Quand on est un haut responsable politique du régime en Algérie, on peut tout se permettre y compris de gaspiller de l’argent public pour financer le recrutement de ses enfants par les compagnies étatiques comme Air Algérie. C’est qui s’était passé avec le fils de Norredine Bedoui, l’actuel Premier-ministre. 

En 2017, alors que Bedoui était encore ministre de l’Intérieur du gouvernement, son fils a été recruté par la direction générale d’Air Algérie pour qu’il devienne un futur pilote. Et pour ce faire, il a été envoyé avec un groupe constitué de plusieurs dizaines de jeunes pilotes en formation au niveau du centre de l’académie CAE OXFORD. La CAE d’Oxford est l’une des meilleures écoles de pilotage dans le monde. CAE est, en vérité, le plus grand réseau de formation au pilotage au monde avec des écoles de pilotage de classe mondiale.

Le 29 septembre 2014 un accord a été signé entre Air Algérie, dirigée à cette époque-là par Mohamed Abdou Bouderbala, et l’académie de formation CAE OXFORD. Pour plus de 18 millions de livres sterling, soit environ 20,5 millions d’euros, Air Algérie a envoyé en Angleterre pas moins de 200 pilotes algériens dans le cadre d’une formation s’étalant sur une période de 82 semaines dans le but de les recruter plus tard dans le cadre d’un contrat qui les obligera à travailler pour la compagnie aérienne nationale durant une période de 20 ans.

Entre 2014 et 2018, plusieurs groupes de jeunes pilotes ont été dépêchés en Angleterre par Air Algérie. Le fils de Nourredine Bedoui s’est retrouvé dans l’un de ces groupes en 2017. Or, à l’Académie d’aviation d’Oxford, le fils de l’ex-ministre de l’Intérieur a échoué dans tous les tests et examens forçant ainsi l’encadrement de la prestigieux académique anglaise à le recaler ! Les encadreurs anglais ont été surpris par son très faible niveau et son profil ne correspondait nullement au très délicat métier de pilote. A Oxford, le népotisme et le favoritisme n’ont pas lieu d’être. Le fils de Bedoui rentre ainsi au pays sans aucun diplôme entre ses mains et ne pourra donc pas piloter les avions d’Air Algérie.

Cependant, la direction générale de la compagnie battant pavillon national a dépensé tout de même presque 100 mille euros pour financer la formation du fils de Nourredine Bedoui à Oxford. De l’argent public parti en fumée et jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait encore si tout cet argent a été rentabilisé au moment où Air Algérie enregistre des déficits alarmants.

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