C’est un dérapage inédit qui en dit long sur l’anarchie actuelle qui prévaut au plus haut sommet de l’Etat algérien. Alors que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a démissionné officiellement le 02 avril, un cercle occulte annonce le limogeage de Bachir Tartag, coordinateur national des services secrets algériens et patron de la Direction des Services de Sécurité (D.S.S). Or, Tartag dépend directement de la Présidence de la République. Il n’y a que le Président de la République qui peut le limoger ou mettre fin à ses fonctions. 

Bouteflika a remis officiellement sa démission le mardi 02 avril au Conseil Constitutionnel. Qui a donc décidé pour remplacer Tartag ? Pis encore, les médias proches du clan Gaïd Salah annoncent fièrement que les services secrets algériens ont été rattachés de nouveau au ministère de la Défense, à savoir l’Etat-Major de l’Armée. Il s’agit donc d’une terrifiante régression qui replonge l’Algérie dans les années 90. Une période où les appareils sécuritaires se permettaient tous les excès et dérives sans qu’aucune autorité politique ne puisse les contrôler ou les surveiller.

Ces informations qu’il faut encore, certes, prendre au conditionnel car aucune confirmation officielle n’a été encore annoncée,  soulèvent tout de même de véritables interrogations sur les intentions de l’Etat-Major de l’ANP et à sa tête le général Ahmed Gaïd Salah. Il faut savoir que la décision de démettre Bachir Tartag ses fonctions ne relèvent pas des prérogatives d’Ahmed Gaïd Salah. Ce dernier n’a, d’ailleurs, aucun droit pour imposer le rattachement des services secrets au ministère de la Défense. Pour qu’une telle décision soit légale et conforme à notre Constitution, il faut qu’un Président de la République la décrète et le décret présidentiel doit être publié au Journal Officiel. Or, le Président  de la République a démissionné officiellement mardi dernier. Le poste est donc vacant !

Et Ahmed Gaïd Salah ne dispose d’aucun droit pour prétendre à occuper ce poste. Comme énoncé dans l’article 102 de la Constitution, c’est le Président du Conseil de la Nation assume la charge de Chef de l’Etat pour une durée de 90 jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées. Le Chef de l’Etat, ainsi désigné, ne peut être candidat à la Présidence de la République.

Pendant cette période de 90 jours, il ne peut être fait application des dispositions prévues aux alinéas 7 et 8 de l’article 91 et aux articles 93, 142, 147, 154, 155, 208, 210 et 211 de la Constitution.

 

 

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