Et maintenant que faire ? Abdelaziz Bouteflika a démissionné. Les amis de Saïd Bouteflika sont poursuivis en justice ou font l’objet de sérieuses enquêtes judiciaires. Mais l’Algérie reste sans toujours sans feuille de route claire et précise concernant la période de transition qu’il faut, désormais, lancer pour empêcher la paralysie du pays. 

Justement, aucun consensus ne s’est dégagé autour de cette question très délicate. Les partis politiques et les observateurs algériens multiplient les propositions. Mais aucun agenda précis n’a été officiellement validé. Et si la solution viendrait d’une élection présidentielle  qu’il faut organiser dans les plus brefs délais.

Le parti AHD 54 a  plaidé à ce propos pour l’organisation d’une élection présidentielle « transparente » avant la fin de l’année en cours afin que le nouveau président propose une « feuille de route » pour sortir le pays de cette crise.

Le parti AHD 54, présidé par Ali Rebaine, a appelé dans un communiqué à « l’organisation, avant fin de l’année en cours, d’une présidentielle propre et transparente, afin que le nouveau président puisse proposer une feuille de route pour la réforme politique et installer une commission nationale indépendante qui aura pour mission de préparer les élections et de revoir le Code électoral ».

En attendant, AHD 54 a proposé la « désignation d’une personnalité nationale intègre pour gérer la période de transition suivant la Constitution, la démission du président du Conseil de la nation et du Gouvernement et l’installation d’un Gouvernement d’entente nationale, dont les portefeuilles de souveraineté seront confiés à des personnalités connues pour leur probité ».

Cette feuille de route est-elle réellement réaliste ? Pour Ali Benflis, ancien chef de gouvernement et adversaire coriace de Bouteflika en 2014, la sortie de la crise politique que traverse le pays passe par l’écoute des uns et des autres et l’application de l’article 07 de la Constitution, après la démission du président de la République, conformément à l’article 102″.

Affirmant ne pas être d’accord à 100% avec la Constitution mais ne pas la rejeter non plus, il a expliqué être « pour une issue acceptée par le peuple algérien et qui ne démolit pas l’Etat national », attirant l’attention sur « la menace qui pèse actuellement sur l’Algérie du fait des +forces non constitutionnelles+ qui veulent saper l’Etat national et faire avorter la révolution populaire civilisationnelle ». Abordant ce qu’il a appelé « le dossier de la sortie du pays de la crise », le président de Talaie El-Houriyet a formulé nombre de propositions pour la gestion de « la transition démocratique » (3 à 6 mois), afin de combler le vide constitutionnel au sommet de la pyramide de l’Etat à  travers « une présidence individuelle ou collégiale, dirigé par une ou plusieurs personnes intègres et consensuels, dont la mission sera la désignation d’un gouvernement de compétences pour diriger cette période, gérer les affaires courantes, préparer un nouveau Code électoral et une commission indépendante en charge de l’organisation, du suivi et de la surveillance de l’election présidentielle ».

Il a proposé également de donner à cette présidentielle, individuelle ou collégiale, « la possibilité de légiférer (provisoirement) à la condition de prendre en compte les avis et propositions de toutes les parties concernées ».

L’organisation rapide d’une élection présidentielle n’enthousiasme pas vraiment le FFS. Le plus vieux parti de l’opposition estime, quant à lui, que la conjoncture politique que vit l’Algérie depuis le début du mouvement populaire du 22 février dernier requiert un sens du dialogue impliquant différentes composantes de la société, a soutenu vendredi à Tizi-Ouzou le premier secrétaire national du Front des forces socialiste (FFS), Hakim Belahcel.

Présent à cette rencontre, le conseiller auprès du premier secrétaire national, Ahmed Djeddai, a expliqué les grandes lignes de cette Initiative politique du FFS pour l’avènement de la deuxième République. Il s’agit notamment de « l’amorce d’un dialogue, à travers une conférence souveraine avec la participation de tous les acteurs politiques et sociaux autonomes, les syndicats autonomes, les personnalités indépendantes, les universitaires et les représentants du mouvement citoyen dans toutes ses composantes », a-t-il dit.

C’est dire que le processus de transition divise la classe politique en Algérie. De leur part, les Algériens poursuivent les manifestations et maintiennent la pression avec un seul mot d’ordre : « qu’ils partent tous ! »

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