Ce vendredi 05 avril, les Algériens ont encore un autre rendez-vous avec l’histoire. Ils devront cette fois-ci fêter une victoire. Celle d’avoir remporté une première bataille à la suite de la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Mais, oui, il s’agit que d’une bataille car le changement tant souhaité concerne tout ce système qui demeure encore en place. 

Il est toujours en place parce que l’institution militaire commandée par un certain Ahmed Gaïd Salah veut imposer son diktat et conduire elle-même la future période de transition. Et pourtant, cette période ne peut pas commencer tant que le vieux général de l’ANP est toujours aux commandes puisqu’il veut jouer le rôle de chef d’orchestre alors que les Algériens savent tous que le sieur Gaïd Salah fait partie de cette même famille de dirigeants honnis par le peuple.

Et le maintien de Gaïd Salah signifie également le maintien du régime. Le départ de Bouteflika ne garantit aucunement un quelconque changement positif. Les décideurs militaires veulent étouffer la colère populaire en sacrifiant quelques hommes d’affaires réputés, certes, pour leur voracité et corruption. Mais la nouvelle Algérie ne peut pas se construire avec des boucs émissaires. La nouvelle Algérie a besoin d’une justice impartiale capable de juger tous les corrupteurs et corrompus y compris ceux faisant partie du clan de Gaid Salah. Jeter en prison uniquement les amis de Saïd Bouteflika est un subterfuge, voire une arnaque.

Une dangereuse arnaque car il y va de l’avenir de notre pays, de nos enfants. Remplacer la clique Bouteflika par une nouvelle clique de généraux est le pire scénario que l’on peut offrir aux générations futures. Ce vendredi, nous devrons tous marcher pour dire non à l’implication de l’Armée dans la gouvernance de la transition démocratique. Nous devrons tous marcher pour dire oui au départ de Gaïd Salah, le protecteur des Bouteflika depuis 20 longues années. Nous devrons tous marcher pour signifier au ministère de la Défense qu’il faut entendre tous les revendications du mouvement populaire. Oui, je dis bien toutes les revendications car le départ d’une seule famille n’a jamais mis un terme à la continuité d’un régime archaïque et rejeté par tout un peuple.

 

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