C’est d’abord suite à l’appel du chef de l’Etat Major de l’armée, le général Ahmed Gaid Salah, pour l’application de l’article 102 de la Constitution, que Mr Abdelkader Bensalah se retrouve, aujourd’hui 9 Avril 2019, désigné par le Parlement Algérien Président par intérim, pour 90 jours.

Tour à tour député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur, Bensalah a également présidé les deux chambres du Parlement, faisant ainsi de lui un personnage important du sérail algérien.

L’ex président du Conseil de la Nation (Sénat) serait né, selon sa biographie officielle, le 24 novembre 1941 dans la commune de Fellaoucene, située au nord de la wilaya de Tlemcen.

Comme beaucoup de membres du clan d’Oujda, c’est du côté de la région du Nador que ce jeune Wasti se serait installé pour entamer sa carrière, en prenant part à une formation militaire au Maroc après avoir rejoint l’Armée de Libération Nationale algérienne cinq années après le déclenchement de la guerre en 1954. Il était âgé alors de 18 ans !

Abdelkader Bensalah aurait été selon plusieurs sources envoyé préalablement à Larache, ville située à 100 km de Tanger à l’Ouest du Maroc, où il y aurait maitrisé les règles de maniement des explosifs avant de se rendre ensuite dans un des centres d’entraînement et de formation militaires algériens dans la ville de Zghenghen, à 7 km à l’ouest de la ville de Nador, pour y suivre cette fois-ci une formation de commissaire politique.

Des rumeurs persistantes, qu’il a toujours nié, suggèrent qu’il serait originellement de nationalité marocaine avant d’être naturalisé algérien juste après la guerre d’indépendance algérienne.

Selon le journaliste algérien réfugié en France, Mohamed Sifaoui, Abdelkader Bensalah n’aurait acquis la nationalité algérienne qu’en 1965, à l’âge de 24 ans. Il aurait ensuite travaillé au consulat marocain à Oran et, à ce titre, « a rendu en cette période de précieux services, non connus, à l’Algérie ».

Pour notre part, nous avons pu consulter l’extrait de naissance du père d’Abdelkader Bensalah qui se nomme Bensalah Bounouar et qui serait né en 1906 ainsi que l’extrait de naissance de son grand-père Benabdallah benbounouar ould Salah, présumé né en 1854 dans la commune de Felaoucène, à Tlemcen.

Après avoir quitté l’armée en 1962, Bensalah bénéficie d’une bourse et part étudier le droit à Damas. Il y poursuit des études de journalisme avant de retourner en Algérie en 1967, pour intégrer le quotidien « Ech-chaab » qu’il finit par diriger entre 1974 et 1977.

Elu député en 1977 il est réélu par deux fois, et préside pendant 10 ans la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Populaire nationale (APN, chambre basse).

Abdelkader Bensalah qui n’est pourtant pas connu pour sa verve oratoire ou pour une personnalité affirmé est envoyé à Ryad en qualité d’Ambassadeur d’Algérie en Arabie saoudite de 1989 à 1993, avant de se retrouver à son retour à Alger, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

En 1994, il est placé par les militaires à la tête du Conseil national de Transition (CNT), pour pallier à l’absence de l’Assemblée après l’interruption des législatives de 1991-1992, que s’apprêtaient à remporter les islamistes du Front islamique du Salut (FIS).

En 1997, Il fait partie des proches du général-président Liamine Zéroual à avoir fondé le Rassemblement National Démocratique (RND) qui va remporter les législatives et propulser Abdelkader Bensalah Président de l’APN jusqu’en 2002.

Il sera même, entre 2012 et 2015, le secrétaire général de ce parti qui regroupe de hauts fonctionnaires de l’État et de l’administration ainsi que des hommes d’affaires libéraux.

Suite à quoi il est désigné par Bouteflika, issu de la même région que lui, au titre du tiers présidentiel avant d’occuper, en remplacement de feu Mohamed Cherif Messaadia, la Présidence du Conseil de la Nation de manière continue depuis 2002 !

Aussi, certainement par fidélité aveugle et en sa qualité de serviteur attitré, il sera de ceux, aux côtés de Belaiz, qui auront pesé de tout le poids conféré par leur fonction pour imposer une révision de la Constitution en 2008 et permettre à Bouteflika de multiplier les mandats à la tête du pays malgré sa maladie, allant même jusqu’à humilier, aux côtés de Belaiz, Bedoui, Benyounes, Ouyahia et bien d’autres encore, toute une nation en soutenant un cinquième mandat…

Durant plus de 40 ans, effacé, sans réel poids politique, Bensalah, en partie responsable de la crise actuelle, aura fait partie intégrante de ce régime algérien si décrié par la Rue. Cette même Rue qui rejette les passe-droits et les privilèges dont il aurait lui-même injustement usé pour faciliter à sa fille Mme Salhi son installation en France au sein de l’agence d’Air Algérie à Paris et de faire recruter son beau-fils à l’ambassade d’Algérie, toujours dans la capitale française…

Faut-il rappeler qu’Air Algérie est une société publique qui compte plusieurs milliers de salariés en trop, souvent parachutés par la nomenklatura algérienne, et qui sans les subventions de la Sonatrach serait dans l’incapacité d’assurer les salaires de ses véritables employés.

C’est aujourd’hui ce cacique du régime, âgé de bientôt 78 ans, qui par deux fois aura été installé par les militaires à la tête du pays pour mener une transition, et qui prétend mener le pays vers une deuxième République. On a du mal à y croire…

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