleuron du groupe qui active dans l’électroménager, l’électronique, les téléphones mobiles…

Si la fratrie Benhamadi a nettement œuvré pour le succès de Mr Bouteflika à la présidence ils ont pu, très tôt, bénéficier à travers cet indéfectible support, d’avantages économiques et fiscaux qui a permis au groupe de dépasser actuellement le Milliard de dollars en chiffres d’affaire.

Les Benhamadi ont été les premiers à exploiter à outrance les avantages du mode Semi Knocked Down (SKD) qui est un mode d’approvisionnement logistique d’usines ou d’unités d’assemblages d’équipements semi démonté et le mode Completely Knocked Down (CKD), qui consiste à importerc sous ce régime, des produits entièrement démontés et dont l’assemblage final est opéré par un acteur local, en l’occurrence Condor pour les produits technologiques.

Opérateur économique agréé, Condor a su exploiter l’installation d’un couloir vert, mis en place par l’ex DG des douanes entre 206 et 2015: Mr Mohamed Abdou Bouderbala, qui permet de présenter moins de documents au dédouanement et surtout aucun contrôle de la marchandise.

Il est d’ailleurs à se demander si le recrutement du frère même de Abdou Bouderbala, en qualité de responsable de l’unité condor à Oued Semmar à Alger, est un retour d’ascenseur…

Algeriepart avait déjà dénoncé la pratique frauduleuse, utilisée à cette échelle en premier par les Benhamadi, lors d’importations de produits finis et leur déclaration sous le régime SKD et CKD afin de bénéficier d’avantage fiscaux et une réduction des droits et redevances douanières.

Des produits importés et déclarés en kits, arrivaient finis et prêts à la vente, dans des cartons avec comme mention : made In Algéria !

Cette pratique illégale a permis aux Benhamadi d’engranger des marges qu’on pourrait qualifier d’indécentes. Grâce à la technique rodée des prix de transferts, des sommes d’argent importantes ont pu être dégagées au Luxembourg à travers la société “Condor Trading SA”, et à travers une société en France spécialisée dans les supports musicaux et dénommée : World Soul Sarl…

En 2012, la société “Condor International Co LTD” avait même été enregistrée par Monsack Fonseca aux îles Samoa en liaison avec une entité à Hong Kong ayant Omar Benhamadi comme administrateur.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a révélé des informations concernant le montage offshore du Groupe Benhamadi à travers la société Hi-Tech Machinery International Co. Ltd basée à Hong Kong.

C’est ainsi plusieurs dizaines de millions de dollars par an que les Benhamadi arrivaient à soustraire au fisc et à l’économie algérienne en les faisant transiter par les Emirats Arabes Unis la Chine et le Luxembourg. Une partie de cet argent aurait servi, selon nos sources, à soutenir la présidence de Bouteflika à la tête du pays !

La presse a-t-elle étrangement ‘’oublié’’ la fratrie Benhamadi ? Ces oligarques tentent ils de se faire oublier à l’heure des comptes, ou alors jouissent-ils d’une quelconque protection ?

Si la réponse à cette dernière question est positive, ce n’est guère un changement que l’on nous vend, mais une simple redistribution de cartes…

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