Chers compatriotes, cette lettre est une mise à jour de la contribution que j’ai postée sur Facebook il y a quelques jours ; cela du fait de l’actualité qui s’accélère et que de nouvelles données apparaissent. Ceci est un corpus d’idées qui me semblent importantes dans la construction d’une nouvelle Algérie.

L’avènement de la deuxième république démocratique et sociale, est un rêve que je caresse, à l’instar de millions de mes concitoyens depuis plusieurs décennies.

Aujourd’hui l’ensemble des algériens, et sans me tromper, je peux dire que plus de 95% d’entre nous veulent en finir avec ce régime inique. Les algériens qui ont marchés, ici et ailleurs, ont dit ce qu’ils voulaient et ce qu’ils ne voulaient pas ; mais il nous faut avoir les pieds sur terre : les beaux slogans, les belles déclarations, les images d’un peuple décidé à changer les choses et qui ont fait couler de mes yeux, depuis plus d’un mois, des larmes de bonheur, ne font pas la démocratie. Le slogan « Dégagez » n’est malheureusement pas un programme politique.

Le chemin vers la démocratie, la liberté d’expression, les droits de l’homme, la justice, la même pour tous est semé d’embûches, c’est un processus à long terme.

De plus, nous ne vivons pas seuls sur cette terre, beaucoup de pays, de puissances nous regardent et nous scrutent. Certains expriment leurs satisfactions et nous complimentent ; mais beaucoup d’autres, qui ont des intérêts avec nous ne voient pas d’un bon œil le changement auquel on aspire, d’autres ont peur des contagions. Et ils feront tout pour faire dérailler le train des réformes vers la démocratie.

D’autres aussi, voudront interférer pour détruire le pays, et ils en sont capables, si on ne reste pas soudé devant leur adversité. Il nous faudra rassurer ces partenaires étrangers et nos voisins en disant que les réformes que nous cherchons à mener n’ont pas de caractère prosélytique et que nous ne chercherons à aucun moment à les exporter. Ces réformes sont établis par et pour les algériens chez eux. Nous invitons donc les pays amis, notamment les occidentaux de ne pas interférer dans nos affaires, dans le cas contraire, les algériens s’en souviendront. Le message s’adresse aussi à nos faux frères des petits émirats du Golfe Persique, vous avez déjà financés les islamistes dans les années 1990, et  vous êtes d’essence anti-démocratique, alors on vous  cette fois ci, si vous interférez dans nos affaires, Cela vous coûtera cher.

A l’intérieur du système, il reste encore des forces, certes minoritaires mais qui peuvent faire détourner et manipuler ce mouvement populaire de ses objectifs.

Les manifestations du peuple algérien ont finalement réussi à briser le pacte Boutef – El Gaid. C’est déjà une bataille de gagner. Elles ont réussi à débarrasser le pays de Bouteflika, mais le chemin à la démocratie reste long.

Le régime qui respecte la constitution quand çà l’arrange et la piétine quand cela ne l’arrange pas, a mis le pays et ses institutions dans une situation ubuesque. Quelques faits:

