La Banque Extérieure d’Algérie (BEA) est sans doute la plus grosses banques publiques en Algérie. C’est,  à titre d’exemple, la Banque qui gère les comptes de la Sonatrach. La Banque extérieure d’Algérie (BEA) a affiché un résultat net bénéficiaire qui dépasse les  57.365 milliards de Dinars en 2017, selon les chiffres communiqués lors de l’Assemblée Générale Ordinaire des actionnaires de la BEA, tenue le 26 juin 2018, au siège du Ministère des Finances à Alger. Cela signifie que les gains réalisés par la BEA avoisinent les 500 millions d’euros.

Mais depuis plusieurs jours, cette banque publique est au coeur d’une vive polémique accusant ses principaux responsables d’avoir distribué à tort et travers des crédits bancaires pour enrichir les plus célèbres oligarques algériens comme Ali Haddad, Tahkout ou les frères Kouninef. Algérie Part a mené des investigations pour vérifier le bien-fondé de ces accusations.

Des accusations qui concernent tout particulièrement Mohamed Loukal, l’un des PDG qui ont marqué la BEA puisqu’il a dirigé cette banque depuis des années. En effet, Loukal, après une formation académique à Alger etun cursus de spécialisation financière et bancaire tant en France (Hautes Etudes Supérieures Bancaires, Paris 1973-1975) qu’en Italie (1976-1977), Mohamed Loukal a occupé différents postes de responsabilités exercés au sein de la BEA, dans l’ensemble des secteurs. Sous son « règne », la BEA a été propulsée comme leader sur le marché Algérien. Elle est même devenue une référence aux plans Maghrébin et Africain.

Mais Loukal a-t-il offert des facilitations généreuses aux oligarques algériens ? D’après nos vérifications, jusqu’à fin juillet 2016, date à laquelle Saïd Kessasra a été installé au poste de PDG de la Banque Extérieure d’Algérie (BEA), très peu de crédits onéreux et d’un montant faramineux ont été débloqués au profit des hommes d’affaires les plus représentatifs de l’oligarchie algérienne.

Au contraire, à l’époque de Mohamed Loukal, Ali Haddad a essuyé de nombreux refus lorsque l’ETRHB et ses filiales ont présenté des dossiers pour réclamer des crédits bancaires à l’investissement.  Mourad Oulmi, le patron de Sovac, l’un des hommes les plus riches du pays et les plus proches des Bouteflika, n’a pas pu ouvrir les portes de la BEA et s’est dirigé ainsi vers d’autres banques publiques comme le CPA. Le Groupe Tahkout n’a pas été épargné également et la BEA n’a pas traité énormément avec Mahieddine Tahkout qui figure aujourd’hui sur la liste des oligarques pointés du doigt par des enquêtes de la gendarmerie nationale.

Finalement, seul les frères Kouninef à travers le groupe familial KOUGC ont obtenu des financements importants de la part de la BEA. Mais il s’agit de projets concernant des marchés conclus avec l’administration du ministère de la Défense Nationale comme l’édification d’hôpitaux militaires. Soulignons enfin le groupe Benamor a obtenu lui aussi des crédits de la part de la BEA à l’époque de Mohamd Loukal. Toutefois, force est de constater que ce groupe familial est client de cette banque étatique depuis 40 ans ! Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur ce sujet avec de nouvelles révélations.

 

 

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