Northern Elekttrik Telekomunikasyon (Netaş) est une entreprise turque basée à Istanbul qui propose des services d’intégration de systèmes et des services technologiques innovants de bout en bout et à valeur ajoutée dans les domaines des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Netaş offre aux forces armées turques des solutions de communication de défense de nouvelle génération en technologies tels que le haut débit mobile, la cybersécurité, le cloud, les services stratégiques, les technologies de communication de défense…

Ce géant informatique turc fournit des solutions complètes allant du conseil en technologie à l’assistance après-vente pour les opérateurs de télécommunications, les entreprises publiques et privées en Turquie, en Russie, en Asie-Pacifique et en Afrique du Nord, dont l’Algérie.

Alors que notre pays vit des moments délicats avec le départ de l’ex Président de la République Abdelaziz Bouteflika exigé tant par la rue que par l’Armée, c’est ce moment qu’a choisi Netaş, contrôlé par le chinois ZTE, pour s’installer en Algérie.

C’est en effet peu avant la fin du mois de mars que le directeur financier de Netaş Turquie : Mehmet Ilker Çaliskan, décide de créer Netaş Telecommunications Algérie (NTA), filiale de la maison mère turque et ce grâce à l’entourage direct de Houda Feraoun, la Ministre des Poste et des Technologies de l’information et de la communication (PTIC).

Dotée d’un capital de 23,8 Millions de Dinars, NTA a pour actionnaire majoritaire Mohamed Karim Feraoun, parent proche de notre Ministre des PTIC alors que l’autre employé de NTA est Mahieddine Ouhadj, l’ex chef de cabinet de l’ex Ministre : Zohra Derdouri…

Avant de s’installer en Algérie, Netaş Turquie avait déjà été choisi par l’opérateur de téléphonie mobile Mobilis en 2014 pour la mise en place des infrastructures des réseaux 2G et 3G.

En 2015, le Ministère de la défense nationale (MDN), avait également opté pour Netaş afin de l’aider à améliorer son réseau IP.

Netaş avait également remporté, en juin 2016, un contrat de plus de 50 Millions de US Dollars avec la Sonatrach afin de préparer plusieurs sites géant pétrolier Algérien à l’harmonisation de l’outil informatique : Common Operating Environment (COE).

Ce méga projet de transformation numérique mené avec le géant américain Cisco, pour le déploiement d’une infrastructure numérique pour plus de 33 000 utilisateurs chez Sonatrach, et l’installation de cinq centres de données dans six villes différentes en Algérie.

Au global, on évalue les montants des contrats obtenus par Netaş a plus de 200 millions d’US Dollars !

Pourtant, peu de personnes savent pourtant que Netaş, qui a perdu plus de 40 % de ses revenus entre Avril 2017 et Avril 2018, est directement relié aux militaires turcs qui comptent parmi leur principal client.

La Fondation pour le renforcement des forces armées (TSKGV), dont l’objectif est de renforcer les capacités des forces armées turques en matière de combat par le biais de l’industrie de la défense nationale en est actionnaire à 15% !

Une des missions de cette fondation n’est rien moins que ‘’la création et le développement de sociétés dans le domaine des industries de défense afin de contribuer au renforcement du pouvoir de combat des forces armées turques’’ !

Un fournisseur de solutions informatiques pour entreprises stratégiques et institutions militaires algériennes et dont l’armée Turque est actionnaire…Surprenant !

En 2017, l’équipementier télécom chinois Zhongxing Telecommunication Equipment Company Limited (ZTE) est devenu actionnaire majoritaire de Netaş. Avec un peu plus de 48 % des parts du groupe turc, ZTE repart à la conquête du marché algérien à travers le Président du conseil d’administration de Netaş : Xiao Ming, l’ex Manager Technique de la filiale de ZTE à Alger !

Rappelons toutefois que la société chinoise ZTE Algérie, spécialisées dans les équipements d’accès à internet a écopé en tant que personne morale, d’une amende et d’une interdiction de marchés publics pour une période de deux ans « pour versement de pots-de-vin »entre 2012 et 2014.

Cela n’a pas empêché la société chinoise ZTE de décrocher un contrat de déploiement d’un réseau de fibre optique à travers le territoire algérien en 2017 alors qu’au même moment elle payait une amende de 1,2 milliard de US Dollars au gouvernement américain pour avoir enfreint l’embargo sur l’Iran.

Alors qu’elle est bannie de la liste des fournisseurs en télécommunications dans plusieurs pays dans le monde, en avril 2018 ZTE est interdite par le gouvernement américain d’utiliser des biens et des services d’origine américaine pour une durée de 7 ans, avant que les autorités américaines ne modifient cette sanction en contraignant l’entreprise chinoise à payer une autre amende de 1 milliard de US Dollars et du renouvellement de son conseil d’administration et de surveillance.

Ces décisions ont fragilisé les finances de ZTE en même temps qu’elle perdait plus de 20 % de son Chiffre d’Affaires en 2018…

Les experts algériens à Sonatrach, au MDN et au Ministère de Houda Feraoun ont-ils bien pris la mesure du risque sécuritaire et économique qu’ils font encourir à l’Algérie en recourant à Netaş et à ZTE ?

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