  1. Un président inapte physiquement depuis 2013 qui ne veut plus se représenter à la présidentielle, mais qui veut quelques années supplémentaires à son 4ème mandat, acte inconstitutionnel,
  2. Un président qui annule les élections du 18 avril 2019, acte inconstitutionnel,
  3. Un président qui propose l’organisation d’une conférence nationale pour gérer la transition, afin de pérenniser le régime au pouvoir.
  4. Un groupe de personnes menées par Said Bouteflika qui dirige le pays à la manière d’un parrain de la maffia, qui signent de grandes décisions, acte anticonstitutionnel,
  5. Un premier ministre, le plus vomit parmi la classe politique pourrie, que l’on « démissionne », mais ses ministres restent fonction, alors qu’ils devraient tous partir. Un premier ministre qui imprime en moins de 18 mois, l’équivalent de 55 milliards d’Euros pour le fonctionnement de l’état mais qui autorise pour 55 milliards d’Euros d’importation.
  6. Un président qui propose un premier ministre et un vice premier ministre parmi ses plus zélés serviteurs, qui n’arrivent pas à former un gouvernement ; la majorité des personnes approchées refusent les postes ministériels qu’on leur propose, ils ne veulent pas embarquer dans un bateau qui est en train de couler.
  7. El Gaid Salah qui, en principe n’est plus vice ministre depuis le départ de son premier ministre, « propose » l’application de l’article 102 de la constitution, n’étant plus que chef d’état major, il ne devrait pas s’immiscer dans les affaires politiques du pays.
  8. Le vent tourne, les amis du cachir, les chiyatines, les corrompus tournent l’un après l’autre casaque et supporte le hirak. Le roi est mort, vive le peuple, en attendant le nouveau roi.
  9. Un article 102, qui s’il était appliquer verrait un autre chiyate zélé, Bensalah, bouffeur à tous les râteliers diriger le pays, ceci est inacceptable, et on sera obligé, constitutionnellement de le garder avec le spécialiste des fraudes électorales Bédoui pour gérer la transition
  10. Un diplomate à la retraite, Lakhdar Brahimi, appelé de sa retraite dorée parisienne, pour sauver le soldat Bouteflika, qui a disparu des radars depuis quelques jours ; je pense qu’il a compris que les algériens ne veulent pas de lui.
  11. Le général Médieme dit Toufik, chassé par les frères Bouteflika qui veut reprendre la main en s’alliant avec Said Bouteflika pour trouver un remplaçant à Abdelaziz qui veillera à maintenir le système en place.
  12. Une guéguerre en les Tagarins et Zéralda qui pousse El Gaid Salah à demander l’application de l’article 102 dans les plus brefs délais.
  13. Bouteflika qui démissionne, mais avant de le faire, il nomme un gouvernement fantoches pour assurer la pérennité du régime.
  14. Le lendemain de sa démission, Bouteflika ou son frère s’adresse aux algériens dans une lettre leur demandant pardon s’il a failli, acte éminemment surréaliste qui montre l’hypocrisie d’un homme qui dit dit quelque chose et qui fait tout le temps son contraire. En fait, il nous fait un bras d’honneur : « Vous vouliez que je parte, alors je vous laisse Bédoui et Bensalah ».

Aujourd’hui qu’est-ce que nous avons ?

Plus de Bouteflika mais un gouvernement fantoche, un président du sénat et un président du conseil constitutionnel tous rejetés par le mouvement et, un chef d’état major qui demande l’application de l’article 102.

Va-t-il vouloir l’appliquer à la lettre ? Aujourd’hui, vendredi 5 avril, le peuple est encore sorti en masse pour signifier à ces décideurs qu’il ne  veut ni de Bédoui et son gouvernement, ni de Bensalah ni de Belaiz, les trois B comme sur les pancartes des marcheurs.

Que fera El Gaid Salah ? Va-t-il encore « démissionner » les trois B ?

Nous l’espérons. El Gaid Salah et les officiers supérieurs de l’armée, doivent faire entrer dans leur logiciel, le fait qu’une révolution ne peut, dans des situations particulières, s’embarrasser d’une constitution établie sur mesure par le régime pour son propre profit.

Sinon, il faudra continuer nos marches.

Une chose est certaine, on se dirige vers une période transitoire, je pense que du côté des forces démocratiques, il est impératif qu’il y ait quelques préalables indiscutables et quelques décisions à prendre rapidement pour une sortie de crise :

  1. D’abord et avant tout rester pacifique, silmya, silmya.
  2. Aucune personnalité, aucun parti politique, aucune association, parmi ceux ayant soutenus les 20 dernières années, le régime Bouteflika ne doit faire partie de la transition, surtout ceux qui étaient en charge de la répression des libertés démocratiques. On doit faire très attention et rejeter les retournements de veste,
  3. Les forces démocratiques se doivent le plus rapidement possible de prendre les devants de la transition et ne plus laisser la main au régime qui active à casser la révolution, puisque c’est d’une révolution qu’il s’agit, et qui fera tout pour rester au pouvoir,
  4. Rassurer les officiers supérieurs et le chef d’état major de l’armée dans leur fonction et surtout quant à leur avenir. El Gaid Salah prendra, de toute les façons, sa retraite un jour ou l’autre
  5. Faire très attention aux mots d’ordre fantaisistes venant de personnes inconnues, comme celui de la désobéissance civile ou de ne pas payer les factures de Sonelgaz.
  6. L’économie algérienne se doit de continuer à fonctionner impérativement et surtout ne pas toucher ou perturber la production des hydrocarbures, cela nous coûtera très cher, car tout fonctionne avec le pétrole et le gaz. Et si tout s’arrête, bonjour les dégâts et on ira droit vers l’état de siège.
  7. Prendre des mesures strictes afin de préserver les 78 milliards d’Euros qui restent dans le fond de régulation, et arrêter les importations de produits qui ne servent qu’à enrichir les membres du régime. On ne veut plus de bananes, de Nutella, plus de véhicules CKD et autre conneries. Il ne faut importer que les médicaments, les principaux produits alimentaires (céréales, huiles, sucre, lait et aliments de bétails), les matières premières et pièces détachées nécessaires pour faire marcher nos industries. Toute économie de devises est la bienvenue et sera d’un grand apport pour la deuxième république.
  8. Arrêter de stigmatiser toutes les personnalités qui ont dans le passé fait partie du système, car parmi toutes ces personnalités, il y a des gens honnêtes ; on peut ne pas être d’accord avec eux, sans pour autant les rejeter comme de vils malfaiteurs.
  9. Préserver le sigle FLN des mains sales des hommes qui ont utilisés ce sigle dans leur propre intérêt. Le sigle FLN appartient à tous les algériens, il ne peut être le fond de commerce du régime et de ses suppôts. Si ces hommes veulent continuer à faire de la politique, ils pourront le faire sous d’autres sigles.
  10. Arrêter immédiatement de financer les partis de l’alliance bouteflikienne, l’UGTA et toutes ces associations suppôts de satan. Toute économie de dinars est la bienvenue et sera d’un grand apport pour la deuxième république.
  11. Eviter tout règlement de compte. Toute poursuite judiciaire doit se faire dans le cadre de la loi et seulement de la loi, qui doit être appliquée dans toute sa rigueur. L’inquisition desservira la démocratie. Ali Haddad, les Kouninefs, et tous les autres répondront devant les tribunaux s’il s’avère qu’ils ont enfreint les lois ou qu’ils ont baignés dans la corruption. Une démocratie sans les droits des hommes, n’est pas une démocratie. On est tous innocents jusqu’à la sentence d’un juge honnête.
  12. On doit préserver les outils de production de toute personne condamnée pour corruption, détournement ou autre crimes. Ne refaisons pas l’erreur de Khalifa.
  13. Libérer tous les opérateurs économiques bloqués jusqu’ici par le régime, tel Cévital de Mr Rebrab afin de relancer l’économie.
  14. De libérer les opérateurs économiques, surtout ceux du secteur public, dans le choix des médias supports de leurs publicités.

Quelle transition voulons-nous et comment la gérer?

Sortir tous les vendredis manifester avec de beaux slogans, c’est merveilleux mais où  cela va-t-il nous mener ?

Le temps joue contre nous. Il faut considérer le facteur temporel.

Comment traduire et concrétiser les espoirs et les aspirations de notre peuple et de notre jeunesse en un système politique démocratique. Il nous faut donc une feuille de route pour une transition sereine. Et l’histoire nous rappelle que ce genre de changement politique n’est pas une ligne droite. Mais sachez, chers compatriotes, que même les chemins sinueux peuvent mener vers le but recherché.

Nous devons œuvrer par étapes, rester vigilants, unis, solidaires, déterminés et persévérants.

Vigilants parce que le système que nous voulons changer est fait de deux entités : l’état et ses institutions et le régime qui utilise ces dernières. On doit se débarrasser du régime et des hommes qui le composent, mais faire très attention à ne pas déstabiliser ou pire détruire certaines de nos institutions ; cela même si elles sont imparfaites. Nous auront tout le temps plus tard de les réformer. Si on touche à nos institutions, on pourrait participer à la destruction du pays, ce serait comme si on plantait un clou rouillé dans le pied de la deuxième république.

La première institution à ne pas toucher est notre glorieuse armée nationale populaire. L’ANP doit être la garante de la sécurité interne et externe durant la phase transitoire et je suis sûr que le général de corps d’armée, chef d’état major et vice-ministre de la défense El Gaid Salah, ainsi que les généraux du commandement auront la sagesse d’être, comme ils ne cessent de le répéter au diapason avec notre peuple et qu’ils placeront l’Algérie avant tout. Il faudra aussi protéger la police nationale et la gendarmerie nationale, même si dans un passé récents elles ont plus défendues le régime que le peuple. Il faut garder à l’esprit que les hommes qui composent ces trois corps de sécurité sont nos enfants, les enfants du peuple qui vont certainement  préférer servir le peuple qu’un régime corrompus et qui devront accompagner la période transitoire en garantissant la paix et la sécurité tout en respectant les libertés individuelles et collectives.

L’institution judiciaire, la douane et l’administration fiscale doivent aussi être impérativement  préservées.

Concernant l’assemblée nationale et le conseil de la nation, qui sont des institutions inutiles, sauf à garnir la façade démocratique du régime, je pense qu’il faut renvoyer chez eux tous les députés et sénateurs. Cela fera encore quelques économies.

 Unis et solidaires parce que beaucoup de citoyens appartenant à différentes administrations et institutions de l’état vont se joindre au mouvement, et certains seront sanctionnés par leur hiérarchie, il nous faut leur apporter notre support, comme aux douaniers, au policiers, aux soldats, aux gendarmes, les juges, les fonctionnaires, etc qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Chaque fois qu’une administration ou institution en sanctionne un, nous devons tous aller manifester devant ses bâtiments. Et n’oublions pas ceux qui sont en prison pour avoir avant le hirak protester contre le régime, il nous faut nous mobiliser pour les libérer le plus rapidement possible. Les juges qui se joignent au mouvement se doivent de rouvrir les dossiers des condamnés d’opinion pour les libérer.

Maintenant si on ne doit pas laisser le régime assurer la transition, qui donc devra le faire ?

Il faut aussi savoir que les trois renégats que le régime a chargé d’assurer à leur compte cette transition essayent d’inviter des soi-disant contestataires pour les induire dans leurs desseins mortifères et détourner le fleuve. N’oublions pas que le régime est très bon dans les manipulations. Le peuple doit rejeter nominalement toux ceux qui vont participer à leur gouvernement, à des rencontres ou à des débats dans leurs médias, il doit les considérer comme des vendus, des traitres ; et a d’ailleurs déjà montré qu’il était décidé à ne rien accepter de leur part, mais il faut faire attention et les prendre de vitesse.

Enormément de gens demandent à Maître Bouchachi Mustapha de prendre la tête de la contestation et, à plusieurs reprises, sa réponse fut : « Je ne suis qu’un élément de la contestation, parce que d’autres pourrait demander la même chose à d’autres personnes comme lui ». Il prend les précautions d’une personne bien élevée qui ne veut surtout pas s’imposer, disant que peut-être il n’aura pas de consensus autour de lui. Mais les hommes qui, comme lui émergent de la masse des manifestants, ont une certaine responsabilité ; mon avis est qu’ils doivent impérativement s’entendre pour prendre la tête de la contestation afin de donner à cette dernière plus de consistance et plus de poids. Ne pas donner une direction à la contestation aidera le régime qui veut se ressourcer et laissera le champ libre à tous les illuminés pou lancer des mots d’ordre fantaisistes et dangereux pour le mouvement.

Une direction du hirak sera l’interlocutrice du vrai pouvoir aujourd’hui, c’est-à-dire l’armée.

D’autant plus qu’il faudra faire vite, le pays n’a pas connu une telle communion générale depuis 1962, qui peut-être ne se représentera pas de si tôt. Le temps presse donc pour rétablir des institutions et des dirigeants légitimes ; n’oublions pas que le prochain gouvernement aura fort à faire pour redresser la situation économique. Avec 2.3% de croissance économique, une démographie galopante, une inflation à deux chiffres qui pointe à l’horizon, des réserves de change qui fondent à une vitesse grand V et tous les indices au rouge, les algériens devront être très patients avant le redressement de l’économie ; passer d’une économie rentière à une économie réelle prendra quelques années.

Rappelons-nous l’expérience de nos frères tunisiens qui ont perdus beaucoup de temps avant d’assoir leurs institutions.

Il est certain que le peuple et surtout notre jeunesse ont montrés qu’ils étaient plus que matures, mais il lui faut des guides pour, par exemple, mettre à jour les slogans ; vendredi 15 mars, on entendait encore des slogans tels que « Pas de 5ème mandat », alors que pour nous le 5ème mandat est définitivement enterré. Ces guides, ou dirigeants ne feront certes pas tous l’unanimité, mais, il est plus qu’impératif de définir pour les prochaines manifestations les slogans, les itinéraires des marches, d’assurer un service d’ordre, d’assurer un service d’urgence médical, on a vu des gens s’évanouir au milieu des manifestants et la protection civile a eu du mal à les évacuer, etc.

Quand on parle de créer une instance qui sera charger de mener la transition, d’aucuns nous disent de quelle légitimité peuvent-ils se prévaloir ? Qui va les élire ? Qui choisir pour faire partie de cette instance ?

Ces questions, sont certes légitimes, mais il me semble qu’on est en train de se mordre la queue. On veut d’un côté choisir des gens honnêtes pour gérer la transition et d’un autre côté, on ne veut pas que le système électorale (loi électorale, des walis nommés par Bouteflika, une instance de contrôle des élections dégommés récemment, des partis de l’alliance présidentielle en embuscade, des juges pas encore libérés, etc…) le fasse.

Si on continue à chercher des outils législatifs et constitutionnels pour créer cette instance, on n’avancera pas. Alors que le régime a pendant près de 60 ans triturer ses constitutions à sa mesure et à son profit, pourquoi veut-on, aujourd’hui que cette révolution s’accommode d’une constitution qui n’a pas été conçu pour servir le peuple ?

Avant que le mouvement ne s’essouffle, je pense qu’il faut foncer et inviter des personnalités qui ont, ces dernières années, combattues ce régime et qui émergent aujourd’hui pour s’organiser et créer cette instance transitoire, le plus rapidement possible.

Aussi, en toute humilité, je propose le plus rapidement possible la création d’un conseil, instance ou comité de salut national, on pourrait l’appeler différemment, composé de personnalités intègres ayant fait leurs preuves dans le combat pour la démocratie.

Pour ce comité, je me permets de proposer les personnalités suivantes :

A titre honorifique, la présidence du comité à Mtre Abdenour Ali Yahia, que Dieu lui prête une longue vie ; ensuite Mokrane Ait Larbi, Mustapha Bouchachi, Zoubida Assoul, deux ou trois responsable de l’association Nabni, Aissa Kadri, Sofianne Djilali, Ali Benouari,  Abdelhak Lamiri, Smail Goumeziane, Ferhat Ali, Amira Bouraoui, Hafid Derradji, Abdelaziz Rahabi, Abderrahmane Hadj Nacer, Said Salhi, Djamel Zenati, El Kadi Ihsane, Lotfi double canon, Omar Aktouf, Nour-Eddine Boukrouh, Taieb Hafsi, Abdesselam Ali Rachedi, Fodil Boumala, Nacer djabi, Karim Tabou, Lahouari Addi, Ahmed Benbitour, Hennad Mohamed, Slim Othmani, Fatiha Benabbou, Yasmina Khadra, Fares Mesdour, Lalmas smain, Kamal Daoud, Mohamed Hachemaoui, Ahmed Rouadjia, Daho Djerbal, Rachid Tlemçani, Benissad Nouredine, Said Salhi, H’mida Al Ayachi, Lyes Rahmani, Abdelwahab Fersaoui, Salah Dabouz.

Toutes ces personnalités doivent entrer au comité en tant que personne physique, ils doivent laisser dehors l’habit partisan ou associatif.

Beaucoup d’autres noms mériteraient aussi de faire partie de ce comité, la liste reste ouverte. Il faudra ajouter des jeunes qui vont émerger ces jours-ci, des personnalités du sud du pays, des syndicats autonomes et de la diaspora algérienne à l’étranger ; mais leur nombre ne devrait pas dépasser la centaine. Quand le comité sera créé, les membres devront élire un président et surtout un porte parole officiel parmi eux. De leurs discussions, empreintes de respect, de dialogue, de tolérance, de consensus, devra sortir une feuille de route stipulant les objectifs à atteindre, des objectifs émanant des mots d’ordre des manifestants.

Peut-être un avis personnel : On va demander à ces femmes et ces hommes de ne pas postuler pour la prochaine élection présidentielle, ne pouvant être juge et partie ; je demande alors d’exclure Mustapha Bouchachi de ce comité, car personnellement, je pense qu’il fera un excellent président pour sa probité, son nationalisme, son éloquence, son parcours politique et sa connaissances du droit.

Ce comité, ne sera pas un organe législatif, quoiqu’il devra légiférer à minima : Rendre caduque toutes les lois liberticides telles que la loi sur les partis politiques et les syndicats, la loi sur les associations, la loi de l’information, la loi sur les réunions publiques et les manifestations, qui n’ont plus de raisons d’être et qui ont été des lois que le régime a utilisé pour garder la main mise sur le pays. Il faudra aussi libérer les organes de presse et les médias publics. Il devra aussi nommer un gouvernement provisoire de technocrates qui sera en charge des affaires courantes du pays.

Le comité s’assurera de l’élection d’une assemblée constituante qui devra plancher pour l’élaboration de la nouvelle constitution qui concrétisera la démocratie. Tous les partis politiques, toutes les associations et la société civile, ainsi qu’un large spectre de personnalités politiques et sociales et d’économistes  pourront participer  à ces élections qui devront s’engager à respecter les règles universelles de la démocratie. Seront exclus les hommes directement responsables de la décennie noire, les islamistes connus pour être des représentants d’entités islamistes étrangères qui ont toujours affirmé qu’ils enterreront la démocratie dés qu’ils seront au pouvoir, les hommes qui prônent la sécession du pays et les principaux dirigeants du clan Bouteflika.

Parallèlement, il sera demandé au peuple algérien de s’organiser au sein des universités, des entreprises, des syndicats, des quartiers, des associations, des partis politiques, des ordres des avocats et autres professions libérales et de la société civile en créant des comités qui devront faire des propositions à l’assemblée constituante. Ces comités serviront, aux côtés des représentants des partis politiques à contrôler toutes les élections à venir.

Quand le projet de constitution sera prêt il sera soumit au peuple à travers un référendum national. Le projet devra être approuvé à plus de 75%.

Il faut savoir, que l’élaboration d’une constitution prendra au bas mot 2 ou 3 années, c’est comme ouvrir la boîte de Pandore. Il faudra dépasser nos contradictions, nos différences, nos idéologies, nos points de vue.

Avant la constitution, il est urgent d’élire un nouveau président. Pour cela l’autre objectif de ce comité sera de préparer les institutions qui seront chargées d’organiser les prochaines élections : Nommer  un nouveau conseil de surveillance des élections, assainir les listes électorales, réorganiser les mairies, daira et wilaya qui seront en charge des élections et supprimer tous les bureaux de vote des casernes militaires. Ce ne sont certainement pas les 48 walis spécialistes des fraudes électorales qui assureront la transparence d’une élection.

Tous les partis politiques, toutes les personnalités, pourront participer à la prochaine élection présidentielle, à l’exception, comme je l’ai dit plus haut des responsables de la décennie noire, des islamistes connus pour être des représentants d’entités islamistes étrangères qui ont toujours affirmés qu’ils enterreront la démocratie dés qu’ils seront au pouvoir et les hommes qui prônent la sécession du pays.

Une question s’impose : Comment  allons-nous et qui va appeler et convaincre ces dames et ces messieurs, de s’impliquer dans ce comité et cette délicate mission ? Personnellement, je vois très bien un groupe comme le collectif Nabni qui pourrait le faire. Pour ceux qui ne connaissent pas ce collectif, je rappelle qu’il est connu depuis quelques années pour le travail qu’il fait et toutes les solutions politiques, économiques et sociales qu’il propose pour sortir de la crise. Le message est passé.

Si mes compatriotes le permettent, j’aimerai ajouter quelques conseils :

Pour cette phase transitoire, comme le dit Mustapha Bouchachi, l’heure est au rassemblement, à la réunion et la conjonction de toutes les forces vives de la nation, on ne peut bâtir la deuxième république contre une partie de la population, serait-elle minoritaire, sauf pour les trois cas mentionnés plus haut. Si quelqu’un a fait partie un jour ou l’autre du régime, en tant que wali, ministre, militaire, policier, syndicaliste, etc… et qu’il vienne se rétracter et marcher avec le peuple, il faut impérativement l’accepter. Par ailleurs, j’entends souvent dire qu’il faut juger les responsables du régime. Mon avis est qu’il faut tourner la page. La vengeance appartient au Bon Dieu, et d’ailleurs, nous sommes tous, en quelques sortes responsables de la déliquescence du pays. Ceux qui ont volés, ceux qui ont fraudés, les corrompus et même ceux ont vus, qui ont entendus, qui ont votés, qui se sont abstenus de voter et qui ont laissés faire, c’est-à-dire tous ceux qui manifestons aujourd’hui pour le changement. Personne n’est parfait, nous avons tous un jour ou l’autre profiter d’indus bénéfices auxquels on n’avait pas droit ; un coup de piston par ci, un autre par là, et il nous est tous arrivé d’enfreindre les lois. Si aujourd’hui on parle de solidarité, on n’a pas toujours été solidaires entre nous. Depuis 1961, après le coup d’état du congrès de Tripoli, beaucoup de voix se sont élevées pour protester, pour demander des libertés, pour les droits de l’homme, et le peuple n’a pas bougé, n’a pas été solidaire. C’est le cas, lors du soulèvement des forces démocratiques autour du FFS en 1963 qui a laissé plus de 500 morts parmi les combattants de l’intérieur, lors du soulévement culturel berbère en Kabylie de 1980, lors des révoltes de la jeunesse kabyle en 2001, ou plus de 126 jeunes y ont laissés leur vie, lors du mouvement des arrouchs dont la plateforme contenait déjà deux articles spécifiant clairement le changement démocratique, mouvement qui s’est fait infiltré par les agents du régime qui ont détournés certains membres pour le casser, et plus récemment lors des grèves des médecins-résidents, de la révolte de nos populations du sud qui ont manifestées contre la production de gaz schiste. Personne n’a encore bougé quand le régime bloquait les investissements d’opérateurs économiques sérieux, quand on apprenait que des dizaines de nos jeunes se sont noyés en mer en voulant traverser la mer Méditerranée, quand on mettait en prison les demandeurs d’emplois du sud du pays, des blogueurs, des défenseurs des droits humains ou lors des quatre dernières élections présidentielles frauduleuses. Alors tous plus ou moins responsables. Donc ne rejetons personne, mon avis est que l’heure est plutôt au rassemblement. Il faut donc bannir tous les rejets de tel ou tel personnalité. La chasse aux sorcières est à bannir de nos esprits, on n’y gagnera rien du tout. Il faut tourner la page sans oublier. Je rappelle que le régime chiite d’Irak qui n’a pas voulu réintégrer les anciens officiers de Saddam Hussein a jeté dans les bras de Daesh des milliers d’entre eux.

Le deuxième conseil est de boycotter les chaînes de télé pourries d’El Nahar  et Echourrouk en avertissant toutes les entreprises qui financent par la publicité ces chaînes de désinformation que s’ils n’arrêtent pas leurs relations commerciales, le peuple les boycottera à son tour.

Pour finir, je dois dire que je ressens beaucoup d’émotion quand je vois des jeunes, filles et garçons, et même des vieux et des vieilles, ramassés les ordures après les manifestations ou nettoyer leur environnement. Ces jeunes font notre fierté, et on en parle même dans les médias étrangers. Je trouve cela fabuleux, mais ce serait encore plus fabuleux si chacun de nous, pouvait aborder cette deuxième république en s’imposant de nouveaux reflexes éco-citoyens, de nouvelles résolutions : Ne plus jeter nos ordures (bouteilles en plastiques, canettes en aluminium, paquets de cigarettes, sachet en plastiques, emballages de nourritures, ect…) partout où nous allons, dans nos rues, nos plages, nos forêts, etc… Il n’est pas difficile de faire quelques pas pour trouver une poubelle ou même de les prendre chez soit pour les mettre dans nos poubelles.

D’autres reflexes seront aussi la bienvenue, par exemple commencer à respecter le code de la route, les priorités de passage, les limitations de vitesse, respectons nos femmes, nos enfants, nos ainés, etc.

Et surtout, puisqu’aujourd’hui on se rappelle qu’on est tous frères et sœurs, souriez tout le temps, le sourire izid flaâmar (prolonge la vie).

A l’horizon, pas si lointain que ça, je voie ces millions d’algériens qui ont fuient le pays revenir participer à transformer notre pays-paradis en un pays émergent où il fait bon y vivre, où les jeunes des autres pays viendront en harragas pour y trouver le bonheur.

Vive l’Algérie

Gloire éternelle à nos chouhada

Alger, le 5 avril 2019

Par Zouheir Zobiri, Architecte

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