La démission de Bouteflika le  02 avril 2019, et la remise du portrait le représentant, longtemps adulé par ses lécheurs de bottes, dans les greniers poussiéreux de l’histoire, le faisant sortir par le trou de serrure de la maison Algérie, dans la bassesse et l’humiliation totale. Telle une vengeance divine de toutes les souffrances d’un grand peuple. Même la mort lui tourne le dos le laissant cogiter avec sa conscience. Il figurera désormais dans les glossaires des dictionnaires, comme un président déchu par la révolution joyeuse d’un peuple martyr.

 

La crise algérienne n’aurait pas pu rester anodine pour la communauté internationale. Avec plus de quarante deux millions d’habitants, dont plus de 55 % de moins de 30 ans. La plus grande superficie d’Afrique, dixième au monde, des richesses incommensurables en matières premières, en minerais, en matières fossiles et fissiles. Sa position géostratégique, et géographique pourrait, en cas d’une crise globale, déstabiliser le court historique du monde.

 

Même si nous algériens, considérons notre pays pauvre et sous développé, idées ancrées par les différents régimes l’ayant dirigé, afin de nous cacher nos véritables ressources au moment des partages des richesses, y accaparant tout, nous laissant baigner dans le toujours social et aide de l’état providence, qu’ils nous accordent comme si ça venait de leur poches alors qu’en vérité ils travaillent pour nous.

 

Ils ont inventé le concept de la subvention sociale et solidaire des produits de première nécessité, dissimulant une très grande partie en surfacturation, en pots de vins et autres rétro-commissions. Achat de produits sur les marchés internationaux payés au double du prix, voir au triple, alors que les bourses internationales affichent clairement les coûts des produits, tels la poudre de lait, l’huile, le sucre et le blé. Mêmes les carburants subventionnés pour ainsi dire comme de la poudre aux yeux, mais dont les taxes sur les produits pétroliers (TPP) additionnées à la TVA augmentent inévitablement mes prix. Ces débours sous entendus salvateurs, sont créées à dessin pour les détournements et autres friponnerie.

 

Les pouvoirs publics, auraient pu substituer ces milliards de dollars de subventions pour gagner la paix sociale en distribuant directement deux petits mois par an de revenu de l’état à tous les algériens du berceau à la maison de retraite, se lavant les mains de ces aides amères et  supprimer de ce fait les subventions de tous les subterfuges, en faisant de substantielles économies. Ce partage de la rente juste et pour tous, si elle pouvait se réaliser, par un courage politique sans précédent, assurerait une augmentation de la consommation intérieure qui engendrerait plus de production et plus de richesses pour le pays.

 

De chiffres colossaux et fallacieux, annoncés pour le développement express de régions entières pour des résultats médiocres et insuffisants. Sans parler des chantiers de bâtiments réalisés à la hâte pour plaire au souverain, distribués à coup de youyous, des logements sociaux tombant en ruines, à peine quelques mois après leurs réceptions dans des régions ne bénéficiant même pas des commodités les plus sommaires. Des taudis distribués aux plus pauvres d’entres nous désengorgeant des bidonvilles périphériques, dont les milliers d’hectares de terrains récupérés sont revendus à coup de milliards en intéressements personnels, accueillants des projets de résidences immobilières fastueuses des proches du pouvoir.

 

Pourquoi la réticence des pouvoirs publics à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, toujours repoussée aux calendes grecques? Je citerai la description que se donne l’OMC sur son site web : « L’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Sa principale fonction est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges … ». Suivant cette belle perspective pourquoi 164 pays adhérent à l’OMC, y compris nos voisins les plus proches : Maroc, Tunisie, Mauritanie, Mali, Niger ; et que nous demeurons nous avec 33 autres pays soit les plus démunis ou certains paradis fiscaux à ne pas adhérer à cette instance mondiale qui garantirait plus de fluidité commerciale et d’échange avec notre pays ?

 

Le Groupe de travail de l’accession de l’Algérie a été établi le 17 juin 1987, et rien n’est encore palpable. 32 ans de négociations parties en fumée, pourquoi ? Adhérer à l’OMC, c’est travailler dans la transparence, uniformiser les droits de douanes et libéraliser le commerce intérieur et extérieur pour fluidifier les échanges. Mais les pouvoirs algériens préfèrent l’opacité, les bakchichs et la surévaluation des droits de douanes afin de mieux remplir leur panse et leurs portefeuilles.

 

Pourquoi les investissements étrangers partent au Maroc et pas en Algérie alors que chez nous il y a plus de ressources ? La réponse à cette question est que nous sommes restés rigides et réticents au changement afin de sauvegarder les seuls intérêts de la classe au pouvoir et du pouvoir parallèle complice. La vraie libéralisation qui ne laisse à l’état que  le rôle de contrôle et de régulation est loin d’être gagnée. Il faut libérer les énergies et s’ouvrir au monde par des lois justes, implacables mais souples pour des perspectives d’un lendemain prometteur.

