Retour à la case de départ. L’Algérie retrouve le syndrome des années 90. Après quelques réformes prometteuses notamment celle de la restructuration de l’ancien DRS entamée entre 2013 et 2015, l’Etat algérien replonge sous le contrôle des militaires. Preuve en est, jeudi soir, Ahmed Gaïd Salah, le chef d’Etat-Major de l’Armée, a précipité les événements en décidant de procéder à la dissolution de la coordination nationale des services secrets algériens. 

Le général-major Bachir Tartag rentre officiellement chez lui et n’occupe plus aucune fonction. Les autres directions de la D.S.S, le nouveau DRS, ont été entièrement rattachées au ministère de la Défense Nationale comme durant les années 90 ! C’est l’Armée qui contrôle le renseignement, la gendarmerie et destitue le Président de la République. Au nom de la satisfaction de certaines revendications populaires, Ahmed Gaïd Salah et les autres généraux de l’ANP s’emparent des pouvoirs constitutionnellement relevant de la fonction de Président de la République et imposent de nouvelles mesures qui changent radicalement le visage de l’Etat algérien.

Pour maquiller légalement le départ de Tartag et la dissolution de la coordination nationale des servies de sécurité, les médias proches du clan Gaïd Salah nous font croire que cette décision a été décrétée jeudi 04 avril par Abdelaziz Bouteflika qui peut prendre encore de telles mesures politiques en attendant l’activation de l’Article 102 de la Constitution. Or, le Conseil constitutionnel a constaté mercredi la vacance définitive du poste du Président de la République, a précisé un communiqué du Conseil de la nation. Ces sources croient savoir que le rattachement des « services » au haut commandement de l’ANP est légal car les deux chambres n’ont pas encore voté la vacance du pouvoir. Un argument peu convaincant qui masque une réalité amère : l’establishment militaire est le nouveau patron de l’Algérie. Et Ahmed Gaïd Salah décide de faire ce que bon lui semble…

 

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