 

Pour prétendre à des négociations d’échanges économiques et commerciales saines avec un état ou un groupement d’états comme l’Union Européenne, et que ces mêmes échanges soient à juste titre équivalents dans les 02 sens, il faut avoir une économie saine et des règles limpides soit même.

 

L’arrivée des sociétés étrangères donnera un souffle à notre jeunesse à nos cerveaux en perte de repères en ces temps pénibles. L’espoir doit revenir dans nos cœurs.

 

Tous les états du monde y compris les plus riches encouragent par toutes les facilitations possibles et imaginables les investissements directs étrangers ou IDE ; l’Algérie, du fait de beaucoup de lacunes dans tous les domaines et surtout la bureaucratie et la corruption généralisée n’a cessé de chasser cette manne, en baisse permanente. Le projet allemand Desertec en est le meilleur exemple. Il nous faut  Réapprendre à accueillir cette richesse dans les meilleures conditions et offrir les meilleurs chances à la réussite de ces investissements, qui n’en sera que profitable à notre pays.

 

Des fortunes colossales se sont bâties en un rien de temps comme par une baguette magique, des petits commerçants partis de leur accointance avec les proches du régime, se sont enrichis à milliards de Dollar, creusant ainsi un fossé démesuré entre eux et un peuple pas trop regardant et docile 20 ans durant. Gravitant autour d’un pouvoir complice telles des sangsues, ils affichent démesurément leurs fortunes mal acquises et leurs arrogances face aux gueules noires que nous sommes. Sans parler d’une corruption enracinée dans l’administration centrale et régionale ou tout se monnaie. La pourriture de ces cercles a atteint des sommets d’enveniment jamais atteints : Tout un Système politico- économique et judiciaire souillé par l’argent subtilisé à la nation et au peuple.

 

Nous laissant fixés sur les tarifs du baril de pétrole, on nous détourne la vue sur les autres richesses. L’Algérie considérée comme 10ème réserve de gaz naturel au monde, et 6ème exportateur, les chiffres de ces exportations surtout ceux liés aux gazoducs, demeurent vagues. Nonobstant les matières premières et les produits de l’agriculture, leurs recettes à l’export toujours camouflées, ne laissent entrevoir que quelques chiffres indéniablement floutés. Une société nationale des hydrocarbures censée être publique dont les retours de dividendes ne profitent qu’à une caste de nantis et leurs complices. Détournant notre attention par la création de sociétés offshore fictives dans des paradis fiscaux, y amassant des fortunes par leur intermédiation financière. Mais aujourd’hui le monde est devenu un petit village microscopique où tous se rencontrent et tout se sait. Toutes les combines étalées sur les murs des réseaux sociaux affichant les fruits du péché de leurs sales besognes et leur méfait contre tout un peuple.

 

Si ce n’est le sabotage économique de ces dernières années, l’investissement non productif, de plus de 1500 milliards de dollars, l’inexistence totale de planification et de vision dues à la mauvaise gouvernance, et le sabotage pure et simple de notre économie, l’Algérie aurait progressé dans tous les domaines ; et se serait classée parmi les plus riches de ce monde, mais les bas calculs d’une petite minorité versée dans la spoliation pure et simple des richesses de tout un pays ont fini par interpeler les esprits et jeter plus de la moitié de la population dans les rues réclamant le départ d’un système politique considéré mafieux dans sa globalité.

 

Six semaines de rendez vous revendicatifs d’une population respectueuse et assagie par les années de braises, ont finie par inverser les rôles, le régime prend peur et s’agite face à une opinion mondiale acquise à un peuple longtemps marginalisé, écrasé. Une guerre féroce s’annonçant entre le MDN acquit au peuple et les clans du pouvoir complices dans le hold up, jouant à qui plaira le plus au peuple, en retournant la veste. Un rachat de virginité rejeté en bloc par une rue qui les vomit.

 

L’armée que les algériens considèrent comme populaire dans sa composante, assurant le bouclier de l’état nation. Longtemps  accusée de culpabilité de non assistance à peuple en danger des années durant, par son refus d’immixtion dans les affaires politiques scabreuses ; revient, enfin, à la raison, condamnant les cercles mafieux à coups de réunions et de communiqués rassurants. Annonce, d’abord, leur proposition à l’application de l’article 102, pour l’empêchement du président, revient à de meilleurs sentiments en proclamant l’ajout des articles 07, 08, donnant au peuple le pouvoir absolu.

 

Les appels à l’application de l’article 102 n’ont cessé de rugir depuis plus de 6 ans. De nombreuses personnalités de la société civile, d’intellectuels, de personnalités historiques, d’anciens hauts cadres et fonctionnaires de l’état et même nos jeunes dans les brouhahas des stades de football, n’ont lésiné sur leurs appels au retrait du président malade dès les premiers mois de sa grave incapacité à disposer de la destiné d’un aussi grand pays. Tandis que les yeux du monde entier nous observaient souvent moqueurs sur le comment et le pourquoi. Et maintenant que le peuple a remisé sa patience et pris les devants de la scène en acteur principal de cette tragi-comédie, l’on revient à cette sacrée constitution bafouée, utilisée vingt ans durant.

 

Messieurs du MDN, le sacrifice d’une seule tête du dragon, sur l’esplanade du peuple, ne suffira pas à calmer les ardeurs ; les milles et une autre tête étant encore bien fixes sur le socle. L’issue de la crise n’apparaîtra pas par le remplacement, sur un même échiquier, d’Abdelaziz par Abdelkader, avec toujours les mêmes joueurs et les mêmes jouteurs en place.

 

La démission du président et l’application du 102 impliquera la direction du pays pendant 90 jours, par un Abdelkader Bensalah qui a d’ores et déjà l’inimitié de la majorité du peuple. Puis même si ce dernier démissionne, et est  remplacé par un autre pion, cheval de Troie du régime, l’opinion de déviera pas. Le peuple veut du neuf, et rien que du neuf.

 

La seconde problématique et non des moindres, c’est la pénibilité des décideurs à constituer un nouveau gouvernement suite à la démission de l’ancienne équipe, sachant que le président intérimaire, en cas d’empêchement du président par le 102, n’a aucune prérogative constitutionnelle dans ce sens, ce qui mènerait impérieusement à un autre vide institutionnel. Et voilà, comme sortant des lapins de la besace du magicien, un nouveau gouvernement bien plus vide d’essence que l’ancien, de nouveaux arrivants dénudés aussitôt sur les réseaux sociaux ; et des anciens accrochés encore aux portefeuilles, sans doute la soif du pouvoir et du faste n’étant pas encore désaltérée.

 

De ministres technocrates issues de la société civile pompeusement annoncés, l’on découvre la pure médiocrité en col blanc cravaté, à la botte du même système. Un gouvernement refusé en bloc avant même les passations d’usage, même si on le sait éphémère; mènera forcément une période transitoire, vouée à l’échec et condamné à l’avance par la justice du peuple.

Ne dit on pas que gouverner c’est anticiper, le régime avec sa grande intelligence, ayant régné sur le pays sans partage durant 57 longues années, n’a-t-il pas pu rassembler un gouvernement de génies, 27 femmes et hommes de valeurs aux compétences avérées et un 1er ministre saint au clair discours sortie des masses d’intellectuels dont l’Algérie foisonne, en étant le meilleur d’entre nous ? Pourquoi, toujours ressasser les vieilles recettes aujourd’hui affranchies ? La rue n’a-t-elle pas raisonné de son écho demandant un radical changement ? Vous avez faillit à vos promesses ! Vos dernières cartes sont dévoilées à présent sur le grand tapis ROUGE BLANC ET VERT, les clameurs de vos consciences ne vous ayant rien appris, en définitive !

 

Tout le monde s’accorde à dire qu’on doit trouver une solution rapide pour une sortie honorable de la crise. Raisonnement louable mais combien complexe. Se jaugeant en chiens de faïence : Le système, même sans le président, démissionnaire, absent néanmoins de la scène décisionnaire depuis belle lurette, enraciné dans sa volonté de continuité, et le peuple fixé sur ses objectifs de l’en écarter illico en occupant la rue ; chacun surveillant les mots, faits et gestes de l’autre. Une situation qui ne profite certes à personne, et si elle venait à persister dans le temps, nuirait immanquablement à la nation, et finirait sans doute par un envenimement qui ne dit point son nom à présent.

 

Aucun dialogue sincère n’arrive encore à s’établir entre les deux camps, seules quelques bribes balbutiements, arrachés ça et là issues de la guéguerre de clans que se livrent les nantis du système. En face, la rue, hurle à qui l’entend qu’elle veut en finir avec cette gabegie, cette mascarade, qui n’a que trop duré depuis plus d’un demi siècle.

 

À ce moment, nos intellectuels, nos érudits, nos hommes de loi et nos sages, persistent chacun de son côté, à titre individuel, à énumérer les tares persistantes, d’un système en fin de parcourt; au lieu de se rassembler autour d’une table, et de se concerter concrètement sur des propositions de sortie de crise qu’ils soumettraient aux uns et aux autres, laissant l’avenir de nos enfants hypothéqué entre des mains inconnues, qui mènerait inévitablement à une voie sans issue.

 

Quant aux partis d’oppositions, présents sur le marché politique pour certains depuis plus de 30 ans, dont la majorité a déjà fait preuve de compromission avec les régimes successifs ; leur notoriété est toute faîte de ne représenter qu’eux-mêmes et les quelques sous fifres de leurs tablées. Le peuple algérien n’en veux plus dans ses talons, blasé par leur discours figé, voir incantatoire, délivrant un message coupé de la réalité, n’apportant aucune solution nouvelle, voire manipulatoire, au service du souverain de service le plus souvent, lorsque cette servilité n’est pas acquise à des forces occultes intérieures ou extérieures, servant leurs intérêts uniquement. Chassés de la rue pour ceux qui s’y sont aventurés; ils se replient chez les uns et les autres en constantes réunions, y invitant bien d’autres têtes peu recommandables, ils s’affairent à reprendre une place sur une scène publique qu’ils ont désertés depuis fort longtemps : Même s’ils considèrent le peuple algérien comme immature politiquement, n’en demeure que ce peuple qui a donné de par son histoire glorieuse bien des leçons au monde, n’oubliera jamais leur bassesse et leurs vils dévouement.

 

Mais le peuple renaissant de ses cendres longtemps dispersées, tel un seul être, s’est redressé, unifié par la douleur et les privations, a offert au monde, la plus grande épopée de l’histoire humaine en renversant un système colossal avec des chants, de l’humour et de la convivialité.

 

Quelques soient les noms donnés à notre grandiose mouvement populaire, « Hirak », ou protestation pour un changement radical de régime ou autre, moi je tendrai plutôt vers le titre de RÉVOLUTION JOYEUSE, qui sera inscrite dans les livres d’or de l’histoire actuelle.

 

Nous ne sommes pas sortie dans nos villes toutes entières et en entier pour réclamer une quelconque aumône, ou un quelconque privilège, comme ils nous ont habitué à le faire ponctuellement, pour les quelques revendications circonstancielles. Nous sommes tous sortis, plus de vingt millions d’âmes, avec nos slogans placardés hautement pour réclamer purement et explicitement le départ du régime tout entier avec toute sa smala de brosseurs, avec la restitution de la maison Algérie et ses richesses au peuple seul maître de son destin.

 

Il faut savoir que quelques soient les élucubrations des résidus du pouvoir politique afin de nous pondre une solution pour une période de transition avec les mêmes têtes d’affiches, gouvernement, APN, Conseil constitutionnel, walis et autres commis de leur régime pourri ; le peuple dans sa quasi majorité refusera, et ne pourrait avaler, encore, des couleuvres au gout âcre.

 

L’interposition du commandement de la grande muette, en médiateur et maitre de conférences, ne pourrait s’activer que par une période d’exception dont nul ne veut, et qui pourrait faire appréhender le pire. Sauf si son retour à la légitimité populaire soit total, et sincère, concédant à la volonté du peuple algérien, légitimant une période de transition guidée par le Hirak usant des seuls articles 7 et 8.

 

La guerre des tranchés que se livrent les parties aux pouvoir, n’a que peu d’ importance pour le mouvement populaire acteur principal de cette pièce théâtrale, dont les objectifs sont clairs, se considérant déjà au dessus de cette mêlée, tout en remerciant le parti pris courageux de chef l’état major de l’armée, qui a cassé le dogme politique repoussant le clan Bouteflika et ses oligarques gravitants, dans leurs derniers retranchements, et même devant la justice pour certains, avant d’en voir d’autres, tombants de leurs sommets d’affaires et politiques. Aujourd’hui les masques tombants, le peuple voudra la fin pure et simple d’un système longtemps sévissant.

 

Alors demeure la seule solution, qui à mes yeux et à mon bien humble avis, la plus loisible et réaliste qui serait de faire participer toute la population qui a sillonnée nos villes des semaines durant, requérante à un changement radical des mœurs politiques, à une participation active à cette période de transition par l’émergence de son sein des membres d’une conférence nationale, choisis et élues par le HIRAK véridique.

 

Cette conférence populaire du Hirak d’où découlera une assemblée constituante, puis la nouvelle constitution de la 2ème république, véridiquement démocratique et sincèrement populaire, sera l’édifice de départ de la nouvelle Algérie que Dieu bénira et accompagnera dans sa reconstruction physique et morale, en faisant une terre de bonheur et du bien vivre tous ensemble tel un seul corps reconstruit sur les brasiers de toutes les souffrances endurées par un peuple formidable.

Par Karim HABTOUN